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Le prénom

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Non, je ne vais pas te parler du film (quoi qu’il m’ait bien plu). Je vais te parler de ce choix épineux du prénom de ton futur bébé.

Toi, nullipare (ou en phase de devenir primipare), tu crois naïvement que le plus épineux sera de trouver un compromis avec ton ou ta chéri(e) sur LE prénom que vous kifferez tous les deux.

Et là, je t’arrête tout-de-suite. Cela pourra être le pire problème à gérer à condition que tu respectes une règle simple (mais efficace) : n’en discuter qu’avec le ou la chéri(e) en question. (Remarque, si t’es célibataire, le même conseil peut s’appliquer et ça réduit d’autant les prises de tête).

Si tu prends le risques d’en parler avec d’autres autour de toi, tu prends le risque d’entendre :

– Tata Fernande t’expliquer à quel point « Chloé », c’est vulgaire. Il n’y a même pas une sainte qui porte le même prénom.

– Grand-Père Râleur te sermonner sur la lignée de la famille du Rond, et que si l’on suit l’arbre généalogique de la famille depuis 1675, il n’y a qu’un seul prénom que l’on peut donner, c’est « Virgile » (et d’ailleurs, tâche que ce soit un garçon, hein).

– Beau-père t’expliquer que lui aussi va bientôt (re-)devenir Papa et qu’il a déjà choisi les prénoms avec sa nouvelle copine. « Benjamin » et « Alice » sont donc réservés et tu es priée de trouver autre chose, si l’envie te prenait de donner ces prénoms-là.

– Collègue farceur (mais sérieux) te dire que « Violette », c’est le comble du ridicule. Mieux vaudrait que tu aies un garçon et qu’il s’appelle « Archibald », parce que ça, c’est un prénom qui a de la classe.

– ta mère prononcer le prénom « Arthur » (ce qui te donnera envie de ne jamais prénommer ton fils ainsi)(du coup, ça, c’est peut-être pas plus mal, parce que tu n’es pas sûre que tu aurais pu supporter d’entendre ce prénom à ce point déformé à chaque visite maternelle).

– ta copine t’interdire de donner le prénom de ton choix, « Capucine », parce que c’est justement celui qu’elle a décidé de donner un jour à sa fille, si jamais elle en a une, et que, tu comprends, elle a décidé ça quand elle avait trois ans, alors, s’il-te-plaît, change d’idée.

– Tonton Marcel te démontrer que « Romain », c’est un adjectif, pas un prénom, qu’importent ce que disent les gens. « Et pourquoi pas « Charmant », alors, tant que tu y es ? » (Et bien, oui, pourquoi pas ?)

– la voisine te donner plein d’idées de prénoms et qu’elle serait super touchée si tu en choisissais un de sa liste.

– Oncle Ben t’exhorter, outré, de ne pas lui enlever toutes ses chances de réussir dès la naissance en l’appelant « Célestine ».

La liste ci-dessus n’est pas exhaustive mais tout est réel (si, si ! J’ai même pas changé les prénoms en question).

Bref, à écouter tout le monde, tu n’appelleras tout simplement pas ton enfant. A la maison communale (mairie), tu diras à l’agent « non, on a décidé de ne pas donner de prénom, Petit pois, c’est bien finalement ».

La réponse parfaite à la question « alors, vous avez déjà décidé du prénom ? », c’est « non.. Tu sais comment on est, on fait toujours tout à le dernière minute. Mais, on a décidé de ne pas se prendre la tête, on verra à la naissance du bébé, quand on découvrira sa bouille. On aura peut-être une inspiration ».

Et hop ! Pas de questions relous sur « Allez, mais, dis-moi, s’il-te-plééééééééééé », ou « t’es nul de pas le dire ». Pas de remarques blessantes sur « beurk, ce prénom est vraiment trop laid » alors que c’est ton coup de coeur. Pas de dialogue absurde où on te propose une série de prénoms et où l’autre attend une réponse à l’issue de la discussion.

