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L’image de soi

C’est fou comme l’image que l’on a de soi influence considérablement ce que nous sommes.

Que cette image soit fondée ou non, nous adaptons notre comportement à celle-ci.

Depuis le début de l’année, j’ai un nouveau job. Et donc, de nouveaux collègues. Moi, la fille méga sociable, je me retrouve à m’intégrer dans un groupe qui existe et est soudé depuis bientôt trois ans (voire 4, pour certains membres).

Ils sont sympas, drôles. Ils m’ont accueilli avec bienveillance.

Pourtant, je me sens gauche. J’ai peur de ne pas être à ma place.

Et je suis gauche.

Je ne suis pas moi-même. Je suis timide. Je rougis. Je dis quelques trucs assez bof. Bref, je ne suis pas la fille simple et sympa que je peux être d’habitude en public…

Dans le même ordre d’idées, je suis grosse. Mais, maintenant, je suis aussi enceinte. Alors, mon gros ventre, je l’affiche. Et finalement, je me sens bien.

Avant, (je veux dire, il ya 4/5 ans), j’étais aussi grosse que maintenant (ou qu’avant ma grossesse disons). Et pourtant, je paraissais plus grosse. Parce que je me sentais immondément grosse et que je n’arrivais pas à oublier cet état de fait.

Petit à petit, j’ai appris à accepter mon corps. Pas encore à l’aimer (mais, je progresse). Mais, ce poids n’est plus resté une obsession. Je voyais enfin autre chose que mes kilos en trop.

Et l’image que j’ai renvoyée de moi a été radicalement différente.

J’ai encore un gros travail à faire sur mon image de moi. Mais, je sais que cela changera ma façon d’être et me permettra d’atteindre un niveau de sérénité que je cherche depuis longtemps…

Et toi ? Tu en es où avec ton image de toi ?

Trop de plein ou trop de vide ?

Je sais, ce titre n’est pas français. Pourtant, c’est la question que je me pose : Suis-je remplie de trop de plein ou de trop de vide ?

Une discussion avec une amie proche, qui rencontre les mêmes soucis que moi niveau poids, m’a amenée à prendre conscience que le vide que je ressentais était au moins aussi proportionnel que le plein.

Depuis des années, elle ne comprend pas quand je lui dis que je mange pour combler un vide. Et moi, je ne comprends pas ce qui se passe en elle non plus, du coup.

Puis, hier, j’ai compris. Enfin, je crois.

Elle me disait qu’elle se sentait trop pleine d’émotions et autres. Et je le ressens aussi.

Mais, pour ma part, ce qui l’emporte, c’est l’impression d’être trop pleine de vide : l’absence de gestion de toutes ces émotions autrement qu’en mangeant. L’impression que tout le monde sait comment faire face, a reçu les outils pour faire face et moi pas. Je ne sais absolument pas comment gérer mes émotions, si ce n’est en mangeant. Encore et encore. Je me sens vide de l’amour maternel dont j’aurais tellement eu besoin. Je me sens vide de ressources pour m’être suffisante.

Ces derniers mois (années), grâce à Zermati, j’arrive enfin à trouver des pistes. Et je l’avoue : je me sens moins vide qu’avant. Et, par voie de conséquences, je remplis moins ce vide par de la nourriture. N’empêche, ce vide est encore là, à me remplir de rien. Et à m’inciter à manger trop quand les choses ne tournent pas comme je l’aimerais.

Ce qui fait la différence entre mon amie et moi, c’est qu’elle ressent ce vide à l’extérieur d’elle-même quand moi, je le ressens dans mes entrailles. Mais, au fond, la problématique est la même : comment combler un manque ? Comment apprendre, seule, à gérer les douleurs, les frustrations, les émotions sans s’aider de cette nourriture si réconfortante ?

