Archives de tags | bébé

Allaiter, un choix

Lorsque nous parlions bébé avec le Rond, j’ai découvert qu’il était essentiel pour lui que j’allaite. Pour moi, lait en biberon, ou lait au sein, c’était du pareil au même. C’était du lait, non ?

Il m’a appris que la composition n’était franchement pas comparable, rien que par la présence d’anti-corps dans le lait maternel. Et je me suis dit pourquoi pas.

Au fil de mes recherches sur différents sujets, j’ai appris qu’il n’y avait pas que concernant les anti-corps que la composition différait. Huile de palme, fer, vitamines… Ce lait artificiel commençait à m’interroger de plus en plus.

Puis, Petite poite est entrée dans mon ventre. Je me suis dit que je voulais tester l’allaitement. On verrait bien. Après tout, même si le lait artificiel, c’est pas le top, il y a plein d’enfants qui grandissent avec ça, et ils n’en meurent pas. Je ne me mettais donc pas la pression.

Lorsque Petite poite est née, l’allaitement n’a juste pas pu être possible. Ca me faisait atrocement trop mal. C’était ingérable. Je me sentais envahie par mon bébé, par cette douleur. J’en ai pleuré. J’avais l’impression de rejeter mon enfant, et en même temps, je ne pouvais pas l’allaiter. Même avec la meilleure volonté du monde, avec cette douleur, ce n’était juste pas possible.

C’était une situation que je vivais comme un échec. Chaque biberon donné me renvoyait à mon incapacité à faire les choses « normalement ». Très vite, j’ai décidé de tirer mon lait. Et j’étais fière de donner de mon lait à boire à mon enfant.

Quelques semaines plus tard (3, pour être précise), j’ai pu mettre Petite poite au sein pour la première fois. Grâce au soutien indéfectible du Rond. Et des conseils d’une super sage-femme. Je me sentais fière. Je nourrissais mon enfant. Certes, les tétées étaient physiquement désagréables. Mais, je me sentais à ma place.

Au fil du temps, l’aspect désagréable a cédé la place à un léger inconfort physique, puis à une indifférence pour arriver à un moment plutôt agréable (bon, je ne parle pas d’orgasme, mais d’un moment agréable, passé avec ma fille).

Dans quelques jours, Petite poite aura 5 mois (déjà ?!). Et je sais que j’ai envie de continuer à allaiter longtemps.

Mais, je sais aussi que sans le soutien du Rond, cela n’aurait pas été possible. Et sans les conseils distillés par la Leche League, non plus.

Vivre avec un bébé intense

Depuis la naissance de ma merveille, je suis HS.

Elle ne se calme que dans mes bras. Elle a un besoin immense de téter. Elle adore l’écharpe de portage.

Elle pleure dans les bras de son père. Elle ne dort pas beaucoup la journée.

En soi, je ne m’en plains pas vraiment. Je l’aime de tout mon coeur et j’adore passer du temps avec elle. Mais, je dois avouer que certaines petites choses me manquent !

Avoir du temps pour mon blog, du temps pour vous lire, du temps pour répondre à vos commentaires.

Mais, voilà, mes priorités ont changé et ces petits manques ne font pas le poids face à tout ce que m’apporte ma Petite poite.

Le plus difficile à supporter, ce sont les remarques des proches qui me font comprendre que c’est parce que je la « gâte » trop qu’elle est si « difficile ». Moi, je ne la trouve pas difficile. Je la trouve intense. Je ressens ses pleurs comme un appel au secours. Je ressens ses sourires comme la plus belle preuve d’amour et de confiance !

Hier, au détour de lectures, je découvre une maman qui décrit exactement ma merveille ! Elle parle de Bébé aux besoins intenses. En faisant quelques recherches, j’ai trouvé une explication au comportement de ma petite loute.

Elle a des besoins intenses. Et ça arrive. Certains bébés sont comme ça. Qu’on les materne ou pas, d’ailleurs.

Son entrée à la crèche me terrifie. Mais, je suis confiante. Elle est une merveille qui s’adapte à son environnement, qui comprend bien plus qu’on ne se l’imagine.

Elle a trois mois et illumine mes journées comme jamais auparavant !

