Archives

De la féminité

C’est quoi être féminine, aujourd’hui, en 2014 ?

C’est porter une jupe ? Être mère ? Avoir les jambes rasées ? Porter les derniers vêtements à la mode ? Être en couple ?

Depuis quelques mois, je suis sur le chemin de ma féminité. Ma maternité m’a ouvert cette porte-là, m’a mise en contact avec cette part de moi dont j’ignorais l’existence.

Je ne pense pas que la maternité soit une obligation pour y parvenir. Simplement, pour moi, ça a été le déclencheur d’une profonde remise en question.

Aujourd’hui, je me sens femme. Et belle. Pas belle comme dans les magasines. Mais, d’une beauté plus profonde. Je m’aime. Après presque 30 ans, il était temps.

Pourtant, je ne me rase plus les jambes, chez moi je ne porte plus de sous-vêtements,  je me maquille peu, … Je suis loin du cliché féminin vendu par les médias.

Car la féminité, c’est bien plus que cela. En tant que femme, je me sens reliée à quelque chose de fort, de transcendant. Mon corps a la capacité de porter la vie, de nourrir mon enfant. Mais pas que. Il a la capacité de réfléchir, d’agir. J’ai pris conscience de tous les possibles de ma personne.

Je suis plus en paix avec moi.

Bien sûr, certains jours, je replonge dans ma mélancolie, fidèle amie depuis longtemps. Mais, petit à petit, j’évolue, je progresse.

Je suis une petite fille, une femme, une mère, une amie, une soeur, une épouse, une compagne. Je suis multiple et unique.

Certains jours, je n’ai que mépris et haine contre moi, contre mes défauts, contre mes imperfections. Puis, je me souviens que je ne suis pas destinée à être parfaite mais à être entière. Parfois, ça me prend une heure, parfois une semaine. Mais, cette seconde pensée revient de plus en plus vite, comme un automatisme qui se crée.

Je suis femme. Et c’est plutôt chouette, en fait, de grandir…

Et toi ? Tu te sens femme ? (ou homme) ?

Comment vis-tu ta féminité ? (ou ta masculinité) ?

Et pourquoi pas une boutique ?

Petite poite a 9 mois et demi, et mon congé parental à mi-temps prend fin très bientôt… Cela me stresse énormément. Je ne me vois pas passer une dizaine d’heures loin de ma fille chaque jour. Je veux profiter encore longtemps de ces moments magiques avec elle.

Une amie du Rond vient d’accoucher de son deuxième bébé. Elle en est dans la même réflexion que moi.

Pourtant, on ne peut pas se plaindre. On a un job, et vu le contexte économique, c’est vraiment chouette ! Oui, mais.

Maintenant que je suis maman, j’aspire à autre chose qu’à une belle carrière. J’aspire au bonheur. A la plénitude. A la zénitude. Une belle carrière ne doit pas mettre en péril mon bonheur tout neuf et l’équilibre de ma famille. Ca n’a plus l’éclat que ça avait pour moi.

Un jour, cette amie me propose, sur un coup de tête : « et si on ouvrait une boutique ? ».

L’idée fait son chemin. Et si c’était l »idée du siècle ?

Je suis des formations de Doula et de Monitrice de portage depuis quelques mois. J’ai envie de faire des ateliers, des cercles de rencontres. Je suis très portée sur l’écologie et le développement durable. Une boutique me permettrait de fédérer tout ça en une seule réalité. Une boutique qui vendrait des articles de puéricultures et de périnatalité bio/éco, avec une arrière salle dans laquelle nous pourrions mettre en place les ateliers qui me tiennent à coeur.

La possibilité d’avoir ma fille avec moi, pendant que je travaille. La possibilité de trouver un autre équilibre dans ma vie de famille. La possibilité d’exercer dans un domaine où je peux m’épanouir.

Nous nous penchons donc très sérieusement sur la question. Débuter par une boutique en ligne pour cumuler un pécule suffisant pour faire une boutique pignon sur rue. Ou inversement, commencer par une petite boutique pour avoir un pécule suffisant pour constituer un gros stock pour une boutique en ligne ?

Quels objets choisir ? Sur quels critères ?

Je me suis dit que mes lecteurs/lectrices pourraient peut-être me donner leur avis et des pistes à explorer… 😀

Après tout, il y a plus dans plein de cerveau que dans un seul.

Et toi ? Tu verrais quoi comme article une telle boutique ?

Des ateliers de portage, pour apprendre à utiliser des écharpes de portage, des ateliers de couches lavables, des cercles de femmes, des cercles de parents, près de chez toi, ça te parlerait ? Oui ? Non ? Pourquoi ? 😀

Allaiter à 9 mois

Petite poite a 9 mois. Enfin, 9 mois et demi, déjà.

