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La naissance d’une merveille – Part two

La naissance d’une merveille – Part one

Les contractions deviennent vraiment douloureuses.

On regarde à nouveau mon col, trois quart d’heure après la percée de la poche. Ca y est, le col se dilate enfin, même s’il reste antérieur, et il continue à s’affiner.

On me propose de me « reposer » un peu dans un bain chaud. Je suis à cran, et me détendre peut aider à lancer le travail. En réalité, c’est quitte ou double : soit ça l’arrête, soit ça le lance. Mais, avec la percée de la poche, il y a peu de chance que ça s’arrête.

J’hésite. Mais, je meurs d’envie d’un bain depuis des semaines (je n’ai qu’une douche chez moi). Et je sais que la chaleur peut m’aider à diminuer la douleur.

Je me laisse donc doucement bercer par l’eau. Et la douleur s’estompe. Ca ne disparaît pas, mais, j’ai l’impression que c’est aussi peu fort que deux ou trois heures auparavant.

Ma kiné fête son anniversaire, ce soir-là. Elle ne pourra donc pas participer à mon accouchement. Mais, elle me demande si la présence de sa stagiaire m’embêterait. Son étudiante aimerait, en effet, assister à un accouchement et son stage prend bientôt fin. J’ai terminé mes études il n’y a pas si longtemps. Je comprends cette envie de s’immerger dans le monde professionnel que l’on convoite. J’accepte.

Le Rond est toujours là, près de moi. Il m’aide à bien respirer lorsque les contractions arrivent. Il se sent inutile et pourtant sa présence est précieuse.

La stagiaire fait son entrée. Je suis nue dans la baignoire, le monitoring autour du ventre. Dans un élan de pudeur (qui me quittera bientôt), je cache ma poitrine et mon sexe.

Mais, la contraction suivante m’empêche de maintenir mes mains à leur place. La jeune femme a une voix douce et me propose de masser mes pieds pendant que je suis dans le bain. Elle débute en réflexologie et connait quelques trucs qui peuvent m’aider.

Le Rond est toujours à mes côtés.

Je suis nue, dans cette salle, en présence de mon amoureux et de cette inconnue aux mains de fée et à la voix douce. C’est presqu’irréel.

Une sage femme entre. Cela fait déjà une heure quarante-cinq que je suis dans l’eau. On me demande de sortir pour vérifier l’avancement du travail et pour que je bouge verticalement, histoire d’accélérer un peu les choses.

Mon col continue à bien se dilater. A ce rythme-là, j’accouche à 20 heures. Je ne sais pas si j’aurai assez de force pour tenir jusque là, mais bon. Les choses se passent bien.

Je ressens à nouveau très fortement les contractions. La différence avec la douleur ressentie dans l’eau est très forte. Lorsqu’une contraction arrive, je ne sais plus rien faire d’autre que me concentrer dessus et respirer comme on me l’a appris.

La jeune fille se sent aussi impuissante que mon mari. Pourtant, vraiment, je ressens leur présence intensément et ça me rassure autant que ça me fait du bien.

Elle demande aux sage-femme d’appeler la kiné de garde. Elle préfère ne pas être seule sur ce cas.

Une autre jeune femme, de mon âge, cette fois, entre dans la salle. Elle se présente. C’est la kiné de garde.

Elle discute un temps avec les sage-femmes. Durant leur discussion, je dis à mon chéri que cette position (debout, appuyée sur lui ou sur la table) ne me convient pas. Je veux m’asseoir. Sur le ballon. Et qu’il se tienne derrière moi. Je lui dis qu’on fera ça après cette contraction.

Lorsque je sens la douleur diminuer on se lance. Je n’ai pas beaucoup de répit entre deux contractions. En temps normal, une contraction dure environ une minutes et elles sont espacées de deux à trois minutes à ce stade du travail. Étant donné que mon accouchement a été déclenché, chez moi, les choses sont inversées. Mes contractions durent deux à trois minutes (parfois cinq), et ne sont espacées que d’une minute, parfois moins.

Lorsque la kiné revient, je vois qu’elle veut dire quelque chose mais, elle se ravise. Puis, dit simplement : « c’est une excellente idée, le ballon ».