Journal de grossesse – Début du troisième trimestre

Ca y est, j’y suis. Petit pois doit naître dans deux mois. Et je sais, à présent qu’il est vraiment viable. Que même s’il naît maintenant, c’est pas trop grave. Que tout est bien en route. Que nous n’avons toujours pas choisi de prénom et que sa chambre n’est pas encore tout-à-fait finie. Que l’accouchement approche à grand pas, ce qui me terrifie et me fascine à la fois.

Bref, Petit pois arrive bientôt et je me sens plus sereine que jamais face à cette grossesse.

Mais, soyons clairs, je ne suis pas réellement sereine. Juste que je le suis plus que depuis le début… 🙂

Mes angoisses sont plus espacées. Et sont d’une nature différente.

Bref, d’une certaine manière, je commence à profiter réellement de cette grossesse.

Car, si je fais le bilan des deux premiers trimstres, c’est pas folichon !

Premier trimestre :

J’apprends que je suis enceinte et je stresse. Mais, ça va. Tout va bien. Premier RDV gynéco. Première écho. Première visualisation du Petit pois qui gardera son surnom.

Puis, très vite, premières nausées. Mais, pas des petites nausées de rien du tout qui ne durent que le matin. Non, non. Des nausées qui durent du matin au soir, la plupart des aliments qui ne franchissent pas le cap de ma bouche et repartent illico dans mon assiette. -8 kilos en 1 mois et demi.

Certains goûts sont devenus intolérables et soulèvent mon estomac. Parmi ceux-ci, le dentifrice. Me laver les dents est venue un supplice. Malgré la dizaine de marques différentes achetées pour voir si ça faisait le même effet. (Note que le dentifrice au sodium est le pire de tous…).

Accompagnant ces nausées, une fatigue immense s’abat sur moi. Je dors plus de 12 heures par jour, en ayant l’impression d’en dormir 4…

Un décollement du placenta vient agrémenter le tout. Je kiffe !

Je me sens au bout de ma vie. Et je vois arriver le deuxième trismestre avec impatience : on m’a dit qu’au deuxième trimestre, on pétait la forme !

Mais, ce qui rend les choses un peu magiques, quand même, c’est que je sens les premiers mouvements de Petit pois. On m’affirme que ce n’est pas possible, pourtant, je sens un mouvement que je n’avais jamais senti jusqu’ici. Et mon chéri commence aussi à le sentir. Nous savons que c’est lui et le reste nous importe peu.

Sincèrement, je souffre. Mais, je suis heureuse du petit miracle qui est en train de se créer en moi. Je me sens mal (et je m’en veux, je devrais être si bien) mais pour rien au monde je voudrais que cette grossesse ne s’arrête trop tôt.

Deuxième trimestre :

On m’a menti ! La fatigue ne disparaît pas. C’est à peine si elle s’atténue quelques jours pour revenir en force. Mais, pour une raison un peu plus valable cette fois… Je dors 5 heures, puis me réveille sans arriver à me rendormir. Je reproche ça à mon chéri qui ronfle. Mais, au fond, je sais que cela n’a rien à voir. Depuis toujours, me réveiller en pleine nuit pour faire pipi coupe mon sommeil qui est trop léger après le break…

Mes nausées ne s’arrêtent pas. Le dentifrice est toujours aussi nauséabond. Simplement, j’ai appris à éviter les aliments qui fâchent et à anticiper ces maudites nausées qui sont donc un poil moins handicapantes qu’avant.

Mon poids remonte petit à petit. Et se stabilise. Depuis le début de ma grossesse, j’ai perdu entre 4 et 5 kilos (mon poids variant d’un jour à l’autre).

Petit pois se démène comme un petit diable. Si ça se trouve, il est hyperactif. Ca promet.

