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La ronde change de médecin

Depuis bientôt trois ans, j’ai le même médecin. Une jeune femme plutôt sympa. Qui est très gentille. Avec qui le contact passe bien. Mais qui exerce dans une maison médicale tout proche de mon ancien chez-moi mais très éloignée du nouveau. 50 minutes de transport en commun quand on est malade, pour voir son médecin, ce n’est glop. Ni top.

Depuis 6 mois, donc, je galère à trouver un médecin lorsque j’en ai besoin. Pas que je passe ma vie à être malade. Mais, mon corps a choisi cette période particulièrement inopportune pour faire des caprices… Heureusement, mon chéri connaît un médecin qui nous a dépanné entre temps, mais ce n’était pas une situation très agréable et ce n’était pas destiné à durer.

Il était donc temps de prendre contact avec un médecin qui deviendrait, à terme, notre médecin traitant.

Au détour d’une promenade avec Princesse, j’ai découvert qu’un médecin homéopathe exerçait à deux pas de chez moi. Une médecin, pour être précise. J’ai noté son numéro et ai pris RDV.

 

Honnêtement, en appelant, je me suis dit qu’elle allait me prendre pour une folle : je ne suis pas malade. Mais, je voulais avoir un premier contact avant de décider si je mettais mon sort (médical) entre ses mains. Parce que, faut pas déconner, si le contact passe aussi bien qu’avec le médecin que ma mère avait choisi, quand j’étais ado, je préfère me soigner toute seule avec des plantes plutôt que d’être confrontée à tant de froideur et de dédain.

Je me rappelle que cette femme (décidément, je ne me fais soigner que par des femmes…) me regardait toujours d’un air méprisant. Elle estimait que j’inventais. Des douleurs. Des maladies. Lorsque je la consultais pour des douleurs inexpliquées (au genoux, par exemple), elle m’assénait d’un ton sans appel que c’était dans ma tête et que ce n’était rien de grave. Elle me considérait comme hypocondriaque, je suppose. Je ne l’étais pas.

A force, je le suis devenue. J’ai développé une peur d’avoir une maladie qu’un médecin ne décèlerait pas. Je savais, à l’avance, que quoi que je lui dise, elle ne me prendrait pas au sérieux.

Lorsque j’ai été en âge de choisir mon médecin, j’ai consulté son confrère, du même cabinet, qui était beau comme un Dieu (c’est pas un critère ?), et qui me prenait au sérieux, lui.

Les années qui ont suivi, j’ai découvert que mes douleurs (« inventées ») aux genoux étaient due à un déplacement de ma rotule. Après cinq minutes et trois manipulations chez un kiné, ces douleurs ont disparu (malheureusement provisoirement et je dois régulièrement procéder aux manipulations que le kiné m’a montrées)…

J’ai découvert que mes douleurs (légères) au bas-ventre étaient dues à des ovulations répétées durant mon cycle. Rien de grave, si ce n’est que je risque plus facilement de tomber enceinte.

J’ai découvert que mes autres douleurs au ventre (moins régulières mais plus violentes) étaient dues à des intolérances alimentaires. Depuis que je m »interdis certains aliments, elles ont purement et simplement disparu.

Si cette femme m’avait prise au sérieux dès le début, j’aurais sans doute un peu plus confiance dans le corps médical. Et j’aurais évité des douleurs aussi inutiles que désagréables. Mais le fait est que ça n’a pas été le cas.

Pour en revenir à mon RDV, j’ai cru que cette femme médecin homéopathe me prendrait pour une folle de prendre rendez-vous sans être malade.

Mais, non. Au contraire. Elle a trouvé ça normal.

« Je salue votre démarche. Les patients devraient faire ça plus régulièrement. Trop souvent, je vois des patients pour la première fois alors qu’ils sont malades et je dois découvrir leur dossier tout en prescrivant le bon traitement et en analysant leurs antécédents, le tout en 20 minutes chrono…  »

Un bon point pour elle.

Maintenant, je croise les doigts pour que cette entrevue se passe bien.

 

Et toi ? Tu as déjà eu des mauvaises expériences avec un médecin ? Tu as un médecin traitant ? Ou tu préfères aller en clinique ? Tu as déjà appelé un médecin juste pour « prendre contact » ? Tu penses que je suis folle ?

La ronde mange un peu trop

Chaque jour, une petite bouche en trop suit une autre petite bouchée en trop qui en suit une autre et ainsi de suite.

Mon corps, ne sachant que faire de toutes ces bouchées, les planque en réserve au cas où.

Au cas où quoi, on se le demande.

Non, parce que, vu ma masse corporelle, je brûle plus de Kcalories par jour qu’une personne « normale ». Et mon corps a besoin de pas mal d’énergie pour déstocker la graisse. En toute logique, je mourrai plus vite en cas de famine. C’est malin !

Mais, je suis comme ça. Je garde en réserve. Au cas où.

Mon corps ne fait qu’imiter mon comportement habituel, en somme. Chaque jour, passent devant moi des objets que je planque en réserve, au cas où. Mais, là n’est pas le sujet du jour.

Ces derniers temps, mon poids a sensiblement augmenté. Combien ? Je n’en sais rien. Je ne me pèse plus. Depuis que je zermate (même à moitié), mon poids reste assez stable et la pesée ne m’apporte plus grand chose. Mais, je sens, à mon ventre et à une foutue vergeture qui commence dans le creux de mon bras gauche, que j’ai pris quelques kilos. Pas des tonnes, hein. Pas de quoi s’alarmer. M’enfin, quand même.