Je vis avec un bébé aux besoins intenses…

La naissance d’une merveille – Part three

La naissance d’une merveille – Part one

La naissance d’une merveille – Part two

A 9 centimètres de dilatation, on me fait sortir de l’eau. J’appréhende cette sortie. Les douleurs sont tellement intenses que je ne supporterai pas qu’elles augmentent encore. Le spectre de la péridurale danse toujours dans mon cerveau, suivi de ses boulets : la terreur des aiguilles et du plastique.

On me couche sur la table d’examen pour que la gynécologue, la mienne, celle qui m’a suivie depuis neuf mois, puisse examiner d’elle-même ce col, si lent à la détente.

Surprise, la tête est déjà presque là. Le col est enfin avancé, raccourci comme il faut. Mais, il manque encore un bon centimètre de dilatation et la tête du bébé, assez grosse, ne passera pas si le col ne se dilate pas davantage.

Son examen à peine fini, je lève ma jambe droite et la pose sur l’étrier. Mais, aussitôt, je change d’avis, je repose ma jambe et lève la gauche. J’ai besoin d’être positionnée de manière asymétrique.

J’entends ma gynécologue dire à la sage-femme que le bébé n’est pas droit. Cette dernière propose de me poser « sur le côté », puis, jetant un oeil sur moi ajoute « ben, comme elle s’est mise, en fait. C’est fou, depuis le début du travail, elle se positionne toujours exactement comme il faudrait… ». Cela me fait un bien fou d’entendre ça. Je dois continuer à me faire confiance.

Il est 20h30, je suis à bout de force. Mais, je continue tant bien que mal à gérer cet accouchement. Jusqu’ici, je suis fière de moi. Si c’est ça, accoucher c’est bon, je peux en faire dix autres, des bébés. C’est douloureux, c’est fatiguant mais c’est gérable.

Je continue à penser à la péridurale, mais, vraiment, je n’arrive pas à me résoudre.

A 21 heure, commence une contraction plus intense que les autres. La gynécologue me fait bouger. Elle veut que je me couche sur le côté droit, la jambe gauche sur l’étrier droit, pour aider le bébé à mieux se positionner encore.

La contraction est tellement forte que je grommelle des « ohms » ininterrompus et que l’équipe me bouge elle-même. Je ne suis plus capable de grand chose.

Je me raccroche à l’idée que, bientôt, cette contraction va s’arrêter et que je pourrai à nouveau me détendre.

Mais, l’heure tourne. Et la contraction ne s’arrête pas. Je commence vaguement à avoir envie de pousser. Mon col est dilaté à 9,5 cm. Il manque toujours ce foutu demi-centimètre. Et la douleur ne s’arrête plus. Je vois les aiguilles tourner sur la grande horloge qui me fait face.

A 9h35, à bout de force, je bouge. Cette position ne me convient pas et cette connasse de contraction ne s’arrête pas. Je DOIS bouger pour qu’elle se calme. La gynécologue tente de me convaincre, mais je n’entends même pas. D’autorité, je me couche sur le dos et lève la jambe droite. La contraction s’apaise enfin. Elle aura duré plus de 35 minutes ininterrompues. Je suis au bout de mes limites. J’ai des sanglots dans la gorge.

Je n’y arriverai jamais. Et la péridurale n’est pourtant pas possible. Je ressens, alors, un relent de haine viscéral. Contre ma mère, contre mon passé, contre mon histoire qui m’empêche de subir cet acte pourtant si banal pour des milliers d’autres femmes, cette simple piqûre dans le dos qui soulagerait tous mes maux.

L’envie de pousser augmente.

La gynécologue trifouille dans mon vagin. Le Rond m’apprendra plus tard qu’elle « force » l’ouverture du col, pour qu’il se dilate enfin à 10 cm. Je ne sens rien. Je veux juste que cette douleur s’arrête. Pas longtemps, hein. Seulement un petit quart d’heure, que je puisse souffler. Et après, promis, je me remets dedans.

Mais, la nature en a décidé autrement.

La gynécologue me positionne sur les étriers. Elle voudrait que je me mette à quatre pattes. Mais, je sens bien que mes genoux ont trimé depuis ce matin et qu’ils ne supporteront pas mon poids. Alors, j’accoucherai sur le dos, cette position que je ne voulais pas parce qu’elle augmente le risque d’épisiotomie et de déchirure.