Les contractions font leur apparition. Un poil tôt, mais sans que ce ne soit alarmant. Du moins pour les médecins. Du repos et de la zennitude. Haha ! Ils ont de l’humour.

Mon dos commence à me faire souffrir. Et mon ventre devient lourd. Je commence à marcher comme un canard. Mais, je m’en fiche. Mon chéri est là et me fait tous les massages que je lui demande pour soulager mon corps.

Certains jours, j’aimerais ne plus être enceinte. Avoir encore du temps pour me préparer. Pouvoir faire « pause ». Ce petit d’homme va venir sur terre dans une famille qui n’est pas prête et il ne mérite sûrement pas cela. Je sais qu’il me reste quelques mois, mais jamais je ne saurai être à la hauteur de ce qu’on attend de moi pour accueillir ce petit être fragile. Je ne comprends pas que je puisse être si fertile quand d’autres, plus prêtes, plus méritantes, galèrent tant à avoir un enfant. J’aime Petit pois d’amour et j’ai peur que nous ne soyons pas à la hauteur de ses besoins et de ses attentes. En même temps, j’ai peur qu’il ne lui arrive quelque chose. Je ne veux pas qu’il meurre. Je veux le voir grandir et j’ai peur que mon corps ne soit pas à la hauteur.

Début du troisième trimestre :

Petit pois s’est dit que dormir 5 heures, c’était de la triche. Il a donc décidé de réduire ce temps à 3 heures (1 heure et demi, quand il est grincheux). Ma vessie est devenue son terrain de jeux préféré durant la nuit. Je me lève au mieux trois fois, au pire six fois sur la nuit. Je kiffe.

Mes nausées sont toujours bien présentes. Mais, c’est presque devenu une habitude. La seule ombre réelle au tableau, c’est toujours le dentifrice et donc, le supplice quotidien du brossage de dents.

Petit pois a adopté la position verticale. Désormais, il roue mon estomac de coups lorsque j’ai trop mangé, ou pas assez, ou que j’ai bu du coca, ou que j’ai mangé un truc qui ne lui plaisait pas, ou que… Les raisons sont vagues et multiples. Les remontées acides sont devenus mes nouveaux compagnons. Mon poids n’augmente plus. Je ne mange plus assez pour cela.

Mon dos et mon ventre se sont fait un nouveau copain pour partager ensemble cette sensation de lourdeur : mes pieds.

Mon humeur, quant à elle, joue aux montagnes russes. Je passe du rire aux larmes, de l’aphasie à l’hyperactivité. Je me sens abbattue, au bout de ma vie. Mon accouchement me semble impossible, voire improbable. Puis, aussi vite que c’est venu, je me sens bien, mon accouchement ne me fait pas peur, je vais assurer comme des milliards de femmes avant moi, et tout va se passer bien. Après tout, y a pas de raison. Ensuite, je repleure, parce que quand même, ce bébé va téter mes seins, et ça me semble surréaliste ! Je ne suis pas faite pour être mère. Alors, je pense à des femmes qui n’étaient vraiment pas faites pour être mère et je me sens à ma place, prête à vivre cette nouvelle aventure avec amour. Bref, je suis pleine de contradictions et j’imagine que ça fait partie de la grossesse et des 9 mois nécessaires à appréhender cette nouvelle étape.

Mais, malgré ces petits désagréments, je profite enfin de ma grossesse. Je commence à dire aux gens « oh, oui, ma grossesse se passe super bien, c’est vraiment chouette », et je participe ainsi, malgré moi, à cette fausse rumeur selon laquelle une femme est forcément épanouie lorsqu’elle est enceinte.

 

Et toi ? Ta grossesse ? C’était comment ? Ca a toujours été rose ? Ca a été horrible ?

Et toi ? Tu l’imagines comment ta future grossesse ?

Journal de grossesse – dans l’attente de la prochaine échographie

Cher petit pois,

Dans moins d’une petite semaine, je vais avoir le bonheur de te revoir sur écran.

