Archive | mars 2014

De la féminité

C’est quoi être féminine, aujourd’hui, en 2014 ?

C’est porter une jupe ? Être mère ? Avoir les jambes rasées ? Porter les derniers vêtements à la mode ? Être en couple ?

Depuis quelques mois, je suis sur le chemin de ma féminité. Ma maternité m’a ouvert cette porte-là, m’a mise en contact avec cette part de moi dont j’ignorais l’existence.

Je ne pense pas que la maternité soit une obligation pour y parvenir. Simplement, pour moi, ça a été le déclencheur d’une profonde remise en question.

Aujourd’hui, je me sens femme. Et belle. Pas belle comme dans les magasines. Mais, d’une beauté plus profonde. Je m’aime. Après presque 30 ans, il était temps.

Pourtant, je ne me rase plus les jambes, chez moi je ne porte plus de sous-vêtements,  je me maquille peu, … Je suis loin du cliché féminin vendu par les médias.

Car la féminité, c’est bien plus que cela. En tant que femme, je me sens reliée à quelque chose de fort, de transcendant. Mon corps a la capacité de porter la vie, de nourrir mon enfant. Mais pas que. Il a la capacité de réfléchir, d’agir. J’ai pris conscience de tous les possibles de ma personne.

Je suis plus en paix avec moi.

Bien sûr, certains jours, je replonge dans ma mélancolie, fidèle amie depuis longtemps. Mais, petit à petit, j’évolue, je progresse.

Je suis une petite fille, une femme, une mère, une amie, une soeur, une épouse, une compagne. Je suis multiple et unique.

Certains jours, je n’ai que mépris et haine contre moi, contre mes défauts, contre mes imperfections. Puis, je me souviens que je ne suis pas destinée à être parfaite mais à être entière. Parfois, ça me prend une heure, parfois une semaine. Mais, cette seconde pensée revient de plus en plus vite, comme un automatisme qui se crée.

Je suis femme. Et c’est plutôt chouette, en fait, de grandir…

Et toi ? Tu te sens femme ? (ou homme) ?

Comment vis-tu ta féminité ? (ou ta masculinité) ?

Brèves de Petite poite

*** Petite poite a presque 11 mois. Je n’ai presque pas vu le temps s’écouler. Je veux dire, hier encore, j’étais enceinte, quoi.

*** Pour la Saint-Nicolas, elle a fait ses premiers pas en rampant ! Depuis, elle cavale en mode para-commando : elle file plus vite que son ombre, en rampant au sol. Le quatre pattes, c’est has been !

*** Depuis janvier, elle se met debout. J’ai parié avec le Rond qu’elle ferait ses premiers pas fin janvier. C’était sans compter que Petite poite est contrariante (rappelez-vous sa grossesse). On est mi-mars et elle ne marche pas encore. (Je sais qu’il est super tôt, hein. Je ne suis pas du genre à la faire avancer plus vite qu’elle n’en est capable. Simplement, vu la vitesse d’évolution entre décembre et janvier, j’ai vraiment cru qu’elle passerait à la marche fin du mois).

*** Quand elle se met debout, ses petites jambes tremblent. C’est qu’elle a encore besoin de se muscler le popotin, la miss ! 😀 Mais, elle adore se mettre debout, juste pour le plaisir. Bon, après, il faut se rasseoir, et ça, c’est une autre paire de manche ! Mais depuis quelques jours, elle a compris (enfin) le truc ! Ouf !

*** Elle adore manger. Surtout ce que son père et moi avalons ! Le truc pour lui faire manger ses premières panades de fruits, ça a d’ailleurs été de la manger avec elle. Car autant elle dévore les légumes, pommes de terre, pâtes, et autres mets « salés » (je ne rajoute pas de sel quand c’est pour elle mais vous voyez l’idée). Par contre dès que c’est sucré, elle déteste ! Pourtant, Dieu que j’ai mangé du sucre durant ma grossesse ! ^^

*** Elle signe au-revoir. En disant « ava » à peu près une fois sur cinquante…

*** Elle a le plus beau des sourires ! Avec deux quenottes en bas (et quatre en haut qu’on ne voit pas beaucoup).

*** Elle a un besoin intense de contacts physiques. Mais, elle n’est pas super câlin pour autant. C’est très bizarre. Elle adore être en écharpe, sinon, elle a besoin d’être en contact sans être étouffée. Lorsque je la dépose par terre pour jouer, elle a besoin, dans un premier temps, de revenir beaucoup vers moi pour me toucher, puis elle repart. Après un temps (qui varie d’une fois à l’autre), elle a juste besoin de me voir et elle joue sans aucun soucis.

*** Elle a détesté la crèche les premières semaines. Mais, maintenant qu’elle marche/rampe et qu’elle peut être en interaction avec les autres enfants, elle adore ! Bon, ça ne doit pas durer trop longtemps quand même ! :p

*** Elle ne donne pas facilement sa confiance à quelqu’un. Mais, quand elle la donne, c’est en entier.

*** Elle aime particulièrement jouer avec son papa. Maman, c’est plus pour le « néné ». D’ailleurs, c’est son premier mot : « néné ». Mais attention, ça ne veut pas dire le sein ! Ca veut dire manger. Et en fonction du geste de la main qui accompagne, ça veut dire « manger un truc, n’importe quoi » ou « manger du lait au sein de ma mère ».