Je traverse, en ce moment, une phase extrêmement pénible en même temps qu’extrêmement joyeuse de ma vie. C’est un peu difficile à comprendre, mais pourtant, c’est exactement cela.

Je n’arrive pas à m’arrêter à ces choses si positives, parce que je suis en train de changer. En quelques mois, j’évolue autant qu’un enfant qui devient adulte en passant par sa phase d’ado.

Il y a pas mal d’étapes que je n’ai pas vécues, petite, parce que je ne pouvais pas me le permettre. Comment faire une crise d’ado, quand ta mère a pondu 5 enfants après toi mais est en dépression telle que tu dois prendre le relais et devenir leur « maman de substitution » ? Comment être une ado qui tombe amoureuse quand, à la maison, un homme te court après et que tu dois, sans cesse, te protéger pour qu’il ne te saute pas dessus ? Comment faire des bêtises d’ado ou d’enfant, quand tu te prends déjà des coups pour un oui ou pour un non ?

Alors, j’ai été une ado sans problème. Le genre d’ado que les profs adorent. Celle qui fait certes ses devoirs en retard, sur un coin de table le matin. Mais qui écoute en classe. Qui ne crise pas pour un rien. Qui ne fume pas. Qui ne se drogue pas. Qui ne sèche pas les cours.

La seule prof qui ne m’aimait pas c’était la prof de gym. (Là, j’exagère un peu, j’ai eu d’autres profs qui ne m’aimaient pas, mais, pour d’autres raisons et il y a eu des profs de gym intelligents aussi parmi ceux que j’ai côtoyés). Parce que j’étais de celles qui, trop grosses, peinaient à faire les exercices imposés. Heureusement, on n’était pas nombreuses à être grosses. Et heureusement, la Ronde n’avait pas encore une grande bouche à l’époque. Elle n’osait pas affirmer trop fort que ses 3 kilos en trop (puis 5 puis 10) n’étaient pas la cause de ses difficultés mais un asthme du à une pneumonie mal soignée parce que ses parents n’avaient pas jugé utile de poursuivre les séances de kiné.

Alors, ces étapes, je les vis maintenant. Je me rebelle. Je dis stop. Je dis non.

Sauf que je dois apprendre en quelques mois à poser des limites ni trop lâches ni trop stricte. Je dois apprendre à me faire respecter sans m’imposer. Je dois apprendre toutes ces choses que l’on apprend ado, sans s’en apercevoir, sauf que moi, je suis adulte et qu’il y a beaucoup de choses que l’on ne pardonne pas à un adulte, qui est censé savoir que telle ou telle chose se fait ou non.

Je vis des métamorphoses en complète inadéquation avec mon âge mais parfaitement indispensables pour devenir, un jour, une jeune femme épanouie et une maman heureuse.

J’ai l’impression que mes amis ne comprennent pas ce besoin. Je m’éloigne, petit à petit de tout ceux qui comptent tellement pour moi, mais que je ne veux pas faire souffrir.

Alors, je mange. Au-delà de ma faim. Quand j’en prends conscience, j’arrive à m’arrêter. Mais, il me faut souvent plusieurs bouchées avant d’en prendre conscience. Plusieurs fois, ces derniers jours, j’ai re-mangé au point de me sentir mal. Cela ne m’était plus arrivé depuis longtemps…

 

Heureusement, dans cette même période, je me suis mariée, je suis devenue proprio et je suis partie en voyage de noces. Trois beaux projets menés de front. Avec plus ou moins de brio. Avec beaucoup de difficultés, surtout.

 

Je ne suis pas sûre que c’était la meilleure période pour entamer ces projets, parce que je ne suis pas certaine d’être à même d’en profiter. J’en garde, parfois, un souvenir amer, plus qu’heureux. Amer de tout ce qui a entouré le projet, malgré le bonheur du projet lui-même.

Alors, je mange, pour oublier cette tristesse. Pour m’oublier moi, aussi, un peu. Pour m’évader loin de cette réalité qui me fait souffrir. Sauf que manger me fait souffrir aussi. C’est con…

 

Mais, c’est un fait : je mange trop…

 

EDIT : Je suis consciente de dévoiler, ici, des choses très personnelles et très graves. Mais, je sais aussi que je suis loin d’être la seule dans ce cas. Et que, peut-être, un jour, quelqu’un passera par ici et se sentira concernée… Et que ce quelqu’un osera, à son tour, en parler. Pour ne pas rester dans le mutisme et dans la honte.

La ronde veut avoir un bébé

Oui, c’est dit. j’aimerais avoir un bébé.

Mais, je suis ronde.

Et quand on est ronde, on ne fait pas de bébés.

Enfin, ce n’est pas aussi simple et réducteur.

Quand on est ronde, les médecins estiment que tu auras plus de difficultés à avoir un bébé. Et aussi que la ronde n’a aucune volonté de maigrir. Alors, quand ils apprennent que tu aimerais fonder une famille, les médecins se disent qu’ils viennent de mettre le doigt sur l’Argument à invoquer : pas de bébé tant que tu n’as pas perdu du poids.

Comme si « perdre du poids » était d’une évidence rare…

Pour ma part, j’ai décidé que mon poids n’était qu’un symptôme. Et que c’est le mal que je dois guérir pour faire disparaître le symptôme.

A quoi bon s’empêcher de tousser quand on a un rhume ? Vaut mieux soigner le rhume, non ? Pourquoi en serait-il autrement de mon poids ?

Mais, je ne vais pas mettre ma vie et mes projets entre parenthèses tant que je n’aurai pas soigner mes blessures.

Alors, j’ai arrêté les moyens de contraception et advienne que pourra…