Oui, ça va vite !

Et je l’allaite « toujours ». Pour notre plus grand bonheur (je ne vous raconte pas comment elle est heureuse d’être passée à travers une vilaine grippe) (même si elle ne le sait pas).

Je commence, depuis quelques mois, à entendre des réflexions sur cet allaitement qui devient « long » (nan, mais, 9 mois, quoi).

C’est dingue comme, dans notre société, allaiter les premiers mois est presque une obligation. Mais devient « indécent » après 6 mois.

Pourtant ma fille n’est encore qu’un bébé. Qu’est-ce que ce sera quand elle sera un bambin ? (Oui, parce que je compte l’allaiter jusque là).

Alors, je me blinde. Je me protège des regards désagréables et des remarques douteuses.

Et mis à part ça, ça fait quoi allaiter un bébé de 9 mois ?

Et ben, c’est chouette.

On a passé l’étape « je ne comprends pas comment ça marche » (tant la mère que l’enfant). On profite, tout simplement.

Bébé peut téter dans n’importe quelle position (surtout les plus acrobatiques, sinon, c’est pas drôle).

La lactation est bien mise en route. Certains jours, bébé tète plus d’autres moins, sans que les seins ne soient engorgés ou en manque de lait.

Ca reste super pratique pour les sorties (pas besoin de se casser la tête pour emporter bib’, eau et lait en poudre). Si une sortie s’éternise, pas de stress ! On dégaine le néné ! ^^

Ca reste méga-over-super pratique pour calmer bébé (elles font comment les mères qui n’allaitent pas ?).

C’est parfois un moment d’échange intense, parfois un « bête » repas, parfois un « en-cas » rapide. Mais, ça crée des liens forts et de chouettes souvenirs.

Ce qui est chouette, à cet âge-là, c’est que les bébés mangent aussi d’autres aliments. Donc, c’est super facile de le faire garder pour une petite sortie ! Pas besoin de tirer son lait ou de dégeler la réserve : bébé mange des compotes, des purées, mais aussi, des repas en morceaux, du pain, des biscottes, des biscuits, bref, de tout ou presque.

Après avoir surmonter quelques difficultés au début, je suis heureuse d’avoir pu maintenir ce lien si fort qui me fait du bien.

Et toi, maman ? Tu allaites ? Tu le vis comment ?

 

Allô Docteur ? Je suis malade… Et maman d’un bébé malade !

Voilà que j’annonce mon retour et que la grippe me foudroie…

Jusque 39.5°C de fièvre, ma gorge en feu, mes ganglions super gonflés, des courbatures partout, enfin, tout le bataclan, quoi.

Tout ce dont j’ai besoin, c’est de repos.

Oui mais…

Il se trouve que j’ai un bébé.

Un merveilleux bébé de 9 mois (déjà).

Un merveilleux bébé de 9 mois qui m’a refilé ladite grippe…

Tu vois où je veux en venir ?

Comment tu veux te reposer quand tu dois gérer un bébé malade, qui réclame sa maman pour se rassurer ?

Le Rond a pris congé pour m’aider. Mais, à part changer les couches (je ne pourrais pas marcher avec un bébé en main, tellement je me sens faible) et faire le ménage (en même temps, c’est déjà lui qui gère la plupart des trucs), il ne peut pas faire grand chose. Mais, sa présence me rassure.

Le plus difficile, c’est que ma puce pète la forme, en fait ! Le seul signe qu’elle lutte contre un virus est sa température qui joue au yoyo et le fait qu’elle ait besoin d’être, à nouveau, si proche de moi…

Pour le reste, elle va super bien !

Pourquoi on peut pas avoir la grippe comme eux ? Pourquoi chez nous, adultes, ça se transforme en truc immonde où tout te fait mal et où tu as juste envie de te blottir sous ta couette ?

Je hurle à l’injustice ! Na !

(Cela dit, je préfère que ce soit dans ce sens-là que dans l’autre… Je ne suis pas sure que je supporterais de voir mon bébé souffrir autant).

Allez ! Je file ! J’ai un nez à moucher ! 😉

2013 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2.700 personnes. Ce blog a été vu 32  000 fois en 2013. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 12 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Petit come back

Hello tout le monde !

Me revoilà !

Tellement de choses se sont produites ces derniers mois. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour moi.

Mais, vous me manquez terriblement ! Alors, j’ai décidé d’en reprendre un peu, du temps pour moi ! ❤

Petite poite va merveilleusement bien. Le Rond est un papa formidable.

