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Un RDV (presque) raté à la 1ère crèche…

Hier après-midi, je consulte mon agenda pour inscrire un RDV professionnel.

Mes yeux se posent sur la date du jour. Sur l’inscription, en haut. Celle qui indique que j’avais RDV à 8h, dans une crèche pour inscrire petit pois, ce matin.

Mon coeur rate un battement ou deux.

Merde ! J’ai raté le RDV !

Je rappelle illico. On ne sait jamais.

La dame m’explique que oui, j’avais RDV ce matin et qu’elle m’a attendue. M’enfin, allez, elle veut bien me donner RDV demain matin.

Ouf !

Ce matin, donc, je n’oublie pas le précieux RDV. (Quand même, j’ai une mémoire de poisson rouge, mais pas à ce point).

Arrivés à l’heure, mon chéri et moi sommes inquiets, impatients, surexcités, effrayés. On fait des démarches en vrai pour bébé, et c’est, mine de rien, une étape importante dans notre lien à notre enfant.

Elle nous fait visiter les lieux.

On regarde.

On ne sait pas quoi regarder. Les bébés qui jouent ? Les jouets ? La couleur du tapis ?

Je vois bien que la directrice nous scrute. Je me sens en examen oral.

Je m’extasie niaisement devant la pièce, le regard vide.

Elle nous explique le fonctionnement des lieux, les repas, les différents coins bébé/moyen/grand.

Elle nous demande si nous avons des questions.

Nous en avons.

Mais, elle y a déjà répondu. On se sent un peu bêtes.

Oui, on peut amener son lait maternel.

Oui, ils utilisent des langes lavables.

Oui, ils s’occupent des repas, sauf le lait.

Oui, la liste d’attente est longue.

Je tente quelques questions, « au hasard ».

« Et donc, quel est votre projet pédagogique ? »

« Mais, je vous l’ai dit. Nous faisons blablabla ».

Ah oui, c’est vrai, elle l’a dit.

C’est surtout que je ne savais pas que c’était ça, un projet pédagogique avec un bébé.

« Et on a de l’espoir d’avoir une place ? »

« Je ne pourrais pas vous dire. Mais, nous décidons nous-même des inscriptions. Sur la base de critères qui nous sont propres. Et qui ne dépendent pas nécessairement du moment de l’inscription. »

Ah.

Et puis, elle nous pose quelques questions sur bébé :

Son nom de famille. Logique.

Son prénom. On ne connaît même pas son sexe. Comment tu veux qu’on sache déjà son prénom ?!

Vos horaires de travail ? Nous avons tous les deux un horaire flexible (enfin, semi-flexible, pour papa, puisque c’est son chef qui choisit s’il fait un horaire ou l’autre). On lui explique et on lui donne les horaires étendu (7h30 – 18h).

Les horaires où vous comptez laisser bébé ici ? Euh, nous avons un horaire variable. Donc, on ne sait pas. Cela variera d’une semaine à l’autre. Et puis, honnêtement, c’est notre premier bébé. On ne sait pas encore trop comment les choses vont s’organiser.

A sa tête, je comprends que c’est une mauvaise réponse.

Sauf que je ne vois pas trop ce que j’aurais du dire d’autre…

L’entretien se termine.

Ostensiblement, elle ouvre le classeur des inscriptions, tourne page après page et range notre dossier… en dernière position.

Bon, c’est mal barré.

Tant pis. On en a encore 6 autres à visiter.

La journée sans voiture ou la journée sans cerveau ?

Ce dimanche, à Bruxelles, c’était la journée sans voiture.

Une chouette journée à l’occasion de laquelle les citoyens se parent de leurs plus belles roues ou jambettes (pour les moins équilibristes, comme moi) afin de découvrir la ville autrement.

En réalité, pour moi qui n’ai pas de voiture (ni même de permis), ça ne change pas grand chose. Je vois ma ville à pied tous les jours. Un de plus ou un de moins, franchement.

