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Journal de grossesse – Début du troisième trimestre

Ca y est, j’y suis. Petit pois doit naître dans deux mois. Et je sais, à présent qu’il est vraiment viable. Que même s’il naît maintenant, c’est pas trop grave. Que tout est bien en route. Que nous n’avons toujours pas choisi de prénom et que sa chambre n’est pas encore tout-à-fait finie. Que l’accouchement approche à grand pas, ce qui me terrifie et me fascine à la fois.

Bref, Petit pois arrive bientôt et je me sens plus sereine que jamais face à cette grossesse.

Mais, soyons clairs, je ne suis pas réellement sereine. Juste que je le suis plus que depuis le début… 🙂

Mes angoisses sont plus espacées. Et sont d’une nature différente.

Bref, d’une certaine manière, je commence à profiter réellement de cette grossesse.

Car, si je fais le bilan des deux premiers trimstres, c’est pas folichon !

Premier trimestre :

J’apprends que je suis enceinte et je stresse. Mais, ça va. Tout va bien. Premier RDV gynéco. Première écho. Première visualisation du Petit pois qui gardera son surnom.

Puis, très vite, premières nausées. Mais, pas des petites nausées de rien du tout qui ne durent que le matin. Non, non. Des nausées qui durent du matin au soir, la plupart des aliments qui ne franchissent pas le cap de ma bouche et repartent illico dans mon assiette. -8 kilos en 1 mois et demi.

Certains goûts sont devenus intolérables et soulèvent mon estomac. Parmi ceux-ci, le dentifrice. Me laver les dents est venue un supplice. Malgré la dizaine de marques différentes achetées pour voir si ça faisait le même effet. (Note que le dentifrice au sodium est le pire de tous…).

Accompagnant ces nausées, une fatigue immense s’abat sur moi. Je dors plus de 12 heures par jour, en ayant l’impression d’en dormir 4…

Un décollement du placenta vient agrémenter le tout. Je kiffe !

Je me sens au bout de ma vie. Et je vois arriver le deuxième trismestre avec impatience : on m’a dit qu’au deuxième trimestre, on pétait la forme !

Mais, ce qui rend les choses un peu magiques, quand même, c’est que je sens les premiers mouvements de Petit pois. On m’affirme que ce n’est pas possible, pourtant, je sens un mouvement que je n’avais jamais senti jusqu’ici. Et mon chéri commence aussi à le sentir. Nous savons que c’est lui et le reste nous importe peu.

Sincèrement, je souffre. Mais, je suis heureuse du petit miracle qui est en train de se créer en moi. Je me sens mal (et je m’en veux, je devrais être si bien) mais pour rien au monde je voudrais que cette grossesse ne s’arrête trop tôt.

Deuxième trimestre :

On m’a menti ! La fatigue ne disparaît pas. C’est à peine si elle s’atténue quelques jours pour revenir en force. Mais, pour une raison un peu plus valable cette fois… Je dors 5 heures, puis me réveille sans arriver à me rendormir. Je reproche ça à mon chéri qui ronfle. Mais, au fond, je sais que cela n’a rien à voir. Depuis toujours, me réveiller en pleine nuit pour faire pipi coupe mon sommeil qui est trop léger après le break…

Mes nausées ne s’arrêtent pas. Le dentifrice est toujours aussi nauséabond. Simplement, j’ai appris à éviter les aliments qui fâchent et à anticiper ces maudites nausées qui sont donc un poil moins handicapantes qu’avant.

Mon poids remonte petit à petit. Et se stabilise. Depuis le début de ma grossesse, j’ai perdu entre 4 et 5 kilos (mon poids variant d’un jour à l’autre).

Petit pois se démène comme un petit diable. Si ça se trouve, il est hyperactif. Ca promet.

Les contractions font leur apparition. Un poil tôt, mais sans que ce ne soit alarmant. Du moins pour les médecins. Du repos et de la zennitude. Haha ! Ils ont de l’humour.