Tu n’imagines pas à quel point ces moments sont magiques pour moi. Je visualise ta progression, je te vois pour du vrai, ta présence devient plus concrète, à chaque fois.

Je ne te raconte pas ce que ça représente pour ton père. Lui, il n’a pas la chance de te sentir au creux de lui, tous les jours. Alors, ces moments rendent ta venue plus réelle.

J’ai hâte, déjà, de te rencontrer pour de vrai. Ne te sens pas surtout pas obligé de sortir plus tôt, hein. J’apprendrai la patience.

Mais, je sais que j’appréhende beaucoup l’étape qui précèdera de quelques secondes/minutes/heures cette rencontre. Alors, certains jours, j’aimerais que ce moment soit derrière moi. Car je sais que l’appréhension d’un moment est souvent bien plus pénible que le moment lui-même et encore plus que son souvenir.

Cela dit, tu m’apprends, chaque jour, de nouvelles choses.

Déjà, je sens que mes priorités changent. Je me sens différente. Je sais que les choses ne seront plus jamais pareilles. Mes sorties entre amis jusqu’à pas d’heure me tentent moins. J’ai envie de cocooning, de douceur, de tendresse.

Mon coeur de maman est en train de s’ouvrir et mon amour pour toi est déjà infini.

Cela m’éloigne chaque jour davantage de ta grand-mère, pour qui rien n’a changé lorsque je suis venue au monde. Et plus le temps passe, moins je comprends cet état de fait.

Tu n’es pas encore né que tu prends d’ores et déjà ta place. Tu ne la voles pas, non. Elle te revient naturellement. Ton père et moi te la donnons sans même nous en rendre compte car tu fais dorénavant partie de notre famille.

Et, tu a l’air d’aimer ça. Tu as l’air d’apprécier l’attention que nous t’accordons. Tu oses de plus en plus t’affirmer, par des petits coups, par des mouvements. Et ton père et moi adorons ça.

Hier, durant tout l’après-midi, tu t’es rappellé à moi (comme si je pouvais t’oublier, petit pois). Ton père a été surpris de te sentir si fort bouger. Il a pris plaisir à rester longtemps à caresser mon ventre et toi, tu as pris plaisir à suivre sa main et à imprimer ta présence. Il m’a même demandé de me taire, parce qu’il avait envie de partager ce moment rien qu’avec toi. (Je crois que tu as bien compris à quel point je suis bavarde, n’est-ce pas).

Quoi qu’il en soit, je t’aime fort et je souhaite de tout coeur que tu te sentes bien, au creux de moi, le temps dont tu auras besoin pour constituer le maximum de force pour affronter le monde qui t’attend. Et si tu as envie de rester un petit peu plus longtemps, n’hésite pas. Mon ventre est là pour toi.

Je t’embrasse,

Journal de grossesse : la grossesse, c’est quand même aussi magique

Cher petit pois,

Depuis que tu as élu domicile dans mon ventre, j’ai vu beaucoup de changements s’opérer autour de moi.

Aucun de ne s’est déroulé comme je l’avais imaginé.

Cela a causé un certain nombre de désillusions et de déception. Un certain nombre d’interrogation aussi (c’est normal qu’il se passe ça ?). J’ai rédigé un billet sur tous les petits trucs qu’on n’imagine pas et qui ne sont pas très gais.

Mais, je ne voudrais pas que tu croies que ces 9 mois ont été pénibles.

Depuis que tu es rentré dans ma vie, j’ai eu la merveilleuse sensation d’être capable de créer la vie et d’avoir été choisie par toi comme maman.

Et, depuis quelques semaines, tu m’offres des sensations que je n’avais encore jamais senties auparavant : tu bouges.

Ah, j’ai eu un peu peur, parce que depuis mon retour au boulot, tu t’es fait super discret, petit pois. J’ai cru que tu n’allais pas bien.