Le Rond est derrière moi. Entre deux contractions, je me repose entièrement sur lui. Je puise en moi les dernières ressources d’énergie. J’entends mon mari, la kiné et les sage-femmes se demander si je dors. Non, je ne dors pas. (Je n’ai jamais réussi à m’endormir en 10 secondes, ce n’est pas aujourd’hui que je vais y arriver). Mais, je n’ai pas envie de gaspiller mon énergie à leur expliquer. J’en ai trop besoin pour gérer la prochaine douleur.

Le temps passe. Je suis comme dans une bulle. Je ne vois pas les minutes défiler. De temps en temps, je demande au Rond l’heure qu’il est et je suis à chaque fois étonnée que le temps ait filé si vite.

Lorsque les douleurs deviennent trop importantes, je me concentre intensément pour savoir dans quelle position je me sentirais mieux. La réponse n’est jamais franche. Mais, c’est comme une évidence qui se crée : je dois m’installer de telle manière.

Je n’écoute pas ce qui se passe autour de moi. Je suis dans le moment présent comme jamais. Je me concentre sur moi, sur mon bébé. Je suis à l’écoute de mon corps.

A nouveau, on procède à l’examen de mon col. En trois heures, il s’est fortement dilaté. Il reste trois centimètres. Le plus gros est fait, m’affirme-t-on.

Je demande si les douleurs vont encore augmenter. J’ai l’impression d’avoir atteint les limites de ce que je peux endurer. Les réponses sont évasives. Ca dépend d’une femme à l’autre. On ne sait pas dire.

J’ai peur. Peur de ne pas gérer. Depuis quelques heures, j’ai été tellement concentrée sur mes sensations que j’ai oublié d’avoir peur. Mais, elle revient au galop.

Le Rond me pose la question qui tourne déjà dans ma tête depuis quelques minutes : et si on osait la péridurale ? Mais, l’idée de ce morceau de plastique dans mon dos et dans mon bras me terrifie encore plus que cette foutue douleur.

Peut-être plus tard.

On me propose de retourner dans l’eau. Je me rappelle que la douleur avait pas mal diminué la dernière fois. J’accepte avec soulagement.

Pourtant, cette fois, la différence est moins sensible. J’augmente la température de l’eau.

La stagiaire me propose à nouveau son massage des pieds que j’accepte avec joie. Je me concentre sur ses mains et la sensation de douleur diminue sensiblement, même si elle reste très présente.

Après une heure dans l’eau, une sage-femme examine à nouveau mon col. Elle touche la tête du bébé et à l’aide du monitoring évalue la position de son corps.

Après discussion avec la kiné et la stagiaire, on me propose de me tourner sur le côté droit.

Toujours dans l’eau, entre deux contractions de plus en plus intenses, je me tourne. Instinctivement, je soulève la jambe, et je me sens mieux.

Quelqu’un positionne des essuies et des coussins pour poser ma tête et ma jambe. Mais, les contractions augmentent fortement. La kiné entame une sorte de « ohmmmmmmm », comme lors des méditations. Je me souviens que dans les exercices de préparation à l’accouchement, on préconisait de faire ce son pour aider à gérer la douleur et la respiration lorsque les contractions deviennent trop fortes.

Je me dis que ça y est. Je dois être au paroxysme de la douleur.

Je grommelle des « ohm » et me sens moins seule d’entendre la kiné les faire aussi.

Des mains continuent à masser mes pieds, d’autres versent de l’eau dans mon dos. Certaines caressent mon dos ou ma nuque. Je me concentre très fort sur ces douces sensations. Et cela m’éloigne d’autant de la réalité des douleurs de plus en plus fortes et de ma nudité face à une équipe médicale nombreuses (4 ou 5 sage-femmes, la kiné, la stagiaire, la gynécologue de garde et ma gynécologue, sans oublier les infirmières et mon mari, ça fait du monde).

Dorénavant, je n’arrive plus à me passer des « ohm ». Dès que j’essaie, la panique me submerge et je ne respire plus comme il faut. Le Rond me rappelle doucement de respirer calmement. La kiné continue sa valse de « ohm » et je me remets dans le flot.

Soudain, je sens que ma position ne me convient plus. Je le dis à l’équipe. Je suis perdue. Je ne sais pas comment me mettre, mais plus comme ça.

Elle me propose de prendre la même position mais sur mon autre côté. J’essaie. Effectivement, je me sens mieux.