Mon dos commence à me faire souffrir. Et mon ventre devient lourd. Je commence à marcher comme un canard. Mais, je m’en fiche. Mon chéri est là et me fait tous les massages que je lui demande pour soulager mon corps.

Certains jours, j’aimerais ne plus être enceinte. Avoir encore du temps pour me préparer. Pouvoir faire « pause ». Ce petit d’homme va venir sur terre dans une famille qui n’est pas prête et il ne mérite sûrement pas cela. Je sais qu’il me reste quelques mois, mais jamais je ne saurai être à la hauteur de ce qu’on attend de moi pour accueillir ce petit être fragile. Je ne comprends pas que je puisse être si fertile quand d’autres, plus prêtes, plus méritantes, galèrent tant à avoir un enfant. J’aime Petit pois d’amour et j’ai peur que nous ne soyons pas à la hauteur de ses besoins et de ses attentes. En même temps, j’ai peur qu’il ne lui arrive quelque chose. Je ne veux pas qu’il meurre. Je veux le voir grandir et j’ai peur que mon corps ne soit pas à la hauteur.

Début du troisième trimestre :

Petit pois s’est dit que dormir 5 heures, c’était de la triche. Il a donc décidé de réduire ce temps à 3 heures (1 heure et demi, quand il est grincheux). Ma vessie est devenue son terrain de jeux préféré durant la nuit. Je me lève au mieux trois fois, au pire six fois sur la nuit. Je kiffe.

Mes nausées sont toujours bien présentes. Mais, c’est presque devenu une habitude. La seule ombre réelle au tableau, c’est toujours le dentifrice et donc, le supplice quotidien du brossage de dents.

Petit pois a adopté la position verticale. Désormais, il roue mon estomac de coups lorsque j’ai trop mangé, ou pas assez, ou que j’ai bu du coca, ou que j’ai mangé un truc qui ne lui plaisait pas, ou que… Les raisons sont vagues et multiples. Les remontées acides sont devenus mes nouveaux compagnons. Mon poids n’augmente plus. Je ne mange plus assez pour cela.

Mon dos et mon ventre se sont fait un nouveau copain pour partager ensemble cette sensation de lourdeur : mes pieds.

Mon humeur, quant à elle, joue aux montagnes russes. Je passe du rire aux larmes, de l’aphasie à l’hyperactivité. Je me sens abbattue, au bout de ma vie. Mon accouchement me semble impossible, voire improbable. Puis, aussi vite que c’est venu, je me sens bien, mon accouchement ne me fait pas peur, je vais assurer comme des milliards de femmes avant moi, et tout va se passer bien. Après tout, y a pas de raison. Ensuite, je repleure, parce que quand même, ce bébé va téter mes seins, et ça me semble surréaliste ! Je ne suis pas faite pour être mère. Alors, je pense à des femmes qui n’étaient vraiment pas faites pour être mère et je me sens à ma place, prête à vivre cette nouvelle aventure avec amour. Bref, je suis pleine de contradictions et j’imagine que ça fait partie de la grossesse et des 9 mois nécessaires à appréhender cette nouvelle étape.

Mais, malgré ces petits désagréments, je profite enfin de ma grossesse. Je commence à dire aux gens « oh, oui, ma grossesse se passe super bien, c’est vraiment chouette », et je participe ainsi, malgré moi, à cette fausse rumeur selon laquelle une femme est forcément épanouie lorsqu’elle est enceinte.

 

Et toi ? Ta grossesse ? C’était comment ? Ca a toujours été rose ? Ca a été horrible ?

Et toi ? Tu l’imagines comment ta future grossesse ?

Journal de grossesse # 8 : miam des nausées !

Cher petit pois,

Je te demandais gentiment, il y a quelques semaines, d’arrêter de jouer avec l’estomac de maman.

Visiblement, nous avons un léger problème de communication, puisque tu ne m’as pas obéi. Nous allons devoir régler ce petit problème au plus vite, parce que ta naissance aura lieu bientôt, et je n’ai pas envie de me battre avec toi pour t’éduquer.

