Archive | juin 2013

Mon Papa à moi est un gangster !

J’adorais cette chanson quand j’étais petite !

« Mon papa à moi est un gangster. Mon papa à moi est un gangster. Il fait partie du Ministère Amer. ».

Mon papa à moi, il a fait de la prison. Pour rien de grave. Des états d’ivresse sur la voie publique. Mais, j’aimais croire que c’était un gangster. Un gangster moderne du style « Robin des bois ». Un de ces gangster qui volent aux pauvres pour donner aux riches.

Mon papa à moi, il croyait en moi. Il me disait belle et intelligente. Dans ses yeux, je me voyais policière, prof, médecin, la reine du monde.

Il disait à qui voulait l’entendre (et même à ceux qui n’en avaient rien à fiche) à quel point j’étais la meilleure.

Dans notre famille, au pays, il m’a décrite comme la première de classe. Certes, en primaire, j’étais première. Mais, très vite, j’ai cédé cette place à d’autres. Sauf aux yeux de mon père.

Lorsque je suis entrée à l’Université et que j’ai réussi ma première année (avec une moyenne juste bonne pour passer), il a raconté à tout le monde que j’avais fini avec les meilleures mentions. Un petit mensonge, pour ces gens qui vivent loin de nous (et qui, pour la plupart, ne me connaissent pas). Mais, la preuve de la fierté de mon père à mon égard.

Mon papa à moi, c’est celui qui s’est battu toute sa vie pour me sortir de la misère dans laquelle je vivais avec ma mère. C’est celui qui s’est battu malgré le système si peu favorable aux pères et qui l’a relégué au rang d’emmerdeur, lui qui avait pourtant raison. Lorsque le système lui a interdit de me voir, il n’a pas baissé les bras. Il s’est battu malgré tout. Pour moi. Par amour.

Lorsque j’ai repris contact avec lui, je ne savais pas tout ça. Ma mère l’avait décrit comme le méchant, le vilain. Alors, je ne l’aimais pas. Une partie de moi avait oublié ces jeux que nous partagions dans mon enfance. Une partie de moi croyait que c’était lui dont je devais me méfier.

Alors, les deux années durant lesquelles j’ai vécu chez lui ont été sous le signe du conflit. J’étais une adolescente en crise. Une adolescente de 20 ans, certes. Mais, une adolescence un peu tardive.

Mon père m’a laissée être cette adolescente avec lui. Il m’a aimé malgré les crises. Il m’a aimé malgré les critiques, si injustes que je lui assénais. Il voulait, je crois, me laisser le temps de comprendre par moi-même le rôle qui avait été le sien. Il se refusait à entrer dans le jeu de ma mère et à la critiquer. Alors, il a accepté sans broncher tout ce que je lui ai dit. Il attendait, sans doute, que je sois assez grande et assez forte pour entendre que ma mère n’était pas celle que je croyais.

Malheureusement, la vie ne lui a pas laissé le temps de me voir grandir. Il n’a pas pu être présent lorsque la vérité sur ma mère m’est apparue. Il n’a pas pu me prendre dans ses bras pour me dire à quel point il était désolé pour moi. Et à quel point il m’aimait.

Une erreur médicale l’a emporté, trop tôt, il y a déjà 6 ans.

A sa mort, j’ai rencontré sa famille. Ma famille. Et j’ai découvert un homme que je ne connaissais pas. J’ai vu tout l’amour qu’il avait pour moi.

J’ai longtemps regretté de n’avoir pas compris plus tôt.

Aujourd’hui, je suis maman. Je sais que j’aimerais faire le même choix que lui, si c’était nécessaire. Et que je n’en voudrai pas à Petite poite. Il m’a laissée être moi. Il m’a laissée être une adolescente lorsque c’était ce dont j’avais besoin. Il m’a laissée être une enfant. Son enfant.

Combien de parents sont près à renoncer à la reconnaissance de leur enfant pour le laisser grandir à son rythme ?

J’ai eu le meilleur papa du monde et je ne m’en suis pas rendue compte.

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Alors, avec quelques années de retard, et à travers l’autre monde, Papa, je tiens à te dire que je t’aime…

L’e-reputation de nos tout-petits [VI]

Lorsqu’on devient parent, la chair de sa chair devient la 8ème merveille du monde. Que dis-je ? Il ou elle devient la première méga-super merveille de l’Univers entier.

On en est fier. On veut le/la montrer à tout le monde !

« T’as vu, il est beau, hein ? » « Oh, n’est-elle pas merveilleuse ? »

(Et gare à celui ou celle qui osera te contredire)(d’ailleurs, personne  n’ose vraiment te contredire, dans les premiers temps)

Depuis quelques années, le web est devenu notre meilleur ami. Mais aussi la plateforme privilégiée pour communiquer, que ce soit avec nos proches ou avec de parfaits inconnus (qui deviennent parfois des amis, avec le temps).

Alors, la tentation est grande d’exposer nos tout petits sur les réseaux sociaux, sur nos blogs, bref, sur la toile.

Or, c’est la réputation sur internet (ou l’e-réputation) de nos enfants que nous mettons en jeu. Et si ce n’était pas du goût de nos enfants plus tard ? S’ils nous le reprochaient un jour ?

Dans le journal « Le Ligueur » n°13 de 2013, un article concerne le sujet. Il rappelle que les parents sont propriétaires de l’image de leurs enfants jusqu’à leur majorité. Mais, il souligne également :

« Oui, c’est mignon, une photo de sa petite fille toute nue dans le jardin, lorsqu’il fait beau… Mais, c’est mignon si ça reste dans le cercle de la famille. Une fois qu’on a « balancé » la photo sur Facebook, ce sont peut-être 1 000 personnes qui la voient toute nue. Nudité, pipi au lit, bagarre, mini-miss, sportif ou supporter… Il faut garder en tête que, un jour, nos gamins seront grands. On sait combien l’image est importante à l’adolescence, quand on rencontre quelqu’un ou lorsqu’on postule pour un job. »

J’avoue que, pour ma part, je n’apprécie pas quand ma mère se permet de publier des choses à mon sujet sur internet (j’ai d’ailleurs mis les choses au clair très vite, parce que ma vie ne regarde que moi). Bien sûr, je ne suis pas née avec internet. Peut-être nos enfants réagiront-ils différemment ?

Mais, pour ma part, je préfère m’abstenir de coller une image sur le visage de ma fille sur le net. Son père a mis 3 photos d’elle à la naissance sur Facebook. C’est déjà un peu beaucoup pour moi, mais, c’est vrai que cela a permis de la montrer à ceux qui vivent loin. Cela dit, je préfère envoyer une photo par mail que l’afficher sur un réseau social. (Vision que mon chéri ne partage pas, même s’il la respecte)(c’est beau l’amour).

De la même manière, son identité est (et restera) cachée sur mon blog. Si un jour, elle veut mettre son nom sur la petite fille de mes écrits, libre à elle mais ce sera son choix (comme si mon blog existera encore quand elle sera en âge de décider)(cela dit, ce serait drôle).

Et toi ? Tu en penses quoi ? Tu crois qu’on fait tout un foin pour pas grand-chose ? Ou préfères-tu ne pas entacher la réputation virtuelle de ton enfant ?

Venez en discuter sur le blog des vendredis intellos !