Une autre heure s’écoule ainsi.

Et mon col continue à se dilater. Lentement mais surement.

La naissance d’une merveille – Part three

La naissance d’une merveille – Part one

Jeudi soir dernier, c’était le grand jour. Celui où j’allais rentrer à la maternité pour mettre mon Petit pois au monde.

La journée fut longue. Préparation de la valise (déjà faite mille fois). Un peu de ménage pour ne pas accueillir le bout de chou dans la crasse. Une dernière douche en amoureux. Beaucoup de stress.

A 22heures, nous voilà devant la maternité.

Une sage-femme nous accueille. Elle nous conduit à la chambre. Nous nous installons et elle me demande de m’allonger pour procéder à un premier monitoring ainsi qu’à un examen « classique » pour voir la maturité du col.

Les nouvelles ne sont pas encourageantes. Mon col s’est rallongé depuis mardi. Il est moins favorable. Mais, le bébé va bien.

On me pose un premier ovule d’hormones, censé activer le travail. Puis, Monsieur le Rond est invité à rentrer dormir. Rien ne devrait se passer avant le matin. Mais, la séparation est rude. Je n’ai pas envie de rester seule. Monsieur le Rond attend que je sois sur le point de dormir pour rentrer.

Mais, moins de deux heures après, la douleur me réveille.

Pas de contractions douloureuses, non. Mais, un dos en bouillie. Impossible de trouver une position confortable. Je fais des aller-retour dans le couloir en espérant que cela passe ou que le travail se mette vraiment en route. Avec un mal de dos pareil, je ne pourrai jamais accoucher.

La  nuit s’étire lentement. Je me sens déjà épuisée et les choses sérieuses n’ont même pas encore commencé !

Six heures du matin, l’infirmière me propose de procéder à un nouveau monitoring. Bébé va bien. Je téléphone à Monsieur le Rond. Je n’ai pas envie de rester seule plus longtemps. Il se lève, boit un café et prend la route immédiatement.

Je ressens des contractions de plus en plus fortes mais très gérables.

On examine mon col. Pas de changement. Je fonds en larmes. La sage-femme tente de me rassurer. Il ne s’est pas dilaté, mais, elle a l’impression de sentir mieux la tête du bébé, ce qui implique qu’il s’est un peu affiné. Mais, il est encore « antérieur », donc, l’accouchement n’est pas pour l’heure.

Monsieur le Rond arrive au moment où on me pose un second ovule. Je somnole dans ses bras, au rythme des contractions de plus en plus douloureuses mais anarchiques.

Le petit déjeuner arrive. Je mange quatre tartines à la confiture. Je me force un peu. J’ai peur que mon prochain repas soit lointain.

A 10 heures, on nous propose d’aller en salle de travail. Je découvre le lieu où je vais passer les prochaines heures les plus douloureuses de ma vie. La salle est accueillante, la baignoire a l’air assez large pour que je puisse m’y prélasser, et le personnel est adorable.

On examine à nouveau mon col. Il s’est enfin dilaté. D’un demi-centimètre. En 4 heures. C’est pas gagné. M’enfin, c’est déjà ça de pris.

On me pose un monitoring mobile. Je pourrai bouger autant que je veux sans que l’on perde le contrôle du bébé.

Je me berce au son de son rythme cardiaque. Petit pois est un exemple de zénitude. Il n’a pas l’air de souffrir.

De mon côté, les contractions augmentent d’intensité. Je commence à ressentir le besoin de souffler lorsqu’elles se manifestent. Serrer les dents ne me suffit plus à les gérer.

On refait un examen à 11 heures. Mon col s’est encore dilaté. D’un centimètre cette fois. A raison d’un centimètre par heure, je calcule que j’en ai encore pour plus de sept heures.

J’ai peur. Sept heures, c’est long. Aurais-je le courage de tenir si longtemps ?

A midi, on reprend ma tension. Elevée. On regarde le col. Peu d’évolution.

L’équipe s’interroge. Au vu des résultats de la dernière échographie, de ma tension, de mon obésité et d’autres paramètres, ils estiment qu’on ne peut pas faire durer ma grossesse plus longtemps. Il faut accélérer le travail. D’autant que je maintiens ma décision : pas de péridurale. Or, ils ont peur que s’ils attendent plus longtemps, je ne tienne pas la route.

