Archives de tags | changement

L’avenir ne peut qu’être meilleur ?

Petite, je me disais souvent ça. Je croyais fermement en l’avenir. J’y dépensais toute mon énergie, au détriment du présent qui n’était pas très glorieux.
Aujourd’hui, je découvre le maintenant, le « au-jour-le-jour » et je commence à apprécier.

Les efforts que j’ai consentis durant toutes ces années ont menés leurs fruits : j’ai un bon diplôme, dans une matière que j’aime, un job, un mari, un chat et un chien, un appartement. Le cliché ambulant, à l’exception de la maison avec jardinet, quoi.

Aujourd’hui, j’ai donc tout à perdre.

Avant, je ne réfléchissais pas mille ans. Une situation ne me convenait pas ? Je fonçais tête baissée pour la renverser à ma convenance. Et souvent, avec succès.

Aujourd’hui, je me tâte, je mesure le pour et le contre. J’hésite.

Il y a les factures, à la fin du mois. Il y a mari-chéri. Il y a la famille que nous sommes en train de construire. Je ne peux plus me permettre de n’en faire qu’à ma tête, de prendre des risques inconsidérés.

Pourtant, une petite voix au fond de moi me dit que je suis trop jeune pour m’encroûter déjà. Une petite voix m’affirme que lorsqu’on a des projets et qu’on s’y donne à fond, il ne peuvent pas échouer. Jamais. Au pire, ils ne se développent pas comme on l’espérait (mais avec du recul, on découvre que l’orientation qui a été prise nous a été bénéfique). Une petite voix au fond de moi me rappelle que j’ai toujours eu une étoile, un ange-gardien qui prenait soin de moi et me guidait vers les bons plans.

J’ai toujours eu une sorte d’instinct. Il y a eu des fois où je savais que je ne devais pas m’inquiéter. Comme quand j’ai signé mon contrat de bail, à la fin de mes études, sans avoir, encore, le contrat de travail qui allait avec. Je savais que je devais sauter sur l’occasion. On verrait la suite plus tard. Ou la fois où j’ai failli m’engager dans la construction d’un appartement. Je ne le sentais pas. Au fond de moi, il y avait cette certitude que quelque chose clochait, alors même que les pros (même une qui était totalement étrangère au projet) me certifiaient que c’était un placement sûr.

Cet instinct ne sévit pas à la demande. Il apparaît, comme ça, sans crier gare. Et soudain, je sais que c’est le bon choix. Car il ne m’a encore jamais trompée. Jamais.

Mari-chéri a fait l’objet de ce fameux instinct. Dès que je l’ai vu, j’ai su. Il y avait là une personne qui serait importante pour moi et avec qui je devais garder le contact. Est-ce à dire que je savais déjà que je l’épouserais ? Bien sûr que non. Simplement qu’il était important pour moi.

 

Mais, depuis quelques mois, cet instinct se fait plus discret. Est-ce moi qui ne l’écoute plus ? Est-ce que je m’éloigne à ce point de moi-même qu’il ne prend même plus la peine de se manifester ? Je crois que quand j’aurai trouvé ma voie, il sera là, à nouveau, pour me guider sur mon chemin. Mais, pour cela, je dois prendre des risques. Oser le changement.

Après tout, demain ne peut qu’être meilleur, non ?

 

La ronde se jette à l’eau

Ca y est, j’ai(re) commencé à postuler.

Je me rends bien compte que je n’aime plus mon travail.

J’y vais les pieds de plomb.

Je ne m’y sens pas valorisée. Certains jours, je n’ai presque rien à faire (si, si, c’est possible et c’est trèèès ch*ant !).

On ne me donne aucun dossier compliqué « parce que je n’ai pas encore assez d’expérience ». En même temps, je ne risque pas d’en avoir, comme ça. J’ai pourtant un bon diplôme, obtenu avec distinction, ce qui n’est pas si mal, non ?

Je n’ai aucun contact avec les clients. Quand j’en ai, c’est pour répondre que je ne peux pas répondre et que je dois attendre l’aval de ma hiérarchie (youpie).

Je n’y épanouis plus.

La seule chose vraiment chouette, ce sont mes collègues. J’aime bien l’ambiance de mon boulot et le groupe que l’on s’est créé, autour des repas de midi et qui s’est développé aux week-ends et soirées. Mais, on ne reste pas à son job pour ça.

L’autre truc pas mal, aussi, ce sont les conditions de travail. Mais, je crois que je préfèrerais travailler plus et être plus épanouie. Après tout, on passe 38 h par semaine assis derrière un bureau. Autant que ces heures soient agréables.

Bon, j’ai postulé. Ca ne veut pas encore dire que je change de boulot. Ca ne veut même pas dire que j’accepterai autre chose si l’opportunité se présente. Cela veut juste dire que je m’ouvre des portes et que je déciderai en temps voulu…
N’empêche, j’ai hésité longuement avant de cliquer sur « envoyer »…

Le changement, c’est angoissant. Même quand on n’est pas heureux…