Elle me demande de pousser très fort. J’essaie. Mais, je sens que la tête de mon bébé ne passera pas. Je sens que quelque chose va « se casser » et ça me fait terriblement peur.

Elle me fait bouger. On va se remettre sur le côté, comme pendant cette contraction interminable. Et là, je vais pousser. On essaie. Durant un temps qui me paraît interminable.

La kiné, à mes côtés, distille ses conseils d’une voix douce.

« Inspirez, soufflez un peu, bloquez et poussez très fort. Non ? Vous préférez souffler en même temps que vous poussez ? D’accord. Inspirez, bloquez, et soufflez en même temps que vous poussez. Voilà, c’est bien, encore une fois. Stop, maintenant. Vous avez encore envie de pousser ? Non ? Alors, arrêtez. Ne poussez que quand vous avez envie de pousser, d’accord ? Allez, on y retourne. Courage Vous faites ça bien. Vous êtes super.  »

Des gouttes de sueur perlent sur tout mon corps. Le Rond essaie de me vaporiser quelques gouttes d’eau mais je déteste ça.

Au fond de moi, je sens que je ne pousse pas au maximum de ce que je suis capable de faire. Mais, lorsque je sens la tête du bébé contre ma vulve, je sens bien que ça va « casser » et ça me terrifie.

Au bout de trois quart d’heure de poussées, la gynécologue me remet sur le dos. Je meurs de chaud. Je demande à enlever mes vêtements. De toute façon, ils m’ont déjà tous vue nue lorsque j’étais dans le bain… Elle tente encore deux ou trois poussées dans cette position. Je lui dis, entre deux sanglots : « ça va casser, docteur, ça va casser. Je n’y arrive pas ! ». Alors, sans rien dire, elle badigeonne mon vagin d’un produit à base de lidocaïne. Pour endormir un peu (si peu) la zone.

On ré-essaie quelques poussées, au cas où. Mais, je suis à bout de souffle.

Soudain, je sens une brûlure. Au fond de moi, je sais qu’elle a coupé dans ma chair.

Une envie de pousser arrive et je pousse. Cette fois, je sens que la tête de mon bébé peut passer, alors, je pousse encore plus fort. Et là, je suis terrifiée. Sa tête est passée et pas le reste. Ça fait mal. Je pleure. Je demande qu’on le retire. Vite.

La gynécologue, doucement, me demande de pousser encore, même si je n’ai plus envie de pousser, cette fois. Alors, je pousse. De toutes mes forces. Et soudain, je me sens délivrée. Un truc chaud et doux vient de passer entre mes cuisses. J’entends un petit cri.

Puis, on dépose une chose gluante et chaude sur mon corps.

Un bébé.

Mon bébé.

La douleur ne s’arrête pas. Mais, le sentiment de délivrance est bien réel. Il est 22h32.

Mon petit gigote contre ma peau. On nous recouvre d’un drap. J’avais peur de ne pas l’aimer, mais, je l’aime. J’avais peur de lui en vouloir de la douleur, mais, à aucun moment, de tout le travail et de l’accouchement, cette idée de ne m’est venue à l’esprit. J’avais peur d’être dégoutée du côté gluant, et en fait, pas du tout.

On propose au Rond de couper le cordon. Il accepte.

Moi, je suis là, avec mon bébé, couchée sur cette table, les jambes écartées, en l’air. En train d’être examinée dans un endroit de mon anatomie, d’ordinaire réservée à mon amoureux. Mais, je me sens bien. Avec mon bébé. Je suis maman. C’est incroyable. C’est irréel.

Alors, je demande, après quelques minutes : c’est une fille ou un garçon ? Une sage-femme soulève mon bébé pour que je puisse voir par moi-même : « vous voyez ? »

Je n’ose pas contredire cette question si affirmative. Mais, je n’ai pas mes lunettes, perdues à un moment quelconque de l’accouchement. Je ne vois rien du tout qu’une forme qui pourrait tant être un pénis qu’une vulve.

Le Rond répond, juste à propos  « c’est une fille. C’est ta fille ».