Deux choix s’offrent à moi : une perfusion d’ocytocine ou percée de la poche des eaux. Mais, la perfusion n’est absolument pas envisageable. Si je refuse la péridurale, c’est parce que je ne peux pas supporter une perfusion dans mon bras.

Une sage-femme propose alors de me faire avaler des pilules d’ocytocine. C’est moins efficace que la perfusion, mais, ça ouvre les possibilités.

Ma gynécologue arrive à ce moment-là.

Elle me propose de choisir plutôt la percée de la poche des eaux. Ça accélèrera le travail de manière plus naturelle que les hormones de synthèse.

Je suis terrifiée. Si l’on perce, il n’y aura plus de retour en arrière possible. Petit pois verra le jour aujourd’hui, et je ne sais pas si je suis prête.

Je pleure dans les bras du Rond qui me réconforte comme il peut. Puis, la sage-femme rentre dans la salle et m’installe sur la table d’examen. Elle sort le matériel pour percer la poche et mon angoisse monte en flèche. J’ai une phobie des actes médicaux intrusifs (comme la perfusion). Et l’idée qu’on m’insère un machin pour percer la poche est difficile à gérer pour moi.

On m’assure que le bébé ne risque rien. Que je ne sentirai rien non plus. Elle se lance. Un flot d’eau jaillit de mon entre-cuisse.

La sage-femme sort de la salle. Pour elle, une simple routine. Pour moi, c’est plus que ça. Je suis morte de terreur. Je vais mettre mon bébé au monde et je ne me sens pas prête. Mes larmes ne se tarissent pas. Monsieur le Rond cherche les mots pour me rassurer.

Une sage-femme rentre dans la salle en entendant mes sanglots. Elle s’inquiète. Monsieur le Rond lui explique que j’ai seulement un moment d’angoisse. Elle reste un peu et me pose quelques questions. « Etiez-vous d’accord pour qu’on vous perce la poche ? ». Je me rends compte que non. Je n’ai pas manifesté mon accord. Je n’ai pas refusé non plus. Je me suis laissée faire. Et maintenant, c’est trop tard.

Mais, Monsieur le Rond rationalise. Petit pois a besoin de sortir et moi, j’ai besoin d’être soulagée aussi. On a fait ce qui est le mieux pour nous deux. Quant à ma crainte de ne pas être prête, il me rappelle que je ne serai jamais seule. Qu’il sera là dans mes moments de faiblesse et que tout ira bien. Je ne suis pas ma mère. Il n’est pas son père. On va être des parents, tous les deux, et on fera du mieux qu’on peut.

Il calme enfin mes angoisses. Les contractions s’intensifient encore.

Après deux heures, on regarde mon col. Ca y est. Les choses sérieuses commencent. Mon col est dilaté à 5 centimètres. L’équipe m’assure que le plus long est passé. Je m’accroche à cet espoir.

La naissance d’une merveille – Part two

La naissance d’une merveille – Part three

Journal de grossesse – M-1

Cher Petit pois,

Voilà déjà 8 mois que nous partageons le même corps.

8 mois ! Tu te rends compte ? C’est beaucoup et peu à la fois. Pour toi, c’est énorme : c’est toute ta vie.

Tu prends désormais beaucoup de place à l’intérieur de mon ventre. Mes collègues me font remarquer que mon bidou s’agrandit à vue d’oeil. Je t’avoue que d’ailleurs, je suis désormais incapable d’enfiler mes leggings qui m’ont pourtant tenu jusqu’ici avec largeur. (Tu remarqueras que j’ai eu la brillante idée de commander par correspondance des pantalons de grossesse pile poil avant de ne plus avoir de pantalon à mettre ! Ca c’est du flair de Ronde, Petit pois !).

Durant ces 8 mois, tu as du ressentir beaucoup d’émotions de ma part. Tu apprends, petit à petit, que la vie est faite d’émotions plus ou moins agréables. Ce n’est ni bien ni mal. C’est la vie, tout simplement. Parfois, je me culpabilise de pleurer ou de me sentir mal. Puis, je me rappelle que tu n’y mets pas encore de sentiments négatifs ou positifs et que ce sera notre rôle, à ton père et moi, de t’apprendre à gérer ces émotions qui, je l’espère, ne t’épargneront pas.