Malgré ces questions qui restent encore sans réponse, je me sens évoluer, grâce à ces petites discussions et réflexions. Je sens que je grandis. Chqaue étape me rapproche de ce que j’aimerais être : une adulte épnaouie et heureuse. Car, enfin, je ne rêve plus de redevenir une enfant. J’ai fait le deuil de cette étape de ma vie. Je fais le rêve de devenir une adulte, avec une âme d’enfant pour continuer à m’amuser et à m’émerveiller d’un rien, une adulte prête à offrir à mon bébé une enfance normale, pleine de bonheurs, de frustrations, d’émotions, de souvenirs joyeux et moins joyeux. Bref, une enfance qui lui donnera les outils pour affronter une vie de grands sans trop de heurts…

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En paix avec la nourriture

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La nourriture et moi sommes en combat depuis de longues années.

De très longues années à culpabiliser à la moindre bouchée de chocolat (ce qui ne m’empêchait malheureusement pas de succomber à mes envies, voire même à compenser ma culpabilité en mangeant… Paradoxe quand tu nous tiens). De très longues années à m’interdire un tas d’aliments. De très longues années à me forcer à en ingérer d’autres, au point de ne plus pouvoir les voir en peinture.

Bref, de longues années de souffrance.

Puis, un monsieur est entré dans ma vie. Par le biais du Blog de Caro, j’ai découvert un certain docteur Zermati.

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Il disait des choses réconfortantes, mais totalement absurdes.

Du style : manger du chocolat ne fait pas grossir; il faut faire confiance à son corps; il faut respecter ses envies; aucun aliment ne fait maigrir.

Un charlatan de plus qui allait, sans doute, nous expliquer comment une pilule magique allait nous aider à surmonter tout ça.

Bof.

Puis, quand même, j’ai lu.

Et je me suis dit que ce mec, c’était vraiment un illuminé.

Il voulait vraiment me faire croire que je pourrais maigrir sans pilule magique en mangeant à ma faim ce que je veux quand je veux ? Ben, c’est qu’il ne me connaissait pas pour inventer un baratin pareil !

Moi, dès que je me lache, je mange tout et n’importe quoi et je grossis de 10 kilos ! Si je devais écouter mon corps, je ne mangerais que des crasses. Je ne peux pas lui faire confiance, à ce corps tout pourri qui ne me veux que du mal.

Mais, Caro semblait conquise. Et elle avait l’air d’une femme intelligente et cultivée, pourtant. Pire encore, ça marchait sur elle. Elle perdait vraiment du poids.

Par acquis de conscience, j’ai acheté le livre et j’ai lu.

Et ma vie a changé.

Pas du jour au lendemain, certes.

Mais, aujourd’hui, soit deux ans après, ma vie a bel et bien changé.

Je suis encore obèse. Manifestement obèse. je pèse 117 kilos pour 1m65. Voilà, c’est dit.

Mais, aujourd’hui, la nourriture n’est plus mon ennemie. Mon corps n’est plus cette entité étrange en qui je ne pouvais avoir confiance.

Aujourd’hui, mon corps est mien et fait partie de moi autant que mon esprit. Je commence à en prendre soin. Et à y prendre plaisir.

Aujourd’hui, je mange ce que je veux. Je suis mes envies. Je mange par faim. Et mon poids dégringole, petit à petit. J’ai perdu 6 kilos et demi depuis août dernier.

Aujourd’hui, j’ai encore peur de retomber dans mes crises de boulimie. Mais, je sais aussi que ce ne sera que passager et que ce ne sera pas grave.

Aujourd’hui, un bébé est à l’intérieur de mon corps et j’ai la preuve, bien vivante, que mon corps peut faire des choses bien.

Aujourd’hui, je peux renoncer à un dessert. Je peux même l’entamer et laisser une grosse partie. Juste parce que je n’ai plus faim. Et que je sais, avec certitude, que je pourrai me servir une autre part, plus tard, quand j’en aurai plus envie, sans culpabilité.

Aujourd’hui, quand je monte sur ma balance, je me dit que si mon poids a monté, c’est peut-être parce que j’ai un peu trop mangé ou que je dois faire pipi ou popo ou que je fais un peu de rétention d’eau. Je me dis surtout que ce n’est pas grave, et que ça ne change pas grand chose.

