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Avoir une mère (ou pas) (J-3)

Il fut un temps où j’avais une mère. Je l’aimais de tout mon coeur.

Je la trouvais belle, drôle, gentille, aimante. C’était la meilleure des mamans du monde. Et personne ne pouvait me dire un mot de travers sur elle.

J’aimais sa façon de fumer. Je rêvais d’avoir un jour des mains aussi jolies. Et de beaux ongles manucurés. J’avais envie de la protéger et de prendre tous les malheurs de notre vie sur moi pour lui éviter des souffrances. J’avais pitié de ses difficultés et je me sentais responsable de ses faiblesses.

Je trouvais normal de manger du pain sec quand elle mangeait des céréales de marques. Elle en avait plus besoin que moi. Je trouvais normal de me faire punir parce que j’avais ouvert son Ciné-télé-Revue avant elle. C’était le sien. Je trouvais normal qu’elle n’intervienne pas quand son mari me maltraitait. Elle avait peur. Je trouvais normal quand elle me disait que c’était de ma faute si son mari me frappait. Elle voulait me protéger et puis, je devais sans doute l’avoir mérité. Je trouvais normal de ne pas pouvoir utiliser ses gels douches. J’avais mes produits d’hygiène (produit blanc) et les enfants ne méritent pas des produits trop coûteux. Je trouvais normal de faire à manger pour toute la famille. Il fallait bien que mes frères et soeurs reçoivent un bon repas chaque jour. Je trouvais normal de m’occuper des langes de mes frères et soeurs. C’était trop difficile pour ma mère. Je trouvais normal de les aider à faire leur devoir. Moi, j’étais encore à l’école, c’était plus facile pour moi. Je trouvais normal qu’elle ait plein de vêtements et plein d’objets alors que moi je n’avais rien. Elle était adulte et les adultes méritent d’avoir plus de choses que les enfants.

Un jour, je me suis réveillé et ce mirage avait disparu.

Je n’avais pas de mère. Je n’en avais jamais eue.

J’avais eu un truc qui vivait à mes crochets et qui ne m’a jamais protégée. Un truc qui m’avait fait du mal. Beaucoup de mal.

Un jour, je me suis rendue compte que je m’étais fourvoyée sur toute la ligne. Qu’il n’était pas normal qu’elle ait fait passer ses besoins avant les miens ou ceux de mes frères et soeurs. Qu’il n’était pas normal qu’elle n’intervienne pas lorsque l’on se faisait battre. Qu’il était encore moins normal qu’une fois son mari parti, elle nous reprochait les coups que nous avions reçus plutôt que nous réconforter. Qu’il n’était pas normal qu’elle se repose sur moi (puis sur les autres) pour tout faire à sa place.

Et je m’en suis voulue d’avoir été aussi aveugle !

Qu’elle conne je devais être pour n’avoir rien vu.

Aujourd’hui, je sais que pour me construire, j’ai eu besoin de ce mensonge. Que je suis celle que je suis malgré elle et grâce à ce mensonge.

Aujourd’hui, je sais aussi que j’ai pu grandir sans maman. Que j’ai appris, malgré moi, à être ma propre mère. Et que je m’en suis finalement pas si mal sortie.

Aujourd’hui, je sais que dorénavant, je n’ai pas besoin de chercher une maman de substitution à travers mes amis ou à travers les mères des autres (comme ma belle-maman). J’ai ma propre mère : moi-même.

Je dois seulement faire le deuil d’un doux rêve qui m’a accompagné durant de longues années…

Trop de plein ou trop de vide ?

Je sais, ce titre n’est pas français. Pourtant, c’est la question que je me pose : Suis-je remplie de trop de plein ou de trop de vide ?

Une discussion avec une amie proche, qui rencontre les mêmes soucis que moi niveau poids, m’a amenée à prendre conscience que le vide que je ressentais était au moins aussi proportionnel que le plein.

Depuis des années, elle ne comprend pas quand je lui dis que je mange pour combler un vide. Et moi, je ne comprends pas ce qui se passe en elle non plus, du coup.

Puis, hier, j’ai compris. Enfin, je crois.

Elle me disait qu’elle se sentait trop pleine d’émotions et autres. Et je le ressens aussi.