Je suis heureuse. Aussi heureuse que si on m’avait annoncé un fils.

La gynécologue me dit alors qu’elle va doucement tirer sur le cordon pour voir si le placenta se détache. Quand le placenta sera parti, elle recoudra la petite épisio.

Je sens un truc désagréable dans mon ventre, puis un truc flasque et chaud passe à travers mes cuisses. C’est presque comme le bébé, sans la douleur. Elle me demande si je veux regarder, mais, franchement, je ne suis pas capable de voir ce truc maintenant. Et puis, il  a mon bébé, là, dans les bras. Qu’y a-t-il de plus important ?

Elle me dit que mon placenta est nickel, en un morceau. Tout est presque fini.

Elle palpe mon ventre pour voir où est l’utérus. Et là, je sens un flots humide jaillir entre mes cuisses. Suivi d’un autre et encore un autre. Ca ne s’arrête plus. Je commence une hémorragie.

La gynécologue murmure des choses à la sage-femme. Je me sens m’affaiblir et la panique augmente.

Le Rond le sent et prend la petite à bras, tout en restant près de moi. Il me murmure des phrases douces pour me calmer. Je me tourne vers la kiné et la la stagiaire. Elles ont des mines inquiètes et regardent la gynécologue et la sage-femme s’affairer, les sourcils froncés et le regard tendu. J’ai peur. Je panique.

On appuie sur mon ventre très fort. On m’injecte un produit dans la cuisse. On m’introduit quatre suppositoires dans les fesses (je n’avais pus eu de suppo depuis ma plus tendre enfance…). Il se passe un tas de choses qui me dépassent. J’ai seulement peur. Peur comme jamais. Je me mets à trembler et à pleurer.

On met alors ma fille au sein. Mais, je la repousse, tellement la pincée des tétons m’étonne et me fait mal.

Les flots s’espacent avant de s’estomper enfin.

Le stress est passé. L’hémorragie est arrêtée. Il est temps de procéder aux soins de mon intimité.

La kiné m’explique qu’elle va partir, que sa garde est finie. Mais, elle voit que mes tremblements ne se calment pas. J’ai une phobie des actes médicaux et avec l’angoisse qui me submerge, je n’arrive plus à rien contrôler. Elle me prend la main. Elle reste encore un peu.

La gynécologue me fait des injections de produit anesthésiants. Je tremble toujours. Dans ma tête, je me demande comment elle fait pour ne pas me rater et ça m’angoisse encore plus…

Elle m’explique qu’elle va utiliser des fils qui se résorbent d’eux-même, pour qu’elle ne doive plus intervenir après, et que je ne subisse pas un nouveau stress lorsqu’on devra les enlever.

Elle recoud mon intimité, durant un temps qui me parait une éternité.

Je tremble et m’excuse de trembler ainsi. Elle me rassure, tout va bien.

Le Rond me tient la main, porte sa fille dans l’autre et est là, toujours vaillant, malgré la journée qui touche à sa fin. Lorsque la gynécologue s’en va, il est 23h30. On nous laisse un peu seul, pour profiter enfin de notre petite fille, notre petite merveille.

Après deux heures de peau à peau, on s’assure que tout a bien pour moi et on nous propose de retourner dans ma chambre.

Je me lève. Je me sens faible. Mais, je sais que je suis crevée. Je n’ai rien mangé depuis 7 heures ce matin. Lorsque j’aurai mangé, j’irai mieux. La sage-femme me prend la main, pour aller jusque vers la chaise. Je la regarde, je souris et soudain, je suis au Bal de ma Faculté, cinq ans auparavant, et je suis à la recherche du Rond. Je le cherche, je le cherche. Je l’appelle, et il ne répond pas. Puis, je sens des mains qui me touchent, je sursaute.

Je suis par terre à l’hôpital. J’ai fait un malaise. On me remet sur la table d’accouchement et on va chercher mon lit. Je suis pâle. Mes lèvres sont bleues.

On me conduit dans ma chambre, allongée sur mon lit, le Rond à mes côtés, qui tient notre fille. Je me rends compte qu’elle porte un pyjama. On l’a habillée sans que je n’en sois consciente. Mais, ça me rassure : elle n’aura pas froid.