Mais, lundi et hier, tu t’es rappelé à moi, comme pour me dire : « maman, arrête de stresser ! Je vais bien, je prends juste le temps de grandir sereinement. »

Enfin, disons plutôt que lundi, tu as voulu dire un truc du style  : « oh, maman, je sais que tu ne me sens pas beaucoup ces derniers temps, mais je suis quand même là. Alors arrête de te coucher sur le ventre, tu m’écrases. Allo ! Ohé ! Tu m’entends ? Tourne-toi, s’il-te-plait ! Attends, je vais taper plus fort pour que tu me sentes bien. Tu ne te mets jamais sur le ventre. Tu vas bien finir par te coucher sur le côté, non ? »

En fait, petit pois, je consultais un livre de cuisine, à la recherche de recettes pour varier un peu plus notre alimentation. Parce que j’ai envie que, dès maintenant, tu goûtes un peu de tout.

Je t’avoue que j’ai adoré ce moment où je te sentais. Et je l’ai peut-être fait durer un peu plus que nécessaire, juste pour être sûre que c’était bien toi et non mon imagination.

Puis, je me suis tournée et j’ai senti mon ventre s’apaiser en quelques minutes.

Je ne sais pas si tu m’as entendu, mais je t’ai parlé un peu, puis j’ai sombré dans un sommeil profond.

Ton père n’a pas encore la chance de jouir de ces moments magiques. Il en t’as senti qu’une ou deux fois, et à peine. Mais, ces quelques mouvements l’ont ému comme tu ne peux l’imaginer. Il a hâte de te voir et de te sentir, lui aussi.

D’ailleurs, en attendant ta naissance, on a déjà préparé le nid d’ange dans lequel tu passeras ta première nuit, si tout se passe bien. Tu devrais le trouver merveilleusement doux et moelleux.

Je t’embrasse, petit pois.

Prends bien le temps de grandir, nous serons patients.

 

Enceinte : que peut-on manger ?

Quand tu apprends la nouvelle de ta grossesse, très vite, tu te demandes ce que tu dois dorénavant éviter de faire. Et donc, de manger.

En nullipare, tu te diriges vers le Saint-Graal de la réponse fast-food mais pas toujours digeste : Internet.

Là, tu découvres un tas de trucs. Et tu flippes ta race.

Parce que TOUT t’est interdit.

Si tu fais la liste de tout ce que tu ne peux plus ingurgiter, cela te donne :

– la viande crue

– la charcuterie (toutes les charcuteries)

– la viande fumée

– la viande rosée

– le gibier

– les oeufs crus

– les fromages à pâtes molles

– les fromages à base de lait non pasteurisé

– la peau des fruits et légumes (rapport aux pesticides)

– les fruits et légumes crus

– le poisson cru

– le poisson fumé

– les poissons d’eau de mer

– les crustacés

– le chocolat

– le sucre

– le sel

– le beurre

– les matières grasses cuites

– certaines épices

– les plats à base de citron

– l’alcool

– le café

– le thé

– toutes les boissons à base de caféine

– l’aspartame

 

La liste est longue et te décourage d’avance. Que te reste-t-il ? Et puis, hier tu as mangé une tartine de saumon fumé avec du fromage frais. C’était avec du lait pasteurisé, ton fromage frais ? Et le saumon, c’est interdit ! Ça veut dire que tu viens de tuer ton bébé ?

Avant ton premier RDV chez le gynéco, tu arrêtes de vivre. En même temps, tes nausées t’aident vachement à ne pas ingurgiter grand-chose.

 

Et puis, le gynéco te donne ton premier conseil à ne jamais oublier : Internet et les forums, c’est le mââââââââââl ! Il y a un tas de trucs vrais et intéressants entourés de tout un autre tas de trucs faux. Et, sans formation, difficile de différencier le bon du mauvais.