Mais, pour ma part, ce qui l’emporte, c’est l’impression d’être trop pleine de vide : l’absence de gestion de toutes ces émotions autrement qu’en mangeant. L’impression que tout le monde sait comment faire face, a reçu les outils pour faire face et moi pas. Je ne sais absolument pas comment gérer mes émotions, si ce n’est en mangeant. Encore et encore. Je me sens vide de l’amour maternel dont j’aurais tellement eu besoin. Je me sens vide de ressources pour m’être suffisante.

Ces derniers mois (années), grâce à Zermati, j’arrive enfin à trouver des pistes. Et je l’avoue : je me sens moins vide qu’avant. Et, par voie de conséquences, je remplis moins ce vide par de la nourriture. N’empêche, ce vide est encore là, à me remplir de rien. Et à m’inciter à manger trop quand les choses ne tournent pas comme je l’aimerais.

Ce qui fait la différence entre mon amie et moi, c’est qu’elle ressent ce vide à l’extérieur d’elle-même quand moi, je le ressens dans mes entrailles. Mais, au fond, la problématique est la même : comment combler un manque ? Comment apprendre, seule, à gérer les douleurs, les frustrations, les émotions sans s’aider de cette nourriture si réconfortante ?

Malgré ces questions qui restent encore sans réponse, je me sens évoluer, grâce à ces petites discussions et réflexions. Je sens que je grandis. Chqaue étape me rapproche de ce que j’aimerais être : une adulte épnaouie et heureuse. Car, enfin, je ne rêve plus de redevenir une enfant. J’ai fait le deuil de cette étape de ma vie. Je fais le rêve de devenir une adulte, avec une âme d’enfant pour continuer à m’amuser et à m’émerveiller d’un rien, une adulte prête à offrir à mon bébé une enfance normale, pleine de bonheurs, de frustrations, d’émotions, de souvenirs joyeux et moins joyeux. Bref, une enfance qui lui donnera les outils pour affronter une vie de grands sans trop de heurts…

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La ronde est de bonne humeur

Je suis d’excellente humeur. La journée a commencé par un super chouette mail pro me remerciant d’un travail aussi long que fastidieux.

Et elle se poursuit avec pas moins de 12 participations à mon petit concours dont je faisais un rappel ici.

 

Le concours étant ouvert jusqu’à demain, je ne désespère pas d’arriver à 20 participations (je serais aux anges).

 

Quoi qu’il en soit, malgré plein de contrariétés qui n’ont cessé de semer des embûches tout au long de cette journée, j’ai décidé de ne me concentrer que sur le meilleur.

Ce mail pro, dont je parlais plus haut.

Un verre à partager avec une copine, ce soir.

Des fleurs, qui égayent mon bureau depuis lundi, grâce à mon mari-chéri qui a eu la délicatesse de m’en offrir.

Mes règles, annonciatrice de l’absence de bébé dans mon ventre (parce que tout compte fait, ce n’est peut-être pas le moment idéal).

Mon bronzage, encore présent sur ma peau et qui me rappelle ces vacances tant attendues et tant savourées.

Le nombre de mes abonnées HC qui ne cesse de grimper (59, les amis !).

Mon chéri qui m’attendra à la maison, avec un petit repas concocté par ses petites mains (et quand on sait qu’il est bon cuistot, on comprend que je me régale d’avance).

 

Bref, que des petites choses, certes, mais de celles qui font le sel de la vie.

Sur ces belles paroles, profitez bien de la vie et n’hésitez pas à prendre la plume pour raconter une anecdote ! 🙂

La ronde t’offre un coffret surprise

Depuis la création de mon (petit) blog, j’ai créé un profil Hellocoton.

Et la plupart de mes lecteurs viennent de cette plateforme, à en croire mes statistiques, d’ailleurs.

Mais, pourquoi me suis-je inscrite à Hellocoton ?

Pas seulement pour faire connaître mon blog.

Certes, Hellocoton (HC pour les intimes) est une plateforme merveilleuse pour faire la pub de son blog.

Mais, HC est surtout une plateforme merveilleuse pour découvrir plein de chouettes blogs, notamment grâce à la Une quotidienne, composée d’article sélectionnés par la Team d’HC qui choisis, souvent, des blogs qui en valent la peine.

Evidemment, il en faut pour tous les goûts et je ne suis pas toujours convaincue par certains choix. Mais, chaque jour, je découvre quand même de chouettes blog grâce à eux.

