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La naissance d’une merveille – Part three

La naissance d’une merveille – Part one

La naissance d’une merveille – Part two

A 9 centimètres de dilatation, on me fait sortir de l’eau. J’appréhende cette sortie. Les douleurs sont tellement intenses que je ne supporterai pas qu’elles augmentent encore. Le spectre de la péridurale danse toujours dans mon cerveau, suivi de ses boulets : la terreur des aiguilles et du plastique.

On me couche sur la table d’examen pour que la gynécologue, la mienne, celle qui m’a suivie depuis neuf mois, puisse examiner d’elle-même ce col, si lent à la détente.

Surprise, la tête est déjà presque là. Le col est enfin avancé, raccourci comme il faut. Mais, il manque encore un bon centimètre de dilatation et la tête du bébé, assez grosse, ne passera pas si le col ne se dilate pas davantage.

Son examen à peine fini, je lève ma jambe droite et la pose sur l’étrier. Mais, aussitôt, je change d’avis, je repose ma jambe et lève la gauche. J’ai besoin d’être positionnée de manière asymétrique.

J’entends ma gynécologue dire à la sage-femme que le bébé n’est pas droit. Cette dernière propose de me poser « sur le côté », puis, jetant un oeil sur moi ajoute « ben, comme elle s’est mise, en fait. C’est fou, depuis le début du travail, elle se positionne toujours exactement comme il faudrait… ». Cela me fait un bien fou d’entendre ça. Je dois continuer à me faire confiance.

Il est 20h30, je suis à bout de force. Mais, je continue tant bien que mal à gérer cet accouchement. Jusqu’ici, je suis fière de moi. Si c’est ça, accoucher c’est bon, je peux en faire dix autres, des bébés. C’est douloureux, c’est fatiguant mais c’est gérable.

Je continue à penser à la péridurale, mais, vraiment, je n’arrive pas à me résoudre.

A 21 heure, commence une contraction plus intense que les autres. La gynécologue me fait bouger. Elle veut que je me couche sur le côté droit, la jambe gauche sur l’étrier droit, pour aider le bébé à mieux se positionner encore.

La contraction est tellement forte que je grommelle des « ohms » ininterrompus et que l’équipe me bouge elle-même. Je ne suis plus capable de grand chose.

Je me raccroche à l’idée que, bientôt, cette contraction va s’arrêter et que je pourrai à nouveau me détendre.

Mais, l’heure tourne. Et la contraction ne s’arrête pas. Je commence vaguement à avoir envie de pousser. Mon col est dilaté à 9,5 cm. Il manque toujours ce foutu demi-centimètre. Et la douleur ne s’arrête plus. Je vois les aiguilles tourner sur la grande horloge qui me fait face.

A 9h35, à bout de force, je bouge. Cette position ne me convient pas et cette connasse de contraction ne s’arrête pas. Je DOIS bouger pour qu’elle se calme. La gynécologue tente de me convaincre, mais je n’entends même pas. D’autorité, je me couche sur le dos et lève la jambe droite. La contraction s’apaise enfin. Elle aura duré plus de 35 minutes ininterrompues. Je suis au bout de mes limites. J’ai des sanglots dans la gorge.

Je n’y arriverai jamais. Et la péridurale n’est pourtant pas possible. Je ressens, alors, un relent de haine viscéral. Contre ma mère, contre mon passé, contre mon histoire qui m’empêche de subir cet acte pourtant si banal pour des milliers d’autres femmes, cette simple piqûre dans le dos qui soulagerait tous mes maux.

L’envie de pousser augmente.

La gynécologue trifouille dans mon vagin. Le Rond m’apprendra plus tard qu’elle « force » l’ouverture du col, pour qu’il se dilate enfin à 10 cm. Je ne sens rien. Je veux juste que cette douleur s’arrête. Pas longtemps, hein. Seulement un petit quart d’heure, que je puisse souffler. Et après, promis, je me remets dedans.

Mais, la nature en a décidé autrement.

La gynécologue me positionne sur les étriers. Elle voudrait que je me mette à quatre pattes. Mais, je sens bien que mes genoux ont trimé depuis ce matin et qu’ils ne supporteront pas mon poids. Alors, j’accoucherai sur le dos, cette position que je ne voulais pas parce qu’elle augmente le risque d’épisiotomie et de déchirure.

Elle me demande de pousser très fort. J’essaie. Mais, je sens que la tête de mon bébé ne passera pas. Je sens que quelque chose va « se casser » et ça me fait terriblement peur.