Aujourd’hui, quand mon poids augmente, je ne me rue plus sur la nourriture pour me punir d’avoir grossi.

Aujourd’hui, je redécouvre le plaisir de manger des légumes. Des vrais. Parfois même, des légumes vapeurs, sans rien d’autre. Pas par obligation. Pas pour maigrir. Mais, juste parce que c’est bon. Et même que, des fois, je mange un dessert après.

Aujourd’hui, les seules restrictions alimentaires que je m’impose sont celles liées à mon bébé. Et elles sont faciles à tenir, parce que je sais que dans quelques mois, je pourrai à nouveau en manger.

 

Bref, aujourd’hui, je suis en paix avec la nourriture. Et un peu plus encore avec moi-même.

L’obésité en question

 

On parle toujours des risques liés à l’obésité. On évoque les dangers pour la santé. On montre les obèses du doigts : ces vilains qui coûtent un bras à la sécurité sociale !

Puis, une étude arrive et est passée sous silence ou à peu près.

Une étude qui révèle que 40 % des personnes souffrant d’obésité n’ont pas plus de risques de développer une maladie cardio-vasculaire ou un cancer que les personnes de poids normal.

Les 60 % restant voient leur risque augmenter jusqu’à 3 fois.

Bien sûr, ce n’est pas anodin. Bien sûr, loin de moi l’idée de prôner l’obésité comme modèle de vie. Bien sûr, c’est un problème de santé publique et il faut trouver des solutions pour enrayer sa croissance.

Mais, si les solutions ne se trouvaient pas dans un régime pour rentrer à tout prix dans les cases de la normalité pondérale ? Si la solution se trouvait dans la recherche d’un équilibre tant alimentaire que pondéral ?

Si ces 40 % n’étaient pas obèses, au sens médical mais simplement des personnes dont le poids d’équilibre est supérieur à la moyenne ?

La théorie de Zermati et Apfeldorfer, si j’ai bien suivi, c’est que le corps n’est en bonne santé que si son poids est en équilibre. Quand on est en surpoids ou en sous-poids, le corps doit dépenser beaucoup d’énergie à cause de ce poids en déséquilibre, énergie qu’il ne peut utiliser ailleurs, et qui diminue d’autant les chances d’être en bonne santé.

Cette étude ne vient pas confirmer cette théorie, certes, mais est largement expliquée par elle…

Il serait peut-être temps que les autorités se mettent à écouter ces voix-là plutôt que celles qui prônent les régimes à tout prix, et surtout à prix d’or grâce aux produits dérivés en tout genre, qui eux, coûtent plus sûrement à la sécurité sociale que l’obésité en tant que telle !

 

J’ai pensé à toi…

Georges* entre dans mon bureau. Il est gentil. Il a un handicap assez lourd qui limite fortement ses mouvements.Malgré ça et malgré les souffrances que ce handicap implique, il vient chaque jour effectuer son travail.

Il a pour mission de prendre les courriers et les dossiers dans les bacs ‘OUT’ des collaborateurs et de les distribuer dans les bacs ‘IN’ des personnes concernées.

Georges entre donc dans mon bureau. Il est 11h15 et mon estomac crie famine, menaçant de me faire vomir (du vide et de la salive, c’est toujours sympa…). Il ne supporte pas bien de rester sans manger entre 7h, heure du déjeuner, et 12h30, heure du dîner.

J’entame donc mon « 10 heures », constitué de délicieux biscuits à la cuiller, hyper légers ! Miam !

Georges me salue. Je lui rends son salut et mords dans mon biscuit.

Là, il me dit :

« Oh! Hier, j’ai pensé à toi ! Dans le train il y avait une femme… Grosse, mais grosse ! Elle prenait presque toute la banquette tellement elle était grosse! Attention, hein, elle était plus grosse que toi. Mais, je me suis dit qu’elle devait être malheureuse pour être grosse comme ça ! Parce que faut pas être bien pour se laisser aller de la sorte, hein! D’ailleurs, avant, j’avais une collègue, je ne sais pas si tu l’as connue ? Elle travaillait ici en 1972. Elle était grosse aussi. Comme toi. Et jeune, hein! Et chaque fois que je la voyais, elle était en train de manger, comme toi, là maintenant. Alors, je lui disais « arrête de manger », mais elle me répondait qu’elle avait faim. Et ben, elle est morte, hein ! De son poids, qu’elle est morte ! »

 

Que répondre à ça ?