Et puis, soyons francs, sur HC, les choses sont assez simples. Parce que bon, je ne suis pas méga fan des trucs hyper compliqués où tu dois cliquer 25 fois sur des liens bizarres et introduire un nombre incalculable de données, la moitié du temps dans une autre langue, pour avoir accès… à la page d’accueil.

Non, sur HC, tu crées ton profil en quelques minutes, tu introduis l’adresse de ton blog, si tu en as un et hop ! A toi la blogosphère hellocotonnienne. Si tu as des questions, la team te réponds. Toujours assez vite. Et il y a même une FAQ assez bien foutue pour les questions récurrentes. La Une te permet de découvrir les blogs sélectionnés. Ils sont classés par catégorie. Si tu aimes bien un blog, tu t’abonnes à sa page. Tu peux même lui écrire un petit mot sur son profil. Et tu peux cliquer sur « J’aime » à la manière de Facebook.

Bref, le nirvana de la paresseuse qui, comme moi, vient passer un bon moment sur le net avec l’objectif clair de ne pas se prendre la tête.

Pourquoi je te parle de ça ? Parce que depuis hier, j’ai 50 abonnées sur HC.

Et 50 abonnées, ça se fête, non ?

Alors, à cette occasion, j’organise un petit concours.

Les règles sont les suivantes :

Tu racontes une anecdote sur ton enfance, en commentaire ou sur ton blog (mais, tu me préviens par commentaires, sinon, je risque de pas le voir et ta participation ne comptera pas…). Le délai est le 25 avril à minuit au plus tard.

Si tu as un blog, n’hésite pas à me donner le lien, car je rédigerai un petit billet récapitulatif, avec toutes les anecdotes (et je t’en filerai une sur moi au passage).

Je compterai maximum une participation par personne.

Et je tirerai au sort le ou la gagnante.

Le cadeau sera mon éternelle reconnaissance.

Non, je plaisante.

Un petit coffret surprise d’une valeur de +/- 20 euros, que je composerai selon les informations que j’ai sur la personne (en échange de mail ou via son blog à elle).

 

Voilà voilà.

J’espère que vous serez nombreux à participer !

 

Allez, à vos claviers pour me raconter vos anecdotes d’enfance !! 😀

La ronde se définit par son passé ?

Je ne me définis pas par mon histoire. J’ai vécu des choses tragiques, certes. J’ai eu une enfance que l’on peut qualifier de difficile, certes. Mais, je m’en suis sortie. J’ai été plus forte que tout cela. J’ai réussi des études que l’on estime de haut niveau, j’ai un job, un bon job, je suis devenue propriétaire de mon chez-moi, je suis mariée, je vais bientôt fonder une famille. Bref, j’ai réussi ma vie.

Je ne suis plus cette enfant apeurée, qui se sentait tellement à l’écart du monde réel. Je n’ai plus rien de commun avec cette enfant-là.

Sauf que tout cela est un leurre. Mon passé m’appartiendra toujours. Je suis le fruit de la somme de tout ce que j’ai vécu, le bon comme le mauvais.

Je suis de celles qui plissent les yeux dès qu’on s’approche trop et trop vite d’elle, je suis de celles qui ne peuvent plus manger dans l’assiette de quelqu’un, fusse-t-il son mari, je suis de celles qui font une crise d’hystérie à la vue d’un cafard, je suis de celles qui ont besoin d’avoir une réserve de nourriture chez elle pour se rassurer qu’elle ne manquera de rien, je suis de celles qui mettent une dizaine de minutes, nue, avant de pouvoir entrer dans une douche et se mouiller le corps, je suis de celles-là.

Pas parce que j’ai eu une enfance normale. Mais parce que mon parcours de vie est le mien. Il n’est ni pire ni meilleur que bien d’autres. En réalité, j’ai même la chance de pouvoir identifier les causes de ces troubles, plus facilement que ceux qui en souffrent sans avoir eu mon histoire.

Mais, à jamais, mon passé résonnera dans tout ce que je fais et, par conséquent, dans tout ce que je suis.

Même si je ne me définis pas par mon passé, celui-ci me définit quand même. Parce qu’il a fait de moi ce que je suis. Il a façonné ma personnalité aussi sûrement que l’eau creuse le lit de la rivière, caillou après caillou.