Elle me fait bouger. On va se remettre sur le côté, comme pendant cette contraction interminable. Et là, je vais pousser. On essaie. Durant un temps qui me paraît interminable.

La kiné, à mes côtés, distille ses conseils d’une voix douce.

« Inspirez, soufflez un peu, bloquez et poussez très fort. Non ? Vous préférez souffler en même temps que vous poussez ? D’accord. Inspirez, bloquez, et soufflez en même temps que vous poussez. Voilà, c’est bien, encore une fois. Stop, maintenant. Vous avez encore envie de pousser ? Non ? Alors, arrêtez. Ne poussez que quand vous avez envie de pousser, d’accord ? Allez, on y retourne. Courage Vous faites ça bien. Vous êtes super.  »

Des gouttes de sueur perlent sur tout mon corps. Le Rond essaie de me vaporiser quelques gouttes d’eau mais je déteste ça.

Au fond de moi, je sens que je ne pousse pas au maximum de ce que je suis capable de faire. Mais, lorsque je sens la tête du bébé contre ma vulve, je sens bien que ça va « casser » et ça me terrifie.

Au bout de trois quart d’heure de poussées, la gynécologue me remet sur le dos. Je meurs de chaud. Je demande à enlever mes vêtements. De toute façon, ils m’ont déjà tous vue nue lorsque j’étais dans le bain… Elle tente encore deux ou trois poussées dans cette position. Je lui dis, entre deux sanglots : « ça va casser, docteur, ça va casser. Je n’y arrive pas ! ». Alors, sans rien dire, elle badigeonne mon vagin d’un produit à base de lidocaïne. Pour endormir un peu (si peu) la zone.

On ré-essaie quelques poussées, au cas où. Mais, je suis à bout de souffle.

Soudain, je sens une brûlure. Au fond de moi, je sais qu’elle a coupé dans ma chair.

Une envie de pousser arrive et je pousse. Cette fois, je sens que la tête de mon bébé peut passer, alors, je pousse encore plus fort. Et là, je suis terrifiée. Sa tête est passée et pas le reste. Ça fait mal. Je pleure. Je demande qu’on le retire. Vite.

La gynécologue, doucement, me demande de pousser encore, même si je n’ai plus envie de pousser, cette fois. Alors, je pousse. De toutes mes forces. Et soudain, je me sens délivrée. Un truc chaud et doux vient de passer entre mes cuisses. J’entends un petit cri.

Puis, on dépose une chose gluante et chaude sur mon corps.

Un bébé.

Mon bébé.

La douleur ne s’arrête pas. Mais, le sentiment de délivrance est bien réel. Il est 22h32.

Mon petit gigote contre ma peau. On nous recouvre d’un drap. J’avais peur de ne pas l’aimer, mais, je l’aime. J’avais peur de lui en vouloir de la douleur, mais, à aucun moment, de tout le travail et de l’accouchement, cette idée de ne m’est venue à l’esprit. J’avais peur d’être dégoutée du côté gluant, et en fait, pas du tout.

On propose au Rond de couper le cordon. Il accepte.

Moi, je suis là, avec mon bébé, couchée sur cette table, les jambes écartées, en l’air. En train d’être examinée dans un endroit de mon anatomie, d’ordinaire réservée à mon amoureux. Mais, je me sens bien. Avec mon bébé. Je suis maman. C’est incroyable. C’est irréel.

Alors, je demande, après quelques minutes : c’est une fille ou un garçon ? Une sage-femme soulève mon bébé pour que je puisse voir par moi-même : « vous voyez ? »

Je n’ose pas contredire cette question si affirmative. Mais, je n’ai pas mes lunettes, perdues à un moment quelconque de l’accouchement. Je ne vois rien du tout qu’une forme qui pourrait tant être un pénis qu’une vulve.

Le Rond répond, juste à propos  « c’est une fille. C’est ta fille ».

Je suis heureuse. Aussi heureuse que si on m’avait annoncé un fils.

La gynécologue me dit alors qu’elle va doucement tirer sur le cordon pour voir si le placenta se détache. Quand le placenta sera parti, elle recoudra la petite épisio.

Je sens un truc désagréable dans mon ventre, puis un truc flasque et chaud passe à travers mes cuisses. C’est presque comme le bébé, sans la douleur. Elle me demande si je veux regarder, mais, franchement, je ne suis pas capable de voir ce truc maintenant. Et puis, il  a mon bébé, là, dans les bras. Qu’y a-t-il de plus important ?