Ensuite, elle raccourcit la liste en te disant :

« On va vérifier si vous êtes immunisée contre la toxoplasmose. Si ce n’est pas le cas (et en attendant les résultats), vous ne pourrez plus manger : de viande crue (ou pas assez cuite) ni de légumes crus, sauf si vous les avez lavés vous-même avec de l’eau citronnée ou vinaigrée. Vous veillerez à bien laver également les fruits, avec de l’eau citronnée, ou à les éplucher. Et puis, de manière générale, veillez à la fraîcheur de ce que vous mangez, mais sinon, tout est permis. »

 

Tu stresses quand même. Et si elle se trompait ? Non, mais, tu te demandes parce que sur internet, quand même, la liste est longue.

Alors, tu attends le deuxième RDV avec une autre gynéco, celle qui t’accouchera. Et elle te répond la même chose. Elle ajoute : « si vraiment vous stressez, évitez les fromages à base de lait non pasteurisés, m’enfin, les intoxications sont tellement rares, que le risque est minime ».

Bon, ben, tu décides de te passer des fromages non pasteurisés, parce que tu trouves que ça ne vaut pas la peine. Et tu revis.

Une dernière fois, avant de consommer des oeufs crus, tu la rappelles. Et elle te demande : « c’est de la viande ou des légumes crus ? C’est du fromage non pasteurisé ? Non ? Alors, allez-y ».

Ouf, la vie durant la grossesse peut recommencer normalement (enfin, si tes nausées veulent bien te laisser un peu de répits).

 

 

 

 

EDIT : ah, ben, en fait, tu as aussi oublié de dire que tu ne pouvais pas consommer d’alcool. En même temps, tu estimes que c’est une drogue, et que donc, bébé n’en a pas besoin et toi non plus. Idem pour l’aspartame, d’ailleurs, ce qui est très loin d’être insurmontable pour toi !

La grossesse est un havre de bonheur ou tout ce qu’on ne nous dit pas…

Être enceinte, c’est merveilleux. Un havre de paix et de bonheur intense.

Quand tu es enceinte, tu es d’ailleurs priée de trouver ces neuf mois magnifiquement géniaux. D’ailleurs, c’est plus magique que tout ce que tu as vécu et surtout que tout ce que tu vivras avec ton bout de chou morveux (mais, tu verras, c’est que du bonheur)(oui, on n’est visiblement pas à une contradiction près).

Moi, depuis le début de ma grossesse, je subis.

Déjà, je subis mes angoisses (je ne pensais pas que ça commençait si tôt ! Il va même pas encore à l’école !)(après, tu me diras que j’ai qu’à pas angoisser, mais franchement, c’est plus fort que moi)(dire que je ne comprenais pas ces blogueuses enceintes qui disaient avoir envie de faire une nouvelle écho toutes les deux ou trois semaines… Moi, j’en fais un peu plus d’une par mois et c’est déjà le stress total…).

Mes angoisses de ne pas faire ce qu’il faut.

Parce que quand t’es enceinte, non seulement, t’es le bonheur incarné, mais en plus tu DOIS faire un tas de choses, sans quoi ton fils sera attardé ou ta fille deviendra une prostipute droguée. Et le tout avec le sourire. C’est dit.

Donc, tu surveilles tout. Ton alimentation. Ton activité physique. Les ondes sur ton ventre (l’ordi portable c’est banni)(les GSM, on n’en parle même pas). La musique que tu écoutes. Les films que tu regardes. Les livres que tu lis.

Bon, évidemment, instinctivement, je t’avoue qu’il y a plein de trucs que tu fais ou as envie de faire de toi-même.

Entre une pomme juteuse ou un mars, mon estomac a vite choisi la pomme. (C’est pas si mal d’être enceinte, en fait..).

Et puis, il y a tout le reste. Rien que l’alimentation mérite un billet à elle toute seule (le méga teasing pour demain).

A cela s’ajoutent mes angoisses que malgré tout, cela ne se passe pas comme prévu.