Car il est bien entendu que dès ta naissance, tu dormiras de longues nuits de 12 minimum histoire que je puisse récupérer, que tu ne tèteras pas mes seins trop voracement, histoire de préserver mes tétons des crevasses et autres joyeusetés que se chopent les mères sans autorité, que tu ne saliras pas plus d’un body et d’un pyjama par jour pour préserver la planète, que tu concentreras tes pipis et tes popos pour les faire en deux fois sur la journée, au moment où je t’indiquerai que cela me convient, enfin, tout ça quoi.

Bref, nous avons du pain sur la planche.

Car, là, non seulement, tu n’as pas arrêté de jouer avec mon estomac, mais en plus, tu en joues de plus en plus fort.

J’imagine que tu fais cela pour mon bien. Et j’admets que grâce à toi, j’ai déjà perdu 6,5 kilos en un mois et des poussières. C’est pas mal. C’est mieux que tous les régimes que j’ai entrepris jusqu’ici.

Mais, c’est fatiguant, petit pois. Je ne tiendrai pas 9 mois comme ça.

Quoique.

En y repensant : 6 kilos X 7 mois qui restent, ça fait 42 kilos. C’est à peu de choses près ce que je dois perdre…

Bon, allez, je te le concède pour cette fois. C’est peut-être pas si mal, de maigrir un peu (surtout pour mon coeur qui devra survivre au marathon de l’accouchement).

Mais, si tu pouvais trouver une méthode qui ne me tord pas douloureusement l’estomac plusieurs fois par jour, je t’en saurais gré.

Merci d’avance.

Bien à toi,

Ta maman qui t’aime déjà.

Ce sera une fille ou un garçon ?

Quand tu annonces ta grossesse, il y a une série de questions immuable que tout un chacun te pose. On dirait presque qu’il y a une sorte de code de bonne conduite du discours à tenir à la femme enceinte qui commence comme ça :

– lui demander si ce sera une fille ou un garçon. Souvent, cette question prime les autres. Pourquoi ? On n’en sait rien. Quand tu annonces que tu ne veux pas le savoir, tu vois souvent une lueur d’interrogation dans le regard de l’autre (Mais enfin, avec la technologie actuelle, c’est bizarre, non ?). Mais, parfois, il arrive que cette question n’arrive qu’en deuxième position, précédée de celle-là :

– « Et c’est pour quand ? » Ou « depuis combien de temps ? » (avec des variantes originales du genre « et tu es enceinte de combien ? » La première fois, j’ai répondu « d’un » avant de comprendre qu’on ne me demandait pas le nombre de petit pois qui grandissait dans mon ventre). Ça a l’air d’être une information cruciale. Que tout le monde oublie, une fois annoncé, puisque cette question revient tout au long de la grossesse.

– « Ça va ? Pas trop de nausées ? » Cette question est posée qu’importe le stade de la grossesse. Un jour, j’ai entendu quelqu’un poser la question à une femme presqu’à terme. Mais, c’est rassurant de savoir que les clichés sont rencontrés, sans doute. Cela marche donc aussi avec les bouffées de chaleur, les crises de nerfs due aux hormones et les envies de fraises, sans oublier le nombre de fois où tu vas faire pipi (tu remarqueras que JAMAIS on ne te posera cette question en dehors de ta grossesse ou si tu es un homme – sauf corps médical).

– lui raconter la bonne grosse boucherie qu’a constitué l’accouchement de Tartenpion, qui est passé par une épisiotomie forcée, avec moult forceps et ventouses, péridurale qui a foiré, médecin incompétent, bébé presque mort né et maman à deux doigts de la paralysie à vie, avant de finir par une césarienne sans anesthésie. Miam.

J’avoue que cette dernière étape, je ne la comprends pas beaucoup… L’envie de montrer que l’on sait de quoi on parle ? L’envie de faire très peur ? La certitude que si on part avec de telles appréhension, l’accouchement réel paraîtra nettement plus chouette et sympa ?

 

Et sinon, toi, tu poses quelle genre de question à une femme enceinte ? On t’a filé un guide spécial ou tu improvises ? Et toi, miss enceinte ou maman, on t’a posé quoi comme question ? Des réponses originales ?