« Euh, merci, mais, depuis trois ans que je travaille ici, c’est la première fois que tu me vois manger en dehors des heures de table! » ?

 » Euh, ta gueule ! Je mange si je veux ! Et j’ai pas de compte à te rendre! » ?

« Moi, j’ai connu un gars, il claudiquait, et un jour, il est tombé dans les escaliers » ?

 

J’ai opté pour un sage :

« Non, je ne la connaissais pas, Georges. En même temps, en 1972, j’étais pas encore née… Allez, au revoir, Georges. »

 

 

Si un jour, tu n’as plus de nouvelles, peut-être que je serai morte de mon poids. Voilà. Sinon, tout va bien; Merci ! 🙂

 

 

 

 

* Nom d’emprunt, évidemment…

Bilan Zermati – 21 mois

Depuis 21 mois, je pratique la méthode Zermati.

Je vais mettre de côté, dans un premier temps, les deux derniers mois, particuliers vu ma grossesse. Et dresser le bilan des 19 mois qui ont précédé.

J’ai découvert Zermati grâce au très chouette blog de Caro – Pensées de ronde (si tu ne connais pas, va cliquer, c’est vraiment sympa et ça ne tourne pas qu’autour du poids, promis).

Il y a longtemps que je lis ce blog et lorsqu’elle parlait Zermati, je me disais : pffiou, un régime de plus. Et je zappais donc tous ses billets « Zermati ».

Enfin, tous, c’est faux.

Parce qu’elle écrit bien, quand même. Et donc, mes yeux ont trébuchés, sans faire exprès, sur quelques lignes zermatiennes qui m’ont touchée. J’ai fini par rechercher et lire ses billets.

A cette époque, on m’avait dit que je devais perdre beaucoup de poids très vite parce que j’allais mourir avant mes 30 ans, sinon, à cause de mes 120 kilos. Je m’étais lancée, avec appréhension mais motivation, dans le régime « Dukan ». Sauf qu’après 2 jours, j’ai commencé à faire une crise de foie. Je me sentais mal et j’avais la nausée à la simple vue d’un produit à base de protéine (viande, oeuf et même poisson). Il faut dire que je n’ai jamais été très protéines, depuis toute petite. Et que là, ça faisait beaucoup d’un coup, pour mon pauvre petit organisme.

J’ai arrêté, d’instinct, malgré une dépense de plus de 75 euros en produits divers et variés sensés m’aider à perdre mes sacro-saints 40 kilos de la mort qui tue.  Un spécialiste du foie, consulté peu après, a confirmé mes soupçons : si je perdais vraiment ces 40 kilos trop vite, et avec un régime débile du genre hyper protéiné, il était, en effet, certain, vu mes antécédents, que mon foie serait détruit en moins d’un an. Avec pour conséquence, non pas ma mort, mais des traitements médicaux lourds, coûteux et douloureux.

Et c’est à cette époque que j’ai dévoré ses billets « Zermati », à Caro. On était en décembre 2010.

J’en étais arrivée à un stade où j’avais essayé un nombre incalculable de régime, de Dukan à Weight watchers en passant par les régimes hypocaloriques plus classiques et drastiques. Rien n’avait été efficace. Je n’en pouvais plus. Je me disais que de toute façon, je n’y arriverais jamais.

Je ne serais jamais mince, autant l’accepter. Et je n’aurais plus jamais la volonté de souffrir comme je l’avais déjà fait pour perdre des misérables kilos (joie ô combien éphémère) qui venaient se replanquer accompagnés de quelques copains à la moindre occasion.

J’étais de celles qui disaient « un rien me fait grossir« . Et c’était vrai.

Alors, j’ai acheté le livre de Zermati « Maigrir sans régime ».