Et moi, je tâtonne pour savoir ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie, pour être heureuse.

J’ai lancé quelques cordes un peu partout. Et je verrai où tout cela me mène. J’en parlerai bientôt ! 😀

 

Au plaisir de vous relire très vite ! 😉

La violence de trop

L’actualité a été marquée, récemment, par un fait divers sordide (comme tous les faits divers). Une petite fille battue à mort par le compagnon de sa mère, enterrée ensuite par les soins de sa mère désireuse de couvrir son amoureux. Je crois. Je ne sais pas vraiment. J’ai pas lu.

Un fait divers comme ça, ça harangue les foules. C’est bien. Ca fait un ennemi commun à détester tous en coeur. Bien comme il faut. Attends, déconne pas, cette femme qui laisse son enfant se faire tuer, c’est un monstre ! Et de lancer des pétitions pour qu’elle encoure la peine de mort (tu sais, celle qui a été abolie il y a bien longtemps ?).

Même ma mère s’y met. Remarque, on a notre phénomène aussi en Belgique, en la personne de Michèle Martin (bon, et Marc Dutroux, mais, il est pas encore prêt d’être libéré, donc, il ne suscite pas (encore) de débat houleux).

Et cela me fait doucement rire.

Cela me fait doucement rire parce que les gens ne balaient pas devant leur propre porte.

Prenons ma mère, par exemple. Elle s’offusque. Elle pleure devant son écran pour cette petite fille. Comme elle a pleuré pour Julie et Melissa, ou Anne et Eefje ou Sabine et Laetitia, ou les autres. Elle critique ces gens inhumains qui laissent de pauvres et innocents enfants souffrir. Et les gens la soutiennent dans sa critique. Comment faire autrement, d’ailleurs. C’est tellement immonde, ce qui s’est passé.

Cette même femme a pourtant vu son mari taper sa fille durant 13 longues années. Treize longues années durant lesquelles sa fille a failli mourir plusieurs fois sous les coups d’un homme deux fois plus fort qu’elle. Treize longues années durant lesquelles son mari a humilié sa fille, en privé, en public, l’appelant « l’autre », l’insultant, l’enfermant dans sa chambre, des semaines durant, avec pour seule nourriture des quignons de pain sec et une bouteille d’eau. Treize années durant lesquelles elle a vu sa fille subir les attaques sexuelles incessantes d’un mari avide de sexe et qui ne faisait pas la différence entre un enfant et un adulte qui consent.

Tout ça, ça s’est passé devant ses yeux. Elle le sait. Elle en parle encore parfois.

Pourtant, pas une seconde, elle ne comprend qu’elle a été/est le même monstre que cette maman-là qu’elle dénonce si durement. Sa seule chance a été que sa fille ait pu se sauver à temps, à chaque fois. Que son mari n’ait pas donné le coup de trop, celui qui ôte la vie à jamais, celui qui aurait fait d’elle cette maman médiatisée et diabolisée.

Combien d’hommes et de femmes comme elle s’insurgent devant leur écran ? Signent des pétitions ? Crient avec le peuple ? Marchent dans la rue pour obtenir Justice pour ces victimes médiatisées ?

Moi, je ne suis pas une victime médiatisée et heureusement. Mais, je n’obtiendrai jamais Justice de mon agresseur. Il est passé entre les mailles du filet. Le 2 septembre dernier, le délai de prescription s’est écoulé. Je n’obtiendrai jamais cette Justice que ma mère réclame pour ces filles qu’elle ne connaît pas, cette Justice qu’elle n’a même jamais envisagée pour cette autre fille à qui elle a donné naissance…

Aujourd’hui, je suis triste pour cette enfant, qui ne méritait certainement pas de vivre et de mourir ainsi. Mais, je ne peux m’empêcher de me demander combien sont en train de vivre le même calvaire au vu et au su d’adultes qui n’interviennent pas et laissent faire, par lâcheté, par principe, par crainte (qu’importe la raison, finalement).

Je n’ai pas envie de me battre contre cette mère (ni la mienne ni la sienne). Je veux profiter de cette journée de non-violence pour me battre contre la violence à tous les degrés. Contre l’éducation violente. Contre les fessées. Contre cette violence si ordinairement banalisée.

Je caresse le doux rêve que si la conscience humaine se réveille et rejette toute forme de violence, plus aucune petite fille ne subira ce qu’elle a subi, plus aucun petit garçon ne mourra sous les coups d’un adulte sans qu’un autre adulte n’intervienne à temps.

 

Pour prolonger le sujet, deux billets qui m’ont touchée :

Celui de Working mama et celui de la Mite orange (qui écrit souvent de très belles choses d’ailleurs).