Journal de grossesse – #2

Cher petit pois,

D’après nos savants calculs, tu squattes mon ventre depuis déjà trois semaines.  (Ah, t’inquiète, je dis « squatte », mais tu sais bien que tu es le bienvenu ! 😉 )

Alors, j’ai quand même deux trois petits trucs à te dire, petit pois.

Non, parce que bon, tu es le bienvenu, on t’aime (déjà), on fait des plans sur la comète, tout ça, mais il y a quand même des limites que tu ne dois pas dépasser. L’éducation parentale commence dès le plus jeune âge, m’a-t-on dit, alors, mieux vaut commencer tout de suite.

D’abord, je ne sais pas ce que tu as dit à mon estomac, mais tu l’as rendu un tantinet grincheux. Et ça ne me fait pas plaisir, petit pois ! Tu dois apprendre à être poli et à ne pas fâcher inutilement ceux qui peuvent t’être d’une grande aide . (C’est légèrement contre-productif, vois-tu.) Surtout lorsque les intérêts de ta maman chérie sont en jeu. Je voudrais pas être chafouine, mais c’est quand même de mon estomac dont on parle, petit pois. Et ne pas savoir avaler plus qu’un quart d’un plat de pâtes au resto, alors que j’ai plus rien mangé depuis la veille, ça ne me met pas de très bonne humeur… Avoir la nausée tout le reste de l’apèrs-midi, non plus.

Ensuite, je te saurais gré d’arrêter de tordre mon ventre. Non, parce que bon, c’est pas comme si je kiffais la douleur, quoi.

Et puis, honnêtement, petit pois, à chaque lancement de douleur, j’ai peur. Peur pour toi. Peur que tu ne t’accroches pas comme il faut. Peur que mon corps ne te garde pas près de lui. Alors, la zumba à 23heures, tu vas arrêter tout de suite. Tu pourras t’y mettre d’ici quelques mois quand je pourrai te sentir sous ma main et que je saurai que tu es en bonne santé.

Et on ne discute pas, hein, petit pois (j’aurai tout le temps d’appliquer la méthode d’éducation non violente avec toi quand tu seras né. D’ici là, je peux me permettre d’être un despote ABSOLU).

Et enfin, petit pois, c’est quoi cette manie d’avoir trop chaud ? Je sais que tu viens à moitié de ton père qui est un chauffage ambulant (ce qui est très pratique en hiver, j’en conviens), mais tu n’étais pas obligée de prendre ça de lui ! Je me permets de te le dire au cas où on avait oublié de te prévenir. Tu peux tout-à-fait te contenter de ma température corporelle. Je ne vois pas pourquoi tu tiens tant à me couvrir de sueur. Surtout le matin, devant mes collègues qui me regardent d’un air interrogateur ou interloqué, en pleine réunion…

Tiens-le toi pour dit : maman a toujours froid et ça la rassure beaucoup d’avoir des couches sur elle. Surtout pour dormir. Or, depuis trois nuits, je n’ai pas pu dormir, parce que tu avais trop chaud. C’est pas très gentil, ça. Je te préviens, une fois pour toutes, que c’est pas non plus dans ton intérêt, mon grand (enfin, mon petit), parce que quand je suis fatiguée, je suis tout de suite moins réceptive et attentionnée… Tu seras prévenu.

Je ne te demande pas grand chose, au fond : grandir, en bonne santé, tout en respectant (mieux que moi) mon corps.

On me dit à l’oreillette que c’est à moi de te donner l’exemple… Bon, bon, bon, d’accord. On fait un deal : t’es plus sympa avec moi et moi, je prends mieux soin de nous et donc de moi. Ca te tente ?

Quoi qu’il en soit, on se voit très vite, puisque demain, tu vas avoir de la visite. Ne t’inquiète pas trop. C’est le docteur qui va vérifier si tout est en ordre. Et ton père et moi allons pouvoir te voir pour la première fois !

Je t’embrasse, mon petit pois,

Ta chère mère épuisée (et stressée)