Le jour de notre rencontre s’approche à grand pas. Je l’appréhende autant que je l’attends avec impatience. J’ai envie de te voir, de te sentir, de te « partager » avec ton père. J’ai peur de ne plus être la seule chose dont tu aies besoin, de ne plus être le centre de ton petit monde. Ce pouvoir est si envoûtant et si stressant en même temps.

Et puis, j’ai peur du passage, de la transition entre ta vie dans mon ventre et ta vie sur terre. J’ai peur de la douleur. J’ai peur de mal faire. J’ai peur que mon corps ne soit pas à la hauteur. J’ai peur de te faire mal. J’ai peur que tu souffres lors de ton passage. J’ai peur de ne pas gérer la douleur. J’ai peur.

Mais, j’ai confiance aussi. Parce que depuis le début de notre rencontre, nous avons formé une équipe d’enfer, toi et moi. Tout se passe à merveille. Presque pas de couacs. Et les petits couacs que nous avons rencontrés, nous les avons gérés comme des warriors. Pourquoi notre accouchement en irait-il autrement ?

Par contre, j’ai comme un pressentiment. Entre le 3 et le 13 avril, la gynéco, la kiné et ta grand-mère seront en vacances (en même temps, pui, oui. Même si elles ne se connaissent pas et qu’elles ne partent pas au même endroit). Ta naissance est certes prévue pour le 21. Mais, mon petit doigt me dit que tu choisiras pile la semaine où elles seront absente pour pointe le bout de ton nez… Et si tu me contredisais, Petit pois ? 😉

Quoi qu’il en soit, ton père et moi nous préparons, comme nous pouvons, à ce grand bouleversement annoncé très prochainement.

Nous avons dressé ta liste de naissance sur un blog. Nous avons acheté les meubles de ta chambre. Nous avons retrouvé les vêtements de naissance de ton père et ta tante. Nous avons acheté des livres pour se préparer à t’accueillir et à te comprendre.

J’ai même commencé ma valise de maternité. Mais, Milichat a passé une nuit dedans, et je dois tout relaver, rapport à ses longs poils qui se sont incrustés dans tous tes vêtements propres. (Et puis, c’est pas comme si ton père et moi avions l’habitude de tout faire en dernière minute… Hum!).

Niveau choix de ton prénom, on avance bien aussi. A priori, tu devrais en posséder un assez rapidement après ta naissance, promis juré !

En attendant, continue à prendre soin de toi, Petit pois. Et puis, à bouger aussi. Parce que ça me rassure de te sentir bien vivant. (Même si j’apprécierais que tu vises autre chose que mon estomac la journée et ma vessie la nuit, histoire que je puisse manger et dormir normalement).

Des bisous, mon enfant !

Brèves de bavarde

*** Bébé s’est tourné. J’ai à présent des coups dans le pubis et l’estomac. Plus qu’à espérer que c’est bien la tête en bas et les pieds en haut.

 

*** Mon estomac s’en prend plein la tronche et me le fait durement payer : des aigreurs d’estomac à tout va. J’aime…

 

*** Un monsieur m’a gentiment demandé si j’étais enceinte et a fait se lever quelqu’un dans le métro pour que je puisse m’asseoir… Et, ça m’a fait super plaisir ! 🙂

 

*** Aujourd’hui, j’ai osé demander une place assise toute seule comme une grande.

 

*** Ma vie de famille est quelque peu mouvementée… Pas de mon côté (pour une fois) mais du côté de mon chéri ! Un truc tellement énorme que ça me met en rage folle mais, j’ose pas vous embêter avec ça ici.

 

*** J’ai acheté un coussin d’allaitement. Pour mieux dormir. Il est beau. Il est blanc. Mais, il m’empêche de dormir contre mon amoureux…

 

*** Ce week-end, je fais ma valise de maternité. Je n’aurai plus aucune raison de stresser, si le jour J se pointe trop tôt. (N’est-ce pas ? ^^)

 

*** La semaine prochaine, si tout se passe bien, on met un grand coup d’accélérateur, avec ma belle-maman adorée, pour préparer comme il se doit la venue de Petit pois. Au programme : nettoyage de notre cave (qui a été inondée), (re)descente du bazar dans la cave pour vider la chambre de Petit pois, ponçage d’un mur (en piteux état), peinture de la chambre et aménagement du premier meuble que nous avons : la table à langer (s’il naît, on pourra le changer mais pas le faire dormir ! On est des gens organisés, nous ! :D).