Enfin, nous sommes tous les trois dans la chambre.

Ma fille, mon mari et moi.

Ma famille. Celle que j’ai choisie. Celle que j’ai construite.

Je me sens heureuse : je suis au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Même si mon corps souffre, je ne changerais de position pour rien au monde !

Je suis devenue maman. Je suis devenue femme.

Quand allaiter est un parcours du combattant

Je vous l’avais dit, ici, j’allaite ma fille. Pas de manière exclusive. Pas encore. Mais, vu nos débuts, c’est pas mal du tout !

Aujourd’hui, Petite poite a trois semaines. Et pourtant, je suis à bout de souffle. Mes seins ne produisent pas encore assez de lait. Elle se fatigue fort à tirer. Elle s’endort au sein au bout de quelques minutes. Et se réveille une demie heure après, affamée.

En début de semaine, pour relancer efficacement la lactation, je ne l’ai nourrie qu’au sein. Résultat, en moins de deux jours : une maman et un bébé cernés, crevés et à bout de souffle. Mardi soir, elle a reçu un biberon de complément. Mais, elle a accumulé tellement de fatigue qu’elle a du mal à s’endormir, parfois.

Certains jours, je me demande pourquoi continuer. J’aime ma Petite poite, mais si l’allaiter est trop contraignant, pour elle comme pour moi, à quoi bon ?

Et puis, lorsque je la mets au sein, je vois son visage épanoui, ses yeux apaisés, son sourire aussi, parfois. Et je sais alors pourquoi je continue. Parce qu’au delà des bienfaits du lait maternel, ma fille aime être au sein, tout simplement.

 

LU_2003_TIM_ALLAITEMENT

La naissance d’une merveille – Part one

Jeudi soir dernier, c’était le grand jour. Celui où j’allais rentrer à la maternité pour mettre mon Petit pois au monde.

La journée fut longue. Préparation de la valise (déjà faite mille fois). Un peu de ménage pour ne pas accueillir le bout de chou dans la crasse. Une dernière douche en amoureux. Beaucoup de stress.

A 22heures, nous voilà devant la maternité.

Une sage-femme nous accueille. Elle nous conduit à la chambre. Nous nous installons et elle me demande de m’allonger pour procéder à un premier monitoring ainsi qu’à un examen « classique » pour voir la maturité du col.

Les nouvelles ne sont pas encourageantes. Mon col s’est rallongé depuis mardi. Il est moins favorable. Mais, le bébé va bien.

On me pose un premier ovule d’hormones, censé activer le travail. Puis, Monsieur le Rond est invité à rentrer dormir. Rien ne devrait se passer avant le matin. Mais, la séparation est rude. Je n’ai pas envie de rester seule. Monsieur le Rond attend que je sois sur le point de dormir pour rentrer.

Mais, moins de deux heures après, la douleur me réveille.

Pas de contractions douloureuses, non. Mais, un dos en bouillie. Impossible de trouver une position confortable. Je fais des aller-retour dans le couloir en espérant que cela passe ou que le travail se mette vraiment en route. Avec un mal de dos pareil, je ne pourrai jamais accoucher.

La  nuit s’étire lentement. Je me sens déjà épuisée et les choses sérieuses n’ont même pas encore commencé !

Six heures du matin, l’infirmière me propose de procéder à un nouveau monitoring. Bébé va bien. Je téléphone à Monsieur le Rond. Je n’ai pas envie de rester seule plus longtemps. Il se lève, boit un café et prend la route immédiatement.

Je ressens des contractions de plus en plus fortes mais très gérables.

On examine mon col. Pas de changement. Je fonds en larmes. La sage-femme tente de me rassurer. Il ne s’est pas dilaté, mais, elle a l’impression de sentir mieux la tête du bébé, ce qui implique qu’il s’est un peu affiné. Mais, il est encore « antérieur », donc, l’accouchement n’est pas pour l’heure.

Monsieur le Rond arrive au moment où on me pose un second ovule. Je somnole dans ses bras, au rythme des contractions de plus en plus douloureuses mais anarchiques.

Le petit déjeuner arrive. Je mange quatre tartines à la confiture. Je me force un peu. J’ai peur que mon prochain repas soit lointain.