Dans un premier temps, j’y ai puisé ce que j’étais capable d’entendre et d’appliquer : plus d’aliments tabous, donc plus d’interdits. Tu manges ce dont tu as envie. Si tu as des envies, c’est que ton corps en a besoin.

Et puis, j’ai vaguement lu que quand on avait faim, on décuplait le plaisir de manger, et ça, ça m’a paru sympa.

Et puis, y a eu une phrase aussi, qui m’a servi de mantra : « la faim protège le poids ». Si on mange avec faim, on ne peut pas grossir.

J’ai respecté ces principes à la lettre : manger ce dont j’avais envie. Et que quand j’avais faim.

Évidemment, j’ai passé une semaine à m’empiffrer de gaufres, mousses au chocolat, et autres « crasses » tellement interdites, normalement. Et je n’ai pas grossi. Mais, je devais avouer que je ne mangeais pas si souvent que ça, en fait. Et pour cause : je mange au-delà de la satiété, qui m’a paru trop difficile à cerner. Du coup, la faim mettait plus de temps à se manifester.

Et puis, je dois admettre aussi que la faim m’angoisse. Alors, parfois, je n’arrive pas à attendre ma faim et je mange. Au cas où. (Au cas où quoi, je me le demande encore).

Mais, très vite, j’ai eu des envies d’autres choses : de pomme, de salade, d’épinards, de poisson, d’oeuf, de pain.

J’ai respecté ces envies au même titre que mes envies de chocolat.

Et le bilan au bout de 19 mois, c’est un poids stabilisé aux alentours de 120 kilos (avec des variations de 2 à 3 kilos dues aux règles).

Alors, oui, 120 kilos, c’est beaucoup. Mais, quand on établit une ligne de poids, me concernant, ce dernier n’a fait qu’augmenter (sauf pendant mes phases de régime), depuis toujours. Je veux dire, je n’ai pas toujours pesé 120 kilos. Au sortir de l’adolescence, j’en faisais 80.

C’est donc la première fois de ma vie que j’ai réussi à stabiliser mon poids, sans contraintes et sans auto-flagellations. Et c’est une victoire que je garde bien au chaud dans mon coeur, pour les jours où j’ai moins de motivation.

Il est évident que cette période n’a pas été de tout repos. Il m’a fallu m’accorder du temps, de la réflexion, du respect.

Un régime participe d’une toute autre démarche : j’ai été nulle mais maintenant, je me rattrape et ma graisse (donc mon corps) va voir de quel bois je me chauffe.

Avec Zermati, la démarche est inverse. J’ai fait souffrir mon corps, il m’a bien prouvé que, quoi qu’il en soit, c’était lui qui avait le dernier mot, alors, si j’essayais, à présent, de l’écouter (enfin) et de le respecter ?

 

Je terminerai ce billet en disant que lire des témoignages d’autres « régimeuses » m’a fait du bien. Pour me rendre compte que je ne suis pas seule, que non, ce n’est pas facile et que oui, c’est possible. Je pense notamment (mais non exclusivement) au très joli blog « te parler de ma vie » (qui m’a inspiré le billet du jour, d’ailleurs) ou à celui de La Peste.

Je vous invite grandement à aller leur rendre visite, car ce sont vraiment des blogs sympas, qui ne parlent, à nouveau, pas que régime, mais aussi respect de soi, amour, livres, films et toutes ces petites choses qui font notre vie de femme.

J’ai testé pour vous l’après-midi attablée avec des cons

Et je te le confirme, c’est moyennement sympa. (Au cas où tu te posais la question… On ne sait jamais!).

Vendredi, mariage de deux amis à nous, nous passons la journée avec des gens que je ne connais que très peu (voire pas du tout pour certains).

D’un naturel sociable, je papote avec les gens. Même pas peur, d’abord.

A une table, il y a le meilleur ami de père-du-petit-pois-qui-pousse-dans-mon-ventre (appelons-le Matthieu) avec sa copine (disons Nadine) et quatre gars que je ne connais pas (et dont je n’ai absolument pas retenus les prénoms)(prénoms que je m’amuse de toute façon à modifier, tu me diras, mais ne sois pas si carré, s’il-te-plaît).

