Archive | septembre 2013

Allaiter, un choix

Lorsque nous parlions bébé avec le Rond, j’ai découvert qu’il était essentiel pour lui que j’allaite. Pour moi, lait en biberon, ou lait au sein, c’était du pareil au même. C’était du lait, non ?

Il m’a appris que la composition n’était franchement pas comparable, rien que par la présence d’anti-corps dans le lait maternel. Et je me suis dit pourquoi pas.

Au fil de mes recherches sur différents sujets, j’ai appris qu’il n’y avait pas que concernant les anti-corps que la composition différait. Huile de palme, fer, vitamines… Ce lait artificiel commençait à m’interroger de plus en plus.

Puis, Petite poite est entrée dans mon ventre. Je me suis dit que je voulais tester l’allaitement. On verrait bien. Après tout, même si le lait artificiel, c’est pas le top, il y a plein d’enfants qui grandissent avec ça, et ils n’en meurent pas. Je ne me mettais donc pas la pression.

Lorsque Petite poite est née, l’allaitement n’a juste pas pu être possible. Ca me faisait atrocement trop mal. C’était ingérable. Je me sentais envahie par mon bébé, par cette douleur. J’en ai pleuré. J’avais l’impression de rejeter mon enfant, et en même temps, je ne pouvais pas l’allaiter. Même avec la meilleure volonté du monde, avec cette douleur, ce n’était juste pas possible.

C’était une situation que je vivais comme un échec. Chaque biberon donné me renvoyait à mon incapacité à faire les choses « normalement ». Très vite, j’ai décidé de tirer mon lait. Et j’étais fière de donner de mon lait à boire à mon enfant.

Quelques semaines plus tard (3, pour être précise), j’ai pu mettre Petite poite au sein pour la première fois. Grâce au soutien indéfectible du Rond. Et des conseils d’une super sage-femme. Je me sentais fière. Je nourrissais mon enfant. Certes, les tétées étaient physiquement désagréables. Mais, je me sentais à ma place.

Au fil du temps, l’aspect désagréable a cédé la place à un léger inconfort physique, puis à une indifférence pour arriver à un moment plutôt agréable (bon, je ne parle pas d’orgasme, mais d’un moment agréable, passé avec ma fille).

Dans quelques jours, Petite poite aura 5 mois (déjà ?!). Et je sais que j’ai envie de continuer à allaiter longtemps.

Mais, je sais aussi que sans le soutien du Rond, cela n’aurait pas été possible. Et sans les conseils distillés par la Leche League, non plus.

La fin d’une pause

Depuis début avril, j’ai arrêté de travailler. Mon congé de maternité a débuté, et j’ai attendu la naissance de mon Petit pois, qui s’est avéré être une Petite poite. Puis, la fatigue aidant, mon congé mat’ s’est prolongé d’un mois puis d’un second.

Aujourd’hui, c’est la fin de cette pause, bien méritée. Lundi, je reprends le chemin du travail. Un travail qui me plaît sans me plaire.

Comment pourrais-je trouver que répondre à ds questions juridiques puisse être plus intéressant que m’occuper de ma toute petite qui m’attend avec impatience, dans les bras de sa puéricultrice ?

C’est presque drôle, parce qu’il y a encore 5 mois d’ici, je n’aurais jamais cru ressentir ça ! Je suis une femme indépendante, et j’ai toujours aimé travailler. Aujourd’hui, je me sens maman, et mes obligations de femme active me semblent dérisoires. Je serais prête à revendre tout ce que j’ai pour vivre ma vie avec ma fille (et pourquoi pas d’autres enfants). Les élever, leur donner de l’amour, les entourer.

Je me sens femme quand même. Avec mon mari que j’aime. Avec les autres membres de ma famille, envers qui je me sens enfin adulte.

Quelque part, je crois que le féminisme s’est trompé de cible. L’égalité en droit ne signifie pas renier ce qui différencie foncièrement les hommes des femmes.

Il y a 4 mois et demi, j’ai donné la vie. Il y a 4 mois et demi, ma vie a changé de sens. Et la société dans laquelle j’évolue depuis toujours ne me permet pas de m’épanouir dans cette nouvelle vie qui est la mienne.

Alors, depuis quelques mois, le Rond et moi nous posons beaucoup de questions sur notre avenir. Nous ne nous voyons pas continuer à nous lever chaque matin pour un boulot plus alimentaire qu’autre chose. Nous voulons trouver un sens à notre job. Parce que nous avons trouvé un sens à notre vie et que nos jobs sont incompatibles avec ça.

Pour ma part, je vais me tourner vers l’enseignement. A la rentrée 2014, je devrais être « Madame la Ronde, enseignante », et  non plus « Madame la Ronde, Juriste ». Et puis, d’ici là, peut-être que d’autres changements encore auront eu lieu ! 🙂