 

*** Je flippe quand même pas mal à l’idée de devenir mère. Un bébé va sortir de mon ventre (et ça aussi, ça fait flipper) et après, notre vie va changer. Pour toujours. Et j’aime pas le changement. Cela dit, 2013 aura été l’année du changement ! Entre le bébé et mon nouveau job, je jongle avec tous les changements qui s’imposent, et j’apprends à gérer. Même si je déteste toujours autant ! C’était bien, quand même, quand j’avais 5 ans et que je croyais à Saint-Nicolas, et que ma plus grande inquiétude était de savoir si Nicolas était toujours amoureux d’Hélène, et si mon chat (Flocon, un gros chat blanc) allait de me faire des papouilles dans le lit ! 😀

Ce sera une fille ou un garçon ?

Quand tu annonces ta grossesse, il y a une série de questions immuable que tout un chacun te pose. On dirait presque qu’il y a une sorte de code de bonne conduite du discours à tenir à la femme enceinte qui commence comme ça :

– lui demander si ce sera une fille ou un garçon. Souvent, cette question prime les autres. Pourquoi ? On n’en sait rien. Quand tu annonces que tu ne veux pas le savoir, tu vois souvent une lueur d’interrogation dans le regard de l’autre (Mais enfin, avec la technologie actuelle, c’est bizarre, non ?). Mais, parfois, il arrive que cette question n’arrive qu’en deuxième position, précédée de celle-là :

– « Et c’est pour quand ? » Ou « depuis combien de temps ? » (avec des variantes originales du genre « et tu es enceinte de combien ? » La première fois, j’ai répondu « d’un » avant de comprendre qu’on ne me demandait pas le nombre de petit pois qui grandissait dans mon ventre). Ça a l’air d’être une information cruciale. Que tout le monde oublie, une fois annoncé, puisque cette question revient tout au long de la grossesse.

– « Ça va ? Pas trop de nausées ? » Cette question est posée qu’importe le stade de la grossesse. Un jour, j’ai entendu quelqu’un poser la question à une femme presqu’à terme. Mais, c’est rassurant de savoir que les clichés sont rencontrés, sans doute. Cela marche donc aussi avec les bouffées de chaleur, les crises de nerfs due aux hormones et les envies de fraises, sans oublier le nombre de fois où tu vas faire pipi (tu remarqueras que JAMAIS on ne te posera cette question en dehors de ta grossesse ou si tu es un homme – sauf corps médical).

– lui raconter la bonne grosse boucherie qu’a constitué l’accouchement de Tartenpion, qui est passé par une épisiotomie forcée, avec moult forceps et ventouses, péridurale qui a foiré, médecin incompétent, bébé presque mort né et maman à deux doigts de la paralysie à vie, avant de finir par une césarienne sans anesthésie. Miam.

J’avoue que cette dernière étape, je ne la comprends pas beaucoup… L’envie de montrer que l’on sait de quoi on parle ? L’envie de faire très peur ? La certitude que si on part avec de telles appréhension, l’accouchement réel paraîtra nettement plus chouette et sympa ?

 

Et sinon, toi, tu poses quelle genre de question à une femme enceinte ? On t’a filé un guide spécial ou tu improvises ? Et toi, miss enceinte ou maman, on t’a posé quoi comme question ? Des réponses originales ?

Journal de grossesse #7 : survivre à l’accouchement ?

Cher petit pois,

Je sais de source sûre que l’accouchement est une étape naturelle et nécessaire à ta venue au monde.

Mais, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur sa pertinence.

Nan, parce que, je veux dire, c’est quoi le délire ?

Pourquoi devrais-tu passer à travers mes cuisses en traversant mon ventre et mon vagin pour respirer ton premier bol d’air ?

Je n’en perçois pas tout à fait l’intérêt, je dois t’avouer.

Je te prie donc de trouver une autre issue à ce beau partage.

Tu as encore 7 mois et des brouettes pour réfléchir à la question.

En te remerciant.

Ta mère chérie (et apeurée)