Elle me dit que mon placenta est nickel, en un morceau. Tout est presque fini.

Elle palpe mon ventre pour voir où est l’utérus. Et là, je sens un flots humide jaillir entre mes cuisses. Suivi d’un autre et encore un autre. Ca ne s’arrête plus. Je commence une hémorragie.

La gynécologue murmure des choses à la sage-femme. Je me sens m’affaiblir et la panique augmente.

Le Rond le sent et prend la petite à bras, tout en restant près de moi. Il me murmure des phrases douces pour me calmer. Je me tourne vers la kiné et la la stagiaire. Elles ont des mines inquiètes et regardent la gynécologue et la sage-femme s’affairer, les sourcils froncés et le regard tendu. J’ai peur. Je panique.

On appuie sur mon ventre très fort. On m’injecte un produit dans la cuisse. On m’introduit quatre suppositoires dans les fesses (je n’avais pus eu de suppo depuis ma plus tendre enfance…). Il se passe un tas de choses qui me dépassent. J’ai seulement peur. Peur comme jamais. Je me mets à trembler et à pleurer.

On met alors ma fille au sein. Mais, je la repousse, tellement la pincée des tétons m’étonne et me fait mal.

Les flots s’espacent avant de s’estomper enfin.

Le stress est passé. L’hémorragie est arrêtée. Il est temps de procéder aux soins de mon intimité.

La kiné m’explique qu’elle va partir, que sa garde est finie. Mais, elle voit que mes tremblements ne se calment pas. J’ai une phobie des actes médicaux et avec l’angoisse qui me submerge, je n’arrive plus à rien contrôler. Elle me prend la main. Elle reste encore un peu.

La gynécologue me fait des injections de produit anesthésiants. Je tremble toujours. Dans ma tête, je me demande comment elle fait pour ne pas me rater et ça m’angoisse encore plus…

Elle m’explique qu’elle va utiliser des fils qui se résorbent d’eux-même, pour qu’elle ne doive plus intervenir après, et que je ne subisse pas un nouveau stress lorsqu’on devra les enlever.

Elle recoud mon intimité, durant un temps qui me parait une éternité.

Je tremble et m’excuse de trembler ainsi. Elle me rassure, tout va bien.

Le Rond me tient la main, porte sa fille dans l’autre et est là, toujours vaillant, malgré la journée qui touche à sa fin. Lorsque la gynécologue s’en va, il est 23h30. On nous laisse un peu seul, pour profiter enfin de notre petite fille, notre petite merveille.

Après deux heures de peau à peau, on s’assure que tout a bien pour moi et on nous propose de retourner dans ma chambre.

Je me lève. Je me sens faible. Mais, je sais que je suis crevée. Je n’ai rien mangé depuis 7 heures ce matin. Lorsque j’aurai mangé, j’irai mieux. La sage-femme me prend la main, pour aller jusque vers la chaise. Je la regarde, je souris et soudain, je suis au Bal de ma Faculté, cinq ans auparavant, et je suis à la recherche du Rond. Je le cherche, je le cherche. Je l’appelle, et il ne répond pas. Puis, je sens des mains qui me touchent, je sursaute.

Je suis par terre à l’hôpital. J’ai fait un malaise. On me remet sur la table d’accouchement et on va chercher mon lit. Je suis pâle. Mes lèvres sont bleues.

On me conduit dans ma chambre, allongée sur mon lit, le Rond à mes côtés, qui tient notre fille. Je me rends compte qu’elle porte un pyjama. On l’a habillée sans que je n’en sois consciente. Mais, ça me rassure : elle n’aura pas froid.

Enfin, nous sommes tous les trois dans la chambre.

Ma fille, mon mari et moi.

Ma famille. Celle que j’ai choisie. Celle que j’ai construite.

Je me sens heureuse : je suis au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Même si mon corps souffre, je ne changerais de position pour rien au monde !

Je suis devenue maman. Je suis devenue femme.

Ma peur des piqûres

Lundi dernier, je publiais ce billet.

J’y relatais, entre autres, mes peurs.

En l’écrivant, j’ai pris conscience de toutes ces peurs qui m’envahissaient mais qui n’avaient, heureusement, plus de fondement. Et tout d’un coup, j’ai compris.

J’ai compris que toutes ces peurs, qui étaient si justifiées, n’avaient plus de raison d’être. Leur source avait disparu de ma vie. Et qu’elles s’étaient toutes focalisées sur un objet insignifiant qui faisait figure de symbole : l’aiguille.