Que je perde le bébé (l’épisode du décollement placentaire n’a pas aidé). Qu’il meurt sans raison. Enfin, tout un tas de peurs aussi glauques que terrifiants.

Ensuite, je subis mes maux de grossesse.

Et là, vraiment, on ne nous a pas tout dit.

Moi, je croyais naïvement que les maux de grossesse se résumaient à quelques nausées les premières semaines. Le masque de grossesse, éventuellement. Parfois un ou deux trucs dont tu as très très envie. Et puis, plus rien jusqu’à la fin de la grossesse où là, commençaient les maux de dos et autres jambes lourdes.

Ahah !

Alors, les « quelques » nausées m’ont fait perdre 7 kilos. Voilà.

Je n’ai pas des envies subites de fraises. Non, non. Par contre, j’ai des dégoûts subits. De choses que je trouvais extrêmement plaisantes avant.

Par exemple, le jambon. Quand j’étais petite, ma mère et mon beau-père étaient musulmans et donc, le porc n’entrait pas dans notre appart’. Mais, ma marraine, en fervente catho, mangeait régulièrement du porc (comme si les cathos mangeaient obligatoirement du porc… ^^). Et comme je dormais souvent chez elle, ben, je dégustais des pistolets (des petits ronds et durs) au beurre et au jambon. Et je me disais que vraiment, je ne pouvais pas concevoir que cet aliment soit interdit par Dieu ! (Non, je ne suis pas en train de lancer une polémique sur le sujet).

Sauf que depuis le début de ma grossesse, le délicieux goût du jambon cuit à l’os s’est transformé en odieux goût de salami. Beurk !

Souvent, le soir, quand je me demande ce que je veux manger, la réponse est « rien ». Pourtant j’ai faim. Mais, la plupart des plats que j’imagine me dégoûtent.

En number one, la crème fraîche chaude. Surtout si elle est accompagnée de viande, et particulièrement de viande hachée. Adieu, donc, notre plat « tout fait » des soirs où on n’a pas envie de cuisiner : des pâtes, avec des petits pois, du haché de boeuf, de la crème fraîche, de la menthe et de l’estragon. 15 minutes chrono. Mais, immangeable depuis ma grossesse… 😦

En number two, tout est trop salé. Je goûte le sel partout. Et je n’aime pas ça.

Bref, je ne mange plus du tout comme avant et c’est interpellant.

Ce qui a évolué en même temps que le goût, c’est l’odorat. Je suis devenue une super héroïne du nez ! Les poubelles, les pipis de chat ou de chien, les oignons farcis de la voisine, je sens tout bien avant tout le monde. Et je le sens fort. Super pour manger…

Parmi les maux de grossesse, j’ai développé un eczéma. Lié au stress de la grossesse, sans doute. Pas soignable par cortisone, rapport au bébé.

Mes seins sont tendus. Ils ont un tout petit peu gonflé (trop peu au goût de mon chéri). Mais, surtout, ils sont tendus et donc hyper sensible. Ça promet pour l’allaitement.

Mon bassin me fait mal. Il est en train de se préparer à l’accouchement, m’a expliqué la gynéco et ça peut provoquer de légères douleurs musculaires et osseuses. (Quand ces douleurs te réveillent la nuit, on parle encore de « légères » douleurs ?).

Je suis fatiguée. Épuisée. Crevée. Vannée. Ça aussi, je pensais que ça n’arrivait qu’à la fin. Ben non. Ton corps est envahi d’hormones, et ça fatigue. Youpie.

Ma pilosité se développe. A des endroits hypers esthétiques. Genre, sur les seins (amis du glamour, bonjour). On épile comment les seins douloureux ? Et aussi, autour du nombril.

Mes gencives sont sensibles. A cause de ma grossesse, d’une part, et à cause de mon dégoût profond du dentifrice. En effet, depuis le début de ma grossesse, je vomis chaque fois que je me lave les dents. Je suis littéralement pliée en deux, au-dessus du lavabo de la salle de bain durant une vingtaine de minutes à chaque brossage. Autant te dire que, du coup, c’est une phase que j’aime mieux oublier de temps en temps… (Je m’excuse auprès de tous mes interlocuteurs… 😦 ).