N’empêche, que c’est pas mal de laisser une journée à la ville pour s’aérer les poumons, loin des crasses de moteur en tout genre. (Bon, tu remarqueras qu’il y a quand même des moteurs qui tournent : les bus, les taxis, et les voitures qui ont obtenu une dérogation (plus de 20.000 quand même), mais soit, ne soyons pas fine bouche).

Malheureusement, la Ville n’a pas tout à fait prévu que les gens ne penseraient pas à enfiler leur cerveau…

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que nous avons côtoyé des cyclistes et autres usagers en roue qui estiment que tout leur est du :

  • Pourquoi klaxonner pour dépasser les gens ? Les bousculer et les insulter parce qu’ils ne se sont pas déportés sur le côté tous seuls c’est tellement plus malin.
  • Dépasser un bus en roller par la gauche en prenant soin de bien rester dans son angle mort, le tout dans une rue en pente, c’est so in.
  • Rouler à vélo à toute vitesse au milieu d’un parc avec des enfants et des chiens ? Un must à faire au moins une fois dans sa vie ! Points bonus à chaque chien et bambins renversés. Frissons garantis.
  • (catégorie hors roue mais sans cerveau quand même) : laisser son chien sans laisse gambader joyeusement dans les pattes d’un cheval apeurés : le top pour une après-midi garantie pleine de sang, d’oeil mort et de véto d’urgence (histoire vraie, quand même). Points bonus quand cela se passe dans un parc, avec plein d’enfants qui hurlent à la vue du sang.

Le summum du summum qui m’a mise en pétard, c’est ce couple,, là, celui qui m’a prise à partie, mais pas vraiment.

On décide de traverser une avenue, mais pas n’importe laquelle : celle où il y a trois bandes de circulation de voiture dans les deux sens, en plus des rails du tram et du couloir spécial bus. Tu visualises un peu le machin.

Le feu est rouge. Il y a une quantité incroyable de vélos qui déboulent. On attend donc patiemment que le feu devienne vert pour nous. Mais, un feu rouge n’arrête pas les vélos, sache-le : ils sont au-dessus des lois de la sécurité routière.

On slalome donc entre les vélos pour essayer de traverser, tant bien que mal. Quand un monsieur s’arrête et fait s’arrêter sa compagne :

« chéri arrête-toi »

« mais quoi ? On n’est pas déjà arrivés ? »

(Pendant ce temps, nous avançons dépassons le couple)

« Non, mais ces gens veulent passer »

(Un petit coup d’oeil vers le monsieur, un petit sourire, genre « merci monsieur de comprendre »)

« Et alors ? On est à vélo, non ? Peuvent bien attendre deux minutes »

« Ouais, mais tu sais, les gens sont bêtes. C’est vert pour eux, alors, ils avancent, sans réfléchir ! »

WTF ? (oui, je sais, ce vocabulaire sera bientôt banni de ma bouche, mais d’ici là, hein… Après tout, les jeunes enfants, ils vont pas lire ce blog, non ?)

Évidemment, ils avaient enfourchés leur vélo et étaient déjà loin mais je leur aurais bien balancé ma bouteille d’eau Evian sur la tronche, tu sais, celle que je n’arrivais pas à vider, faute d’un arrêt des nausées durant toute la journée (tu comprends mieux ma vulgarité, si je te dis que quand même, j’ai perdu 5 kilos en moins de 4 semaines, tellement je ne mange rien de chez rien ?).

Sinon, très sympa, hein, la journée sans voiture. Mais, je crois que l’an prochain, on ne sera pas à Bruxelles, ce jour-là. A moins qu’on ne descende une rue bien pentue accrochés à la poussette avec le chien en guise de traineau ?

La ronde a adopté un chien

Je te le disais, lundi, en coup de vent : j’ai adopté un chien. Un chiot, plus exactement. Une jeune demoiselle toute noire, toute mignonne, avec des yeux à tomber d’amour.

