Archives de tags | instinct

Bilan Zermati – 21 mois

Depuis 21 mois, je pratique la méthode Zermati.

Je vais mettre de côté, dans un premier temps, les deux derniers mois, particuliers vu ma grossesse. Et dresser le bilan des 19 mois qui ont précédé.

J’ai découvert Zermati grâce au très chouette blog de Caro – Pensées de ronde (si tu ne connais pas, va cliquer, c’est vraiment sympa et ça ne tourne pas qu’autour du poids, promis).

Il y a longtemps que je lis ce blog et lorsqu’elle parlait Zermati, je me disais : pffiou, un régime de plus. Et je zappais donc tous ses billets « Zermati ».

Enfin, tous, c’est faux.

Parce qu’elle écrit bien, quand même. Et donc, mes yeux ont trébuchés, sans faire exprès, sur quelques lignes zermatiennes qui m’ont touchée. J’ai fini par rechercher et lire ses billets.

A cette époque, on m’avait dit que je devais perdre beaucoup de poids très vite parce que j’allais mourir avant mes 30 ans, sinon, à cause de mes 120 kilos. Je m’étais lancée, avec appréhension mais motivation, dans le régime « Dukan ». Sauf qu’après 2 jours, j’ai commencé à faire une crise de foie. Je me sentais mal et j’avais la nausée à la simple vue d’un produit à base de protéine (viande, oeuf et même poisson). Il faut dire que je n’ai jamais été très protéines, depuis toute petite. Et que là, ça faisait beaucoup d’un coup, pour mon pauvre petit organisme.

J’ai arrêté, d’instinct, malgré une dépense de plus de 75 euros en produits divers et variés sensés m’aider à perdre mes sacro-saints 40 kilos de la mort qui tue.  Un spécialiste du foie, consulté peu après, a confirmé mes soupçons : si je perdais vraiment ces 40 kilos trop vite, et avec un régime débile du genre hyper protéiné, il était, en effet, certain, vu mes antécédents, que mon foie serait détruit en moins d’un an. Avec pour conséquence, non pas ma mort, mais des traitements médicaux lourds, coûteux et douloureux.

Et c’est à cette époque que j’ai dévoré ses billets « Zermati », à Caro. On était en décembre 2010.

J’en étais arrivée à un stade où j’avais essayé un nombre incalculable de régime, de Dukan à Weight watchers en passant par les régimes hypocaloriques plus classiques et drastiques. Rien n’avait été efficace. Je n’en pouvais plus. Je me disais que de toute façon, je n’y arriverais jamais.

Je ne serais jamais mince, autant l’accepter. Et je n’aurais plus jamais la volonté de souffrir comme je l’avais déjà fait pour perdre des misérables kilos (joie ô combien éphémère) qui venaient se replanquer accompagnés de quelques copains à la moindre occasion.

J’étais de celles qui disaient « un rien me fait grossir« . Et c’était vrai.

Alors, j’ai acheté le livre de Zermati « Maigrir sans régime ».

Dans un premier temps, j’y ai puisé ce que j’étais capable d’entendre et d’appliquer : plus d’aliments tabous, donc plus d’interdits. Tu manges ce dont tu as envie. Si tu as des envies, c’est que ton corps en a besoin.

Et puis, j’ai vaguement lu que quand on avait faim, on décuplait le plaisir de manger, et ça, ça m’a paru sympa.

Et puis, y a eu une phrase aussi, qui m’a servi de mantra : « la faim protège le poids ». Si on mange avec faim, on ne peut pas grossir.

J’ai respecté ces principes à la lettre : manger ce dont j’avais envie. Et que quand j’avais faim.

Évidemment, j’ai passé une semaine à m’empiffrer de gaufres, mousses au chocolat, et autres « crasses » tellement interdites, normalement. Et je n’ai pas grossi. Mais, je devais avouer que je ne mangeais pas si souvent que ça, en fait. Et pour cause : je mange au-delà de la satiété, qui m’a paru trop difficile à cerner. Du coup, la faim mettait plus de temps à se manifester.

Et puis, je dois admettre aussi que la faim m’angoisse. Alors, parfois, je n’arrive pas à attendre ma faim et je mange. Au cas où. (Au cas où quoi, je me le demande encore).

Mais, très vite, j’ai eu des envies d’autres choses : de pomme, de salade, d’épinards, de poisson, d’oeuf, de pain.

J’ai respecté ces envies au même titre que mes envies de chocolat.

Et le bilan au bout de 19 mois, c’est un poids stabilisé aux alentours de 120 kilos (avec des variations de 2 à 3 kilos dues aux règles).

Alors, oui, 120 kilos, c’est beaucoup. Mais, quand on établit une ligne de poids, me concernant, ce dernier n’a fait qu’augmenter (sauf pendant mes phases de régime), depuis toujours. Je veux dire, je n’ai pas toujours pesé 120 kilos. Au sortir de l’adolescence, j’en faisais 80.