Ma vessie a rapetissé d’un tiers au moins. J’ai du mal à me retenir de faire pipi. Surtout quand le bébé fait la rumba. Je pensais aussi que ça n’arrivait qu’en fin de grossesse, mais non. L’utérus est à côté de la vessie. Donc, cette dernière est la première touchée par le développement du bébé. Youpie !

Je pleure. Pour rien. La semaine dernière, j’ai pleuré parce qu’un gars se disputait avec des policiers. Il y a quelques semaines, j’ai pleuré parce que mon bus ne partait pas tout de suite. Si mon chéri m’envoie un message un peu romantique, je pleure. Si mon fauteuil sent un peu trop mauvais, je pleure. Si mon chien ne m’obéit pas, je pleure. Bref, je pleure tout le temps.

 

Et je ne suis enceinte que de 4 mois… Ça promet pour la suite…

La magie de la grossesse ou comment voir ce qu’on veut bien voir

 

J’ai annoncé très tôt à mes collègues que j’étais enceinte.

En même temps, on passe nos journées ensemble et mes nausées plus que conséquentes ne passaient pas trop inaperçues. Un jour ou deux, tu peux tenter l’excuse de l’indigestion ou du trouble digestif. Au-delà, cela devient suspect. Surtout quand tu t’es mariée quelques mois plus tôt !

Mais, par un phénomène aussi étrange que récurrent, désormais, tout le monde « voit bien » que je suis enceinte !

Depuis bien deux mois.

« Mais, si ! Ton petit ventre s’arrondit ».

Euh, comment dire ? En ce moment, bébé, il mesure 0,2 cm et il est derrière mon pubis… Tu vois, là où t’as plein de poils et un os derrière ? Ben, juste derrière l’os, là. Ouais. Il est là, bébé. Pas encore dans mon ventre, concrètement.

Au début, j’ai voulu raisonner les gens. Non, ce n’est pas possible que ça se voie. Je veux dire, même si j’étais mince (et je ne le suis pas, comme tu le sais), ça ne se verrait pas. Pas encore. D’ici quelques semaines, peut-être, mais pas tout de suite.

Puis, j’ai laissé tomber. Parce que j’en avais assez de ces discussions stériles où la personne en face de toi est convaincue d’avoir raison.

« Mais, si, enfin ! Regarde ton ventre ! Ca se voit! »

« Oui, mais, non. Je suis juste grosse. J’ai toujours eu un ventre comme ça. Toujours. Peut-être que tu n’y a jamais fait attention, mais je te jure que rien n’a changé! ».

Après tout, si les gens prêtent à mon gros ventre une douce image de maternité plutôt qu’une image de grosse fainéasse qui ne sait pas s’arrêter de manger, pourquoi cracher dessus ?

Cela dit, au fond de moi, ces remarques m’irritaient.

Sauf que depuis quelques jours, je me rends compte que mes pantalons rétrécissent. Mais, seulement au niveau du ventre. Le reste n’a pas changé.

Sauf que depuis quelques jours, plusieurs personnes m’ont laissé une place dans le bus/métro, en regardant ostensiblement mon ventre avec un sourire.

Sauf qu’un collègue, plus vu depuis longtemps, m’a dit « Oh, mais tu ne m’avais pas encore annoncé la bonne nouvelle ! Félicitations! ». Quand je lui ai demandé qui le lui avait dit, il m’a dit « mais, personne. Il suffit de te regarder ! ».

Force m’est donc de constater que oui, mon petit (gros) bidou s’arrondit pour du vrai. Que mes remarques d’il y a deux mois, fondées pour le coup, ne sont plus d’actualités.

J’entame mon quatrième mois de grossesse et bébé commence à se voir… 😀