Après deux semaines de cohabitation, je te le dis comme je le pense : un chiot, c’est un bon test avant d’avoir un bébé, pour un couple.

Tu crois qu’il y a plein de choses qui sont acquises. Tu crois être sur la même longueur d’onde et au moindre incident : patatras ! Ton chéri et toi agissez exactement à l’opposé l’un de l’autre. Parfois même en sachant que l’autre a raison mais en étant incapable d’agir autrement, parce qu’on est à bout, fatigué, énervé, de mauvaise foi.

C’est l’occasion de tester la cohérence du couple et des décisions de couple. C’est l’occasion de tester ce que l’on peut attendre de l’autre, mais aussi ses limites. Sans oublier que cela te permet de tester tes propres limites.

Un chiot, c’est une montagne d’amour inconditionnel avec la montagne d’emmerdements qui vont avec.

Maintenant qu’elle est là, pour rien au monde je voudrais m’en séparer. Pourtant, certains jours, je suis (déjà) à bout et je me demande si j’arriverai à lui donner tout l’amour et l’éducation dont elle a besoin. Et cela me renvoie, inévitablement, à mon désir d’enfant.

Bien sûr, l’Ogre (mon mari-chéri) me rappelle qu’un bébé n’est pas un chiot et inversement. Je sais cela. Loin de moi l’idée, d’ailleurs, de traiter le chien comme un humain.

Mais, si j’arrive à être à bout après deux semaines de chiot, qu’en sera-t-il après 9 mois de grossesse ? Si j’arrive à me faire déborder par mon chiot, qu’en sera-t-il de mon enfant ? Si je n’arrive pas à apprendre les bases de l’éducation à un chiot, qu’en sera-t-il de l’éducation de mon enfant ?

 

Je veux dire, un bébé n’est pas un chiot. C’est encore plus de responsabilités et de difficultés. Serais-je capable de gérer ça ?

La ronde mange un peu trop

Chaque jour, une petite bouche en trop suit une autre petite bouchée en trop qui en suit une autre et ainsi de suite.

Mon corps, ne sachant que faire de toutes ces bouchées, les planque en réserve au cas où.

Au cas où quoi, on se le demande.

Non, parce que, vu ma masse corporelle, je brûle plus de Kcalories par jour qu’une personne « normale ». Et mon corps a besoin de pas mal d’énergie pour déstocker la graisse. En toute logique, je mourrai plus vite en cas de famine. C’est malin !

Mais, je suis comme ça. Je garde en réserve. Au cas où.

Mon corps ne fait qu’imiter mon comportement habituel, en somme. Chaque jour, passent devant moi des objets que je planque en réserve, au cas où. Mais, là n’est pas le sujet du jour.

Ces derniers temps, mon poids a sensiblement augmenté. Combien ? Je n’en sais rien. Je ne me pèse plus. Depuis que je zermate (même à moitié), mon poids reste assez stable et la pesée ne m’apporte plus grand chose. Mais, je sens, à mon ventre et à une foutue vergeture qui commence dans le creux de mon bras gauche, que j’ai pris quelques kilos. Pas des tonnes, hein. Pas de quoi s’alarmer. M’enfin, quand même.

Je traverse, en ce moment, une phase extrêmement pénible en même temps qu’extrêmement joyeuse de ma vie. C’est un peu difficile à comprendre, mais pourtant, c’est exactement cela.

Je n’arrive pas à m’arrêter à ces choses si positives, parce que je suis en train de changer. En quelques mois, j’évolue autant qu’un enfant qui devient adulte en passant par sa phase d’ado.