C’est donc la première fois de ma vie que j’ai réussi à stabiliser mon poids, sans contraintes et sans auto-flagellations. Et c’est une victoire que je garde bien au chaud dans mon coeur, pour les jours où j’ai moins de motivation.

Il est évident que cette période n’a pas été de tout repos. Il m’a fallu m’accorder du temps, de la réflexion, du respect.

Un régime participe d’une toute autre démarche : j’ai été nulle mais maintenant, je me rattrape et ma graisse (donc mon corps) va voir de quel bois je me chauffe.

Avec Zermati, la démarche est inverse. J’ai fait souffrir mon corps, il m’a bien prouvé que, quoi qu’il en soit, c’était lui qui avait le dernier mot, alors, si j’essayais, à présent, de l’écouter (enfin) et de le respecter ?

 

Je terminerai ce billet en disant que lire des témoignages d’autres « régimeuses » m’a fait du bien. Pour me rendre compte que je ne suis pas seule, que non, ce n’est pas facile et que oui, c’est possible. Je pense notamment (mais non exclusivement) au très joli blog « te parler de ma vie » (qui m’a inspiré le billet du jour, d’ailleurs) ou à celui de La Peste.

Je vous invite grandement à aller leur rendre visite, car ce sont vraiment des blogs sympas, qui ne parlent, à nouveau, pas que régime, mais aussi respect de soi, amour, livres, films et toutes ces petites choses qui font notre vie de femme.

L’avenir ne peut qu’être meilleur ?

Petite, je me disais souvent ça. Je croyais fermement en l’avenir. J’y dépensais toute mon énergie, au détriment du présent qui n’était pas très glorieux.
Aujourd’hui, je découvre le maintenant, le « au-jour-le-jour » et je commence à apprécier.

Les efforts que j’ai consentis durant toutes ces années ont menés leurs fruits : j’ai un bon diplôme, dans une matière que j’aime, un job, un mari, un chat et un chien, un appartement. Le cliché ambulant, à l’exception de la maison avec jardinet, quoi.

Aujourd’hui, j’ai donc tout à perdre.

Avant, je ne réfléchissais pas mille ans. Une situation ne me convenait pas ? Je fonçais tête baissée pour la renverser à ma convenance. Et souvent, avec succès.

Aujourd’hui, je me tâte, je mesure le pour et le contre. J’hésite.

Il y a les factures, à la fin du mois. Il y a mari-chéri. Il y a la famille que nous sommes en train de construire. Je ne peux plus me permettre de n’en faire qu’à ma tête, de prendre des risques inconsidérés.

Pourtant, une petite voix au fond de moi me dit que je suis trop jeune pour m’encroûter déjà. Une petite voix m’affirme que lorsqu’on a des projets et qu’on s’y donne à fond, il ne peuvent pas échouer. Jamais. Au pire, ils ne se développent pas comme on l’espérait (mais avec du recul, on découvre que l’orientation qui a été prise nous a été bénéfique). Une petite voix au fond de moi me rappelle que j’ai toujours eu une étoile, un ange-gardien qui prenait soin de moi et me guidait vers les bons plans.

J’ai toujours eu une sorte d’instinct. Il y a eu des fois où je savais que je ne devais pas m’inquiéter. Comme quand j’ai signé mon contrat de bail, à la fin de mes études, sans avoir, encore, le contrat de travail qui allait avec. Je savais que je devais sauter sur l’occasion. On verrait la suite plus tard. Ou la fois où j’ai failli m’engager dans la construction d’un appartement. Je ne le sentais pas. Au fond de moi, il y avait cette certitude que quelque chose clochait, alors même que les pros (même une qui était totalement étrangère au projet) me certifiaient que c’était un placement sûr.

Cet instinct ne sévit pas à la demande. Il apparaît, comme ça, sans crier gare. Et soudain, je sais que c’est le bon choix. Car il ne m’a encore jamais trompée. Jamais.

Mari-chéri a fait l’objet de ce fameux instinct. Dès que je l’ai vu, j’ai su. Il y avait là une personne qui serait importante pour moi et avec qui je devais garder le contact. Est-ce à dire que je savais déjà que je l’épouserais ? Bien sûr que non. Simplement qu’il était important pour moi.

 

Mais, depuis quelques mois, cet instinct se fait plus discret. Est-ce moi qui ne l’écoute plus ? Est-ce que je m’éloigne à ce point de moi-même qu’il ne prend même plus la peine de se manifester ? Je crois que quand j’aurai trouvé ma voie, il sera là, à nouveau, pour me guider sur mon chemin. Mais, pour cela, je dois prendre des risques. Oser le changement.

Après tout, demain ne peut qu’être meilleur, non ?