Je discute un peu avec Matthieu et Nadine et donc, avec les quatre autres énergumènes.

Puis, viens le moment des ragots. Ragots de gens dont je n’ai jamais entendu parler. Évidemment. Soit. J’écoute. Même les ragots de parfaits inconnus peuvent paraître éminemment intéressant quand tu t’emmerdes tu veux t’intégrer.

– « Oh, tu sais quoi ? Y a trucmuche, il a une nouvelle copine! »

– « Non?! Elle s’appelle comment ? »

– « J’sais plus. Machin brol, je crois ».

– « Ah, ouais! »

Bref, que de l’info intéressante, quoi. Puis, soudain :

« Ah, mais je ne t’ai pas raconté ? Bidule nous a invités aux thermes pour son annif. Il avait droit à trois places gratos. »

« Sympa, dis »

« Ouais, ben, attends, on arrive, et le gars, il avait emmené sa copine! »

« Quoi ? Tu veux dire la grosse, là ? »

« Ouais, ouais. C’était dégueu. En plus, on l’a su une heure avant d’arriver aux thermes. On était dégoutés d’avance comment elle est trop grosse quoi! »

« Ouais, beurk ! J’imagine. Et quoi ? Vous vous êtes mis à poils devant elle ? »

« Ben, ouais, c’était les thermes, quoi. Mais, le pire c’était de la voir elle à poil. Un vrai film d’horreur »

Gros rires gras… Je te rappelle à tout hasard que je partage leur table, à ce moment précis et qu’on a discutés ensemble trois minutes avant, quand même. Je rappelle aussi au lecteur non assidu que je pèse un truc comme 120 kilos, je veux dire.

« On a été à quatre dans le jacuzzi. Elle était à poil, mec! »

« Il paraît qu’ils vont se marier »

« Oh, non! Putain ! Le gars il va casquer pour payer sa robe ! Peut-être qu’il pourra demander à payer le tissu au mètres, ça lui reviendra moins cher ! haha ! »

Matthieu : « Ouais, ou alors, il pourra récupérer de vieux parachutes ! Haha! ». Le regard de Matthieu fait le tour de l’assistance pour souligner son trait d’humour et ses yeux se posent sur moi, qui ne ris pas (et qui a même les sourcils légèrement froncés genre « tu te fous de moi ou bien? »).

Il reprend donc tout son sérieux et ajoute, maladroitement, un peu confusément : « Non, je dis ça parce que vraiment, après la deuxième guerre, les gens récupéraient la soie des parachutes pour se faire des robes et… »

C’est là que mon chéri l’a interrompu d’un « Non, mais, c’est bon t’enfonces pas plus, mec ». (Enfin, c’est ce que j’ai imaginé très fort, je crois)(en vrai, je ne sais plus).

 

Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas réagi. Non, parce que je vous la fais courte, mais la conversation a bien duré 15 minutes sur les rondeurs de la copine de Bidule. Et moi, j’étais là et je me disais : « Mais, ils se rendent compte que je suis là et que j’entends ? Ils veulent me faire passer un message ou quoi ? Ils croient que j’ai attendu leurs remarques à la noix pour faire « attention » à mon poids ? C’est quoi le délire ? S’ils voulaient pas aller à poil avec cette fille (ce que je peux parfaitement comprendre), il suffisait de le dire. Ils ont presque (ou passé) trente ans, quand même. Y avait moyen de dire au copain : ‘écoute, on pensait plus faire un truc entre potes. On va plutôt te laisser tranquille avec ta copine et on se refera ça entre mec un autre jour’. C’était tout simple. »

Mais, non, au lieu de ça, ils ont préféré y aller (en même temps, voir une fille à poils, grosse ou pas, hein, j’imagine que ça fait toujours plaisir) et en rire grassement avec tout qui était prêt à les écouter !

 

 

Et toi ? T’aurais réagi ? T’aurais laissé passer ? T’aurais ri ?