*** Petite poite adore jouer avec Princesse, notre chienne. L’inverse n’est pas encore vrai, par contre… Ce que Princesse aime, c’est lécher les mains et les joues pleines de nourriture de Petite poite ! Mais, Petite poite est cool : elle lui file à manger en douce sous la table (déjà ?!).

*** Elle commence à montrer du doigt.

*** Elle commence à caresser aussi. C’est si doux, la caresse d’une main de bébé sur la joue pendant la tétée ! ❤

*** Elle me remplit le coeur d’amour, de patience, de bonheur. Même si parfois, elle est pénible, elle est tellement merveilleuse, que ça compense tout le reste !

L’allaitement en question

Lorsque je suis tombée enceinte de Petite poite, j’ai ressenti, au fond de moi, le besoin de l’allaiter. Si au début, c’était uen demande du Rond, au final, c’était un besoin de moi.

Lorsqu’elle a pointé le bout de son nez et qu’on me la mise au sein d’autorité, puisque c’était sur mon projet de naissance de l’allaiter, ça ne s’est pas du tout passé comme je l’espérais. Cela faisait mal et j’ai repoussé ma fille. J’ai naïvement essayé de la positionner moi-même, mais, on m’a vite ramené sur le droit chemin : la sage-femme, experte en lactation, savait mieux que moi comment la mettre, et si ça faisait mal, c’était moi qui était trop sensible, et basta.

J’ai agi en petite fille qui écoute sagement sa maîtresse, et j’ai obéi. On a donné des biberons. Et j’ai pleuré.

Je me sentais tellement nulle ! Tellement idiote.

La nature m’avait dotée de gros seins plein de lait, et moi, je ne savais pas m’en servir.

Trois jours après la naissance de ma merveille, un peu de bon sens m’est revenu. J’avais du lait, j’avais un bébé, l’hôpital avait des tire-lait. Je n’avais qu’à tirer mon lait.

Mais, à nouveau la sage-femme, pleine de sagesse, m’a démontré que ce serait épuisant. Et puis, inutile. Le colostrum était passé. Et ma fille se contentait des biberons sans soucis.

Mais, mon côté têtu l’a emporté. J’a tiré mon lait. Avec beaucoup d’appréhension. Allaiter faisait si mal. Le tire-lait sans doute aussi.

Quelques jours après, j’ai pris contact par mail avec La Leche League. ca existait vraiment cette « ligue du lait », ces extrémistes de l’allaitement qui torpille à boulet rouge les pauvres mamans qui ne veulent pas allaiter.

J’y ai été reçue les bras ouvert, avec tellement de compréhension.

Pour la première fois depuis mon nouveau statut de maman, on me donnait des informations et non des conseils. On m’expliquait les options qui s’ouvraient à moi, pour que je puisse choisir en connaissance de cause. Je me suis sentie ré-investie de mon rôle de mère et de femme qui sait.

J’ai choisi de faire un allaitement mixte.

Une sage-femme réellement formée à l’allaitement, rencontrée via La Leche League, m’a proposé de m’aider à mettre ma fille au sein. Non pas en la prenant et en la plaçant, mais en m’expliquant les différentes manières de faire et en me laissant expérimenter la façon la plus agréable pour moi. Mon bébé m’a souri pour la première fois lorsque j’ai réussi à la mettre de façon telle que ça ne faisait pas mal et qu’elle tétait. Je me suis sentie à ma place, en femme allaitante.

Par ma suite, l’animatrice de La Leche League a continué à me fournir des informations à ma demande. Lorsque mes seins ont picoté et que je développais une candidose. Ou lorsque les dents de Petite poite ont commencé à poindre.

Petite poite a décidé d’elle-même d’arrêter les compléments de lait. Mais, jamais les animatrices n’ont essayé de me convaincre d’un allaitement exclusif. A vrai dire, elles n’ont même jamais essayé de me convaincre d’allaiter tout court.

Elles m »ont seulement soutenue dans mes choix.

Lorsque je suis passée en allaitement exclusif et que j’en étais fière, elles m’ont chaleureusement félicitée, tout comme lors de la première vraie tétée de Petit poite, ou lorsque j’avais réussi à dépasser les 50 mL au tire-lait.

Elles ont été un soutien incomparable dans mon chemin de maman.

Aujourd’hui, j’ai envie de rendre la pareille. D’aider, à mon tour, des mamans qui en ont besoin. Sans jugement. Sans les amener à faire ce que je voudrais. Mais, en leur laissant le choix de prendre leurs propres décisions sur la base d’informations correctes et tangibles.

Je crois que c’est là un vrai combat féministe. « Un enfant quand je veux » Mais aussi « comme je veux ».

Aujourd’hui, je suis donc devenue Doula.

Et bientôt, je commence une formation pour devenir, à mon tour, Animatrice de La Leche League.