A 10 heures, on nous propose d’aller en salle de travail. Je découvre le lieu où je vais passer les prochaines heures les plus douloureuses de ma vie. La salle est accueillante, la baignoire a l’air assez large pour que je puisse m’y prélasser, et le personnel est adorable.

On examine à nouveau mon col. Il s’est enfin dilaté. D’un demi-centimètre. En 4 heures. C’est pas gagné. M’enfin, c’est déjà ça de pris.

On me pose un monitoring mobile. Je pourrai bouger autant que je veux sans que l’on perde le contrôle du bébé.

Je me berce au son de son rythme cardiaque. Petit pois est un exemple de zénitude. Il n’a pas l’air de souffrir.

De mon côté, les contractions augmentent d’intensité. Je commence à ressentir le besoin de souffler lorsqu’elles se manifestent. Serrer les dents ne me suffit plus à les gérer.

On refait un examen à 11 heures. Mon col s’est encore dilaté. D’un centimètre cette fois. A raison d’un centimètre par heure, je calcule que j’en ai encore pour plus de sept heures.

J’ai peur. Sept heures, c’est long. Aurais-je le courage de tenir si longtemps ?

A midi, on reprend ma tension. Elevée. On regarde le col. Peu d’évolution.

L’équipe s’interroge. Au vu des résultats de la dernière échographie, de ma tension, de mon obésité et d’autres paramètres, ils estiment qu’on ne peut pas faire durer ma grossesse plus longtemps. Il faut accélérer le travail. D’autant que je maintiens ma décision : pas de péridurale. Or, ils ont peur que s’ils attendent plus longtemps, je ne tienne pas la route.

Deux choix s’offrent à moi : une perfusion d’ocytocine ou percée de la poche des eaux. Mais, la perfusion n’est absolument pas envisageable. Si je refuse la péridurale, c’est parce que je ne peux pas supporter une perfusion dans mon bras.

Une sage-femme propose alors de me faire avaler des pilules d’ocytocine. C’est moins efficace que la perfusion, mais, ça ouvre les possibilités.

Ma gynécologue arrive à ce moment-là.

Elle me propose de choisir plutôt la percée de la poche des eaux. Ça accélèrera le travail de manière plus naturelle que les hormones de synthèse.

Je suis terrifiée. Si l’on perce, il n’y aura plus de retour en arrière possible. Petit pois verra le jour aujourd’hui, et je ne sais pas si je suis prête.

Je pleure dans les bras du Rond qui me réconforte comme il peut. Puis, la sage-femme rentre dans la salle et m’installe sur la table d’examen. Elle sort le matériel pour percer la poche et mon angoisse monte en flèche. J’ai une phobie des actes médicaux intrusifs (comme la perfusion). Et l’idée qu’on m’insère un machin pour percer la poche est difficile à gérer pour moi.

On m’assure que le bébé ne risque rien. Que je ne sentirai rien non plus. Elle se lance. Un flot d’eau jaillit de mon entre-cuisse.

La sage-femme sort de la salle. Pour elle, une simple routine. Pour moi, c’est plus que ça. Je suis morte de terreur. Je vais mettre mon bébé au monde et je ne me sens pas prête. Mes larmes ne se tarissent pas. Monsieur le Rond cherche les mots pour me rassurer.

Une sage-femme rentre dans la salle en entendant mes sanglots. Elle s’inquiète. Monsieur le Rond lui explique que j’ai seulement un moment d’angoisse. Elle reste un peu et me pose quelques questions. « Etiez-vous d’accord pour qu’on vous perce la poche ? ». Je me rends compte que non. Je n’ai pas manifesté mon accord. Je n’ai pas refusé non plus. Je me suis laissée faire. Et maintenant, c’est trop tard.

Mais, Monsieur le Rond rationalise. Petit pois a besoin de sortir et moi, j’ai besoin d’être soulagée aussi. On a fait ce qui est le mieux pour nous deux. Quant à ma crainte de ne pas être prête, il me rappelle que je ne serai jamais seule. Qu’il sera là dans mes moments de faiblesse et que tout ira bien. Je ne suis pas ma mère. Il n’est pas son père. On va être des parents, tous les deux, et on fera du mieux qu’on peut.