Rationnellement, je sais depuis longtemps qu’une aiguille, ce n’est rien. Que cette peur est irraisonnée autant qu’irrationnelle. Et surtout, disproportionnée. Certes, une piqûre, ce n’est jamais agréable. Mais, de là à avoir l’impression d’être tuée, il y a de la marge.

Alors, j’ai parlé à celle qui, au creux de moi, a encore peur de cet homme qui lui/m’a fait tant de mal.

Et je lui ai dit qu’elle ne risquait plus rien.

J’ai visualisé une aiguille et j’ai visualisé son visage. Son visage à lui. Je me suis rendue compte que ces deux image éveillaient la même terreur. Et j’ai fait l’exercice de dissocier ces deux images durant près d’une heure.

Jeudi matin, je faisais ma première prise de sang depuis cette prise de conscience.

Est-ce que ça allait marcher ? Est-ce que j’allais avoir moins peur ? Est-ce que la piqûre allait mieux se passer ?

Jeudi matin, je me suis allongée, j’ai donné ma main, et j’ai fait, consciencieusement mes exercices de yoga pour tenter tant bien que mal de tenir la peur la plus éloignée possible.

Comme toujours, quand l’aiguille a traversé ma peau, ces exercices ont été impuissants à l’empêcher de m’envahir. Mais, une colère sourde est montée en moi, en même temps. Et j’ai revu son visage. Et, dans ma tête, je lui ai parlé.

« Cette fois-ci, tu ne gagneras pas. Je suis plus forte que tout ce que tu as pu m’infliger. Tu ne gagneras pas. Je ferai ma prise de sang et je n’aurai pas peur. Je n’aurai plus peur. Plus jamais peur de toi.  »

Des vestiges de peur ont certes secoué mon corps de tremblement (mon ventre et mes cuisses), mais je n’ai pas pleuré. Je n’ai pas été secouée de sanglots de terreur.

Jeudi, c’est moi qui ai gagné. Jeudi, j’ai eu peur de la bonne personne et pas du mauvais objet. Jeudi, on a su prendre du sang dans le creux de mon bras, ce qu’on était plus arrivé à faire depuis mes 18 ans (j’en ai 28, quand même).

Ma phobie n’est pas encore guérie. Elle avait pris trop de place pour partir en un coup. Mais, je sens que je suis sur la voie de la guérison.

Pour la première fois depuis bien longtemps, je peux me permettre de rêver donner un jour mon sang.

Bilan Zermati – 21 mois

Depuis 21 mois, je pratique la méthode Zermati.

Je vais mettre de côté, dans un premier temps, les deux derniers mois, particuliers vu ma grossesse. Et dresser le bilan des 19 mois qui ont précédé.

J’ai découvert Zermati grâce au très chouette blog de Caro – Pensées de ronde (si tu ne connais pas, va cliquer, c’est vraiment sympa et ça ne tourne pas qu’autour du poids, promis).

Il y a longtemps que je lis ce blog et lorsqu’elle parlait Zermati, je me disais : pffiou, un régime de plus. Et je zappais donc tous ses billets « Zermati ».

Enfin, tous, c’est faux.

Parce qu’elle écrit bien, quand même. Et donc, mes yeux ont trébuchés, sans faire exprès, sur quelques lignes zermatiennes qui m’ont touchée. J’ai fini par rechercher et lire ses billets.

A cette époque, on m’avait dit que je devais perdre beaucoup de poids très vite parce que j’allais mourir avant mes 30 ans, sinon, à cause de mes 120 kilos. Je m’étais lancée, avec appréhension mais motivation, dans le régime « Dukan ». Sauf qu’après 2 jours, j’ai commencé à faire une crise de foie. Je me sentais mal et j’avais la nausée à la simple vue d’un produit à base de protéine (viande, oeuf et même poisson). Il faut dire que je n’ai jamais été très protéines, depuis toute petite. Et que là, ça faisait beaucoup d’un coup, pour mon pauvre petit organisme.

J’ai arrêté, d’instinct, malgré une dépense de plus de 75 euros en produits divers et variés sensés m’aider à perdre mes sacro-saints 40 kilos de la mort qui tue.  Un spécialiste du foie, consulté peu après, a confirmé mes soupçons : si je perdais vraiment ces 40 kilos trop vite, et avec un régime débile du genre hyper protéiné, il était, en effet, certain, vu mes antécédents, que mon foie serait détruit en moins d’un an. Avec pour conséquence, non pas ma mort, mais des traitements médicaux lourds, coûteux et douloureux.