Il y a pas mal d’étapes que je n’ai pas vécues, petite, parce que je ne pouvais pas me le permettre. Comment faire une crise d’ado, quand ta mère a pondu 5 enfants après toi mais est en dépression telle que tu dois prendre le relais et devenir leur « maman de substitution » ? Comment être une ado qui tombe amoureuse quand, à la maison, un homme te court après et que tu dois, sans cesse, te protéger pour qu’il ne te saute pas dessus ? Comment faire des bêtises d’ado ou d’enfant, quand tu te prends déjà des coups pour un oui ou pour un non ?

Alors, j’ai été une ado sans problème. Le genre d’ado que les profs adorent. Celle qui fait certes ses devoirs en retard, sur un coin de table le matin. Mais qui écoute en classe. Qui ne crise pas pour un rien. Qui ne fume pas. Qui ne se drogue pas. Qui ne sèche pas les cours.

La seule prof qui ne m’aimait pas c’était la prof de gym. (Là, j’exagère un peu, j’ai eu d’autres profs qui ne m’aimaient pas, mais, pour d’autres raisons et il y a eu des profs de gym intelligents aussi parmi ceux que j’ai côtoyés). Parce que j’étais de celles qui, trop grosses, peinaient à faire les exercices imposés. Heureusement, on n’était pas nombreuses à être grosses. Et heureusement, la Ronde n’avait pas encore une grande bouche à l’époque. Elle n’osait pas affirmer trop fort que ses 3 kilos en trop (puis 5 puis 10) n’étaient pas la cause de ses difficultés mais un asthme du à une pneumonie mal soignée parce que ses parents n’avaient pas jugé utile de poursuivre les séances de kiné.

Alors, ces étapes, je les vis maintenant. Je me rebelle. Je dis stop. Je dis non.

Sauf que je dois apprendre en quelques mois à poser des limites ni trop lâches ni trop stricte. Je dois apprendre à me faire respecter sans m’imposer. Je dois apprendre toutes ces choses que l’on apprend ado, sans s’en apercevoir, sauf que moi, je suis adulte et qu’il y a beaucoup de choses que l’on ne pardonne pas à un adulte, qui est censé savoir que telle ou telle chose se fait ou non.

Je vis des métamorphoses en complète inadéquation avec mon âge mais parfaitement indispensables pour devenir, un jour, une jeune femme épanouie et une maman heureuse.

J’ai l’impression que mes amis ne comprennent pas ce besoin. Je m’éloigne, petit à petit de tout ceux qui comptent tellement pour moi, mais que je ne veux pas faire souffrir.

Alors, je mange. Au-delà de ma faim. Quand j’en prends conscience, j’arrive à m’arrêter. Mais, il me faut souvent plusieurs bouchées avant d’en prendre conscience. Plusieurs fois, ces derniers jours, j’ai re-mangé au point de me sentir mal. Cela ne m’était plus arrivé depuis longtemps…

 

Heureusement, dans cette même période, je me suis mariée, je suis devenue proprio et je suis partie en voyage de noces. Trois beaux projets menés de front. Avec plus ou moins de brio. Avec beaucoup de difficultés, surtout.

 

Je ne suis pas sûre que c’était la meilleure période pour entamer ces projets, parce que je ne suis pas certaine d’être à même d’en profiter. J’en garde, parfois, un souvenir amer, plus qu’heureux. Amer de tout ce qui a entouré le projet, malgré le bonheur du projet lui-même.

Alors, je mange, pour oublier cette tristesse. Pour m’oublier moi, aussi, un peu. Pour m’évader loin de cette réalité qui me fait souffrir. Sauf que manger me fait souffrir aussi. C’est con…

 

Mais, c’est un fait : je mange trop…

 

EDIT : Je suis consciente de dévoiler, ici, des choses très personnelles et très graves. Mais, je sais aussi que je suis loin d’être la seule dans ce cas. Et que, peut-être, un jour, quelqu’un passera par ici et se sentira concernée… Et que ce quelqu’un osera, à son tour, en parler. Pour ne pas rester dans le mutisme et dans la honte.