Il calme enfin mes angoisses. Les contractions s’intensifient encore.

Après deux heures, on regarde mon col. Ca y est. Les choses sérieuses commencent. Mon col est dilaté à 5 centimètres. L’équipe m’assure que le plus long est passé. Je m’accroche à cet espoir.

La naissance d’une merveille – Part two

La naissance d’une merveille – Part three

Le prénom

prenom

Non, je ne vais pas te parler du film (quoi qu’il m’ait bien plu). Je vais te parler de ce choix épineux du prénom de ton futur bébé.

Toi, nullipare (ou en phase de devenir primipare), tu crois naïvement que le plus épineux sera de trouver un compromis avec ton ou ta chéri(e) sur LE prénom que vous kifferez tous les deux.

Et là, je t’arrête tout-de-suite. Cela pourra être le pire problème à gérer à condition que tu respectes une règle simple (mais efficace) : n’en discuter qu’avec le ou la chéri(e) en question. (Remarque, si t’es célibataire, le même conseil peut s’appliquer et ça réduit d’autant les prises de tête).

Si tu prends le risques d’en parler avec d’autres autour de toi, tu prends le risque d’entendre :

– Tata Fernande t’expliquer à quel point « Chloé », c’est vulgaire. Il n’y a même pas une sainte qui porte le même prénom.

– Grand-Père Râleur te sermonner sur la lignée de la famille du Rond, et que si l’on suit l’arbre généalogique de la famille depuis 1675, il n’y a qu’un seul prénom que l’on peut donner, c’est « Virgile » (et d’ailleurs, tâche que ce soit un garçon, hein).

– Beau-père t’expliquer que lui aussi va bientôt (re-)devenir Papa et qu’il a déjà choisi les prénoms avec sa nouvelle copine. « Benjamin » et « Alice » sont donc réservés et tu es priée de trouver autre chose, si l’envie te prenait de donner ces prénoms-là.

– Collègue farceur (mais sérieux) te dire que « Violette », c’est le comble du ridicule. Mieux vaudrait que tu aies un garçon et qu’il s’appelle « Archibald », parce que ça, c’est un prénom qui a de la classe.

– ta mère prononcer le prénom « Arthur » (ce qui te donnera envie de ne jamais prénommer ton fils ainsi)(du coup, ça, c’est peut-être pas plus mal, parce que tu n’es pas sûre que tu aurais pu supporter d’entendre ce prénom à ce point déformé à chaque visite maternelle).

– ta copine t’interdire de donner le prénom de ton choix, « Capucine », parce que c’est justement celui qu’elle a décidé de donner un jour à sa fille, si jamais elle en a une, et que, tu comprends, elle a décidé ça quand elle avait trois ans, alors, s’il-te-plaît, change d’idée.

– Tonton Marcel te démontrer que « Romain », c’est un adjectif, pas un prénom, qu’importent ce que disent les gens. « Et pourquoi pas « Charmant », alors, tant que tu y es ? » (Et bien, oui, pourquoi pas ?)

– la voisine te donner plein d’idées de prénoms et qu’elle serait super touchée si tu en choisissais un de sa liste.

– Oncle Ben t’exhorter, outré, de ne pas lui enlever toutes ses chances de réussir dès la naissance en l’appelant « Célestine ».

La liste ci-dessus n’est pas exhaustive mais tout est réel (si, si ! J’ai même pas changé les prénoms en question).

Bref, à écouter tout le monde, tu n’appelleras tout simplement pas ton enfant. A la maison communale (mairie), tu diras à l’agent « non, on a décidé de ne pas donner de prénom, Petit pois, c’est bien finalement ».

La réponse parfaite à la question « alors, vous avez déjà décidé du prénom ? », c’est « non.. Tu sais comment on est, on fait toujours tout à le dernière minute. Mais, on a décidé de ne pas se prendre la tête, on verra à la naissance du bébé, quand on découvrira sa bouille. On aura peut-être une inspiration ».

Et hop ! Pas de questions relous sur « Allez, mais, dis-moi, s’il-te-plééééééééééé », ou « t’es nul de pas le dire ». Pas de remarques blessantes sur « beurk, ce prénom est vraiment trop laid » alors que c’est ton coup de coeur. Pas de dialogue absurde où on te propose une série de prénoms et où l’autre attend une réponse à l’issue de la discussion.