Et c’est à cette époque que j’ai dévoré ses billets « Zermati », à Caro. On était en décembre 2010.

J’en étais arrivée à un stade où j’avais essayé un nombre incalculable de régime, de Dukan à Weight watchers en passant par les régimes hypocaloriques plus classiques et drastiques. Rien n’avait été efficace. Je n’en pouvais plus. Je me disais que de toute façon, je n’y arriverais jamais.

Je ne serais jamais mince, autant l’accepter. Et je n’aurais plus jamais la volonté de souffrir comme je l’avais déjà fait pour perdre des misérables kilos (joie ô combien éphémère) qui venaient se replanquer accompagnés de quelques copains à la moindre occasion.

J’étais de celles qui disaient « un rien me fait grossir« . Et c’était vrai.

Alors, j’ai acheté le livre de Zermati « Maigrir sans régime ».

Dans un premier temps, j’y ai puisé ce que j’étais capable d’entendre et d’appliquer : plus d’aliments tabous, donc plus d’interdits. Tu manges ce dont tu as envie. Si tu as des envies, c’est que ton corps en a besoin.

Et puis, j’ai vaguement lu que quand on avait faim, on décuplait le plaisir de manger, et ça, ça m’a paru sympa.

Et puis, y a eu une phrase aussi, qui m’a servi de mantra : « la faim protège le poids ». Si on mange avec faim, on ne peut pas grossir.

J’ai respecté ces principes à la lettre : manger ce dont j’avais envie. Et que quand j’avais faim.

Évidemment, j’ai passé une semaine à m’empiffrer de gaufres, mousses au chocolat, et autres « crasses » tellement interdites, normalement. Et je n’ai pas grossi. Mais, je devais avouer que je ne mangeais pas si souvent que ça, en fait. Et pour cause : je mange au-delà de la satiété, qui m’a paru trop difficile à cerner. Du coup, la faim mettait plus de temps à se manifester.

Et puis, je dois admettre aussi que la faim m’angoisse. Alors, parfois, je n’arrive pas à attendre ma faim et je mange. Au cas où. (Au cas où quoi, je me le demande encore).

Mais, très vite, j’ai eu des envies d’autres choses : de pomme, de salade, d’épinards, de poisson, d’oeuf, de pain.

J’ai respecté ces envies au même titre que mes envies de chocolat.

Et le bilan au bout de 19 mois, c’est un poids stabilisé aux alentours de 120 kilos (avec des variations de 2 à 3 kilos dues aux règles).

Alors, oui, 120 kilos, c’est beaucoup. Mais, quand on établit une ligne de poids, me concernant, ce dernier n’a fait qu’augmenter (sauf pendant mes phases de régime), depuis toujours. Je veux dire, je n’ai pas toujours pesé 120 kilos. Au sortir de l’adolescence, j’en faisais 80.

C’est donc la première fois de ma vie que j’ai réussi à stabiliser mon poids, sans contraintes et sans auto-flagellations. Et c’est une victoire que je garde bien au chaud dans mon coeur, pour les jours où j’ai moins de motivation.

Il est évident que cette période n’a pas été de tout repos. Il m’a fallu m’accorder du temps, de la réflexion, du respect.

Un régime participe d’une toute autre démarche : j’ai été nulle mais maintenant, je me rattrape et ma graisse (donc mon corps) va voir de quel bois je me chauffe.

Avec Zermati, la démarche est inverse. J’ai fait souffrir mon corps, il m’a bien prouvé que, quoi qu’il en soit, c’était lui qui avait le dernier mot, alors, si j’essayais, à présent, de l’écouter (enfin) et de le respecter ?

 

Je terminerai ce billet en disant que lire des témoignages d’autres « régimeuses » m’a fait du bien. Pour me rendre compte que je ne suis pas seule, que non, ce n’est pas facile et que oui, c’est possible. Je pense notamment (mais non exclusivement) au très joli blog « te parler de ma vie » (qui m’a inspiré le billet du jour, d’ailleurs) ou à celui de La Peste.

Je vous invite grandement à aller leur rendre visite, car ce sont vraiment des blogs sympas, qui ne parlent, à nouveau, pas que régime, mais aussi respect de soi, amour, livres, films et toutes ces petites choses qui font notre vie de femme.