Journal de grossesse – M-1

Cher Petit pois,

Voilà déjà 8 mois que nous partageons le même corps.

8 mois ! Tu te rends compte ? C’est beaucoup et peu à la fois. Pour toi, c’est énorme : c’est toute ta vie.

Tu prends désormais beaucoup de place à l’intérieur de mon ventre. Mes collègues me font remarquer que mon bidou s’agrandit à vue d’oeil. Je t’avoue que d’ailleurs, je suis désormais incapable d’enfiler mes leggings qui m’ont pourtant tenu jusqu’ici avec largeur. (Tu remarqueras que j’ai eu la brillante idée de commander par correspondance des pantalons de grossesse pile poil avant de ne plus avoir de pantalon à mettre ! Ca c’est du flair de Ronde, Petit pois !).

Durant ces 8 mois, tu as du ressentir beaucoup d’émotions de ma part. Tu apprends, petit à petit, que la vie est faite d’émotions plus ou moins agréables. Ce n’est ni bien ni mal. C’est la vie, tout simplement. Parfois, je me culpabilise de pleurer ou de me sentir mal. Puis, je me rappelle que tu n’y mets pas encore de sentiments négatifs ou positifs et que ce sera notre rôle, à ton père et moi, de t’apprendre à gérer ces émotions qui, je l’espère, ne t’épargneront pas.

Le jour de notre rencontre s’approche à grand pas. Je l’appréhende autant que je l’attends avec impatience. J’ai envie de te voir, de te sentir, de te « partager » avec ton père. J’ai peur de ne plus être la seule chose dont tu aies besoin, de ne plus être le centre de ton petit monde. Ce pouvoir est si envoûtant et si stressant en même temps.

Et puis, j’ai peur du passage, de la transition entre ta vie dans mon ventre et ta vie sur terre. J’ai peur de la douleur. J’ai peur de mal faire. J’ai peur que mon corps ne soit pas à la hauteur. J’ai peur de te faire mal. J’ai peur que tu souffres lors de ton passage. J’ai peur de ne pas gérer la douleur. J’ai peur.

Mais, j’ai confiance aussi. Parce que depuis le début de notre rencontre, nous avons formé une équipe d’enfer, toi et moi. Tout se passe à merveille. Presque pas de couacs. Et les petits couacs que nous avons rencontrés, nous les avons gérés comme des warriors. Pourquoi notre accouchement en irait-il autrement ?

Par contre, j’ai comme un pressentiment. Entre le 3 et le 13 avril, la gynéco, la kiné et ta grand-mère seront en vacances (en même temps, pui, oui. Même si elles ne se connaissent pas et qu’elles ne partent pas au même endroit). Ta naissance est certes prévue pour le 21. Mais, mon petit doigt me dit que tu choisiras pile la semaine où elles seront absente pour pointe le bout de ton nez… Et si tu me contredisais, Petit pois ? 😉

Quoi qu’il en soit, ton père et moi nous préparons, comme nous pouvons, à ce grand bouleversement annoncé très prochainement.

Nous avons dressé ta liste de naissance sur un blog. Nous avons acheté les meubles de ta chambre. Nous avons retrouvé les vêtements de naissance de ton père et ta tante. Nous avons acheté des livres pour se préparer à t’accueillir et à te comprendre.

J’ai même commencé ma valise de maternité. Mais, Milichat a passé une nuit dedans, et je dois tout relaver, rapport à ses longs poils qui se sont incrustés dans tous tes vêtements propres. (Et puis, c’est pas comme si ton père et moi avions l’habitude de tout faire en dernière minute… Hum!).

Niveau choix de ton prénom, on avance bien aussi. A priori, tu devrais en posséder un assez rapidement après ta naissance, promis juré !

En attendant, continue à prendre soin de toi, Petit pois. Et puis, à bouger aussi. Parce que ça me rassure de te sentir bien vivant. (Même si j’apprécierais que tu vises autre chose que mon estomac la journée et ma vessie la nuit, histoire que je puisse manger et dormir normalement).

Des bisous, mon enfant !