Archive | janvier 2013

Quand un médecin se plante sur toute la ligne

Mardi matin au réveil, je suis au bout de ma vie.

Depuis une semaine, j’ai un début de sinusite. Je la traîne en priant fort que cela passe. Mais, mardi, c’est le pompon : plus de voix, ma gorge me fait un mal de gueux. Ma tête est un étau.

J’hésite à aller au boulot, mais, une petite voix me dit « ttt, la Ronde, t’es crevée mais surtout, t’es enceinte ! Là, t’as la crève. Faut rester chez toi et appeler un médecin! ». Cette petite voix a un double : celle de mon mari-chéri.

Je capitule et reste donc au chaud. J’appelle mon médecin traitant qui ne fait pas de visites à domicile chez moi. Mais elle me conseille un confrère qui habite pas loin et qui pourra sans doute venir.

Et en effet, il vient. Avec une heure et demie de retard. Il m’explique qu’il est arrivé à temps, mais qu’il avait retenu le mauvais étage. Il a cherché mon nom (au mauvais étage (note, il a cherché un étage en-dessous du mien, hein)). Alors, il a fait les entrées des 8 autres bâtiments (quand même, hein, sachant qu’il y a 3 entrées par bâtiments…). Puis, il est rentré chez lui à la recherche de son agenda où il avait noté l’adresse. Il a cherché partout avant de le retrouver en-dessous de son siège auto. Il a alors vu qu’il s’était trompé d’étage et il est revenu.

Soit.

Je souris. Franchement, j’avais dormi tout le temps, alors, un peu plus, un peu moins, j’ai pas vu le temps passer.

Le docteur est bavard. Il me demande ce que j’ai.

Je lui explique mes symptômes. Je suspecte une sinusite et une trachéite. Il a l’air dubitatif.

Il pousse sur mes pommettes et me demande si je souffre. Franchement, là tout de suite, non. Il me dit que je n’ai donc pas de sinusite. Je lui explique que j’ai mal le long de l’arrête de mon nez, derrière les orbites et aux gencives. Que j’en déduis une sinusite, parce que ce sont les symptômes que je développe toujours dans ce cas-là. Il me demande de mettre ma tête en avant, le corps plié en deux. Je m’exécute. Oui, j’ai la tête congestionnée. On le serait à moins avec le nez bouché et la tête en étau. Soit. Il me confirme la sinusite.

Il regarde mes oreilles. Je lui dis que j’ai beaucoup de cérumen. Il me dit que pas du tout. Je lui dit que je suis étonnée parce que depuis deux jours, je suis obligée de me laver les oreilles deux fois par jour (au lieu de deux fois par semaine) et que chaque fois, mes cotons-tiges sont oranges. Il me dit que j’ai les oreilles parfaitement propres et sans cérumen du tout. J’ai un doute. Mais, tant pis. C’est lui le médecin.

Je lui demande s’il peut examiner ma gorge sans bâton sur ma langue. Il a l’air dubitatif, à nouveau. Visiblement, il n’avait pas prévu de regarder ma gorge (ou alors, j’interprète mal). Il regarde et me dit « Et vous avez mal avec ça ? C’est étrange, parce qu’il n’y a rien ».

Ah.

Sauf que ma gorge est en feu et que ma voix se casse à intervalle régulier, sans parler de ma toux qui me déchire les entrailles.

Il écoute mes poumons. « Ils sont bien clairs ».

« Bon, si vous avez mal, je vous donne un sirop »

« Je suis enceinte de 6 mois et demi. C’est pas mauvais pour lui ?  »

« Non, pas du tout. Je vous donne aussi un spray pour le nez et vous pouvez prendre du Dafalgan ».

« Oh, vous savez, le Dafalgan, moi, ça ne me fait rien. Depuis le début de ma grossesse, je ne peux plus rien prendre. La seule chose qui fonctionne, c’est l’aspirine, qui est interdit ».

« Non, non. Vous pouvez en prendre ».

‘Vous êtes sûr ? Ma gynéco me l’a interdit ! ».

« Non, non, c’est interdit qu’au premier trimestre. Là vous êtes au troisième, vous ne risquez plus rien ».

« Ah »

Dans ma tête, je me jure de poser la question à ma gynéco avant d’en prendre. On ne sait jamais.

Il s’en va. J’ai ma prescription et mon certificat médical.

Mais, je suis complètement HS. Je passe la journée à dormir.

Le soir, c’est mari-chéri qui va prendre mes médicaments à la pharmacie. Mais, par acquis de conscience, il demande à la pharmacienne si ce que j’ai convient pour une femme enceinte.

« Vous êtes sûr que c’est une prescription pour une femme enceinte ? »

« Euh, oui. »

« Ecoutez, ce sirop est totalement interdit aux femmes enceintes. Il contient un antibiotique contre-indiqué en cas de grossesse ainsi que de la cortisone. Le spray est déconseillé, sauf dans des cas grave. »

« Ah… Il a aussi dit que ma femme pouvait prendre de l’aspirine. Vous en pensez quoi ? »

« Mais, il savait qu’elle était enceinte ? »

« Oui, elle lui a dit. Et puis, vous savez, elle est au troisième trimestre. Maintenant, sa grossesse se voit ».

« Je ne comprends pas, parce que l’aspirine aussi est déconseillée ».

« Ah. Et qu’est-ce qu’elle peut prendre alors ? »

« Ben, je vais vous donner un sirop pour la toux qui n’est pas nocif pour le bébé et demandez à un médecin, un autre médecin, pour savoir si elle a besoin d’antibiotiques »

 

Il est déjà tard. Je reporte mon appel au lendemain matin. A un oncle médecin. Qui confirme ce que la pharmacienne a dit.

En y repensant, je me rends compte qu’en plus de me prescrire des médocs interdit aux femmes enceintes, il m’a prescrit un antibiotique sans m’en avertir et donc, sans que je puisse lui parler de mon allergie à la pénicilline, l’un des antibiotiques les plus courants.

Pff ! Cela me met en rage.

Alors, non, je ne porterai sans doute pas plainte à l’ordre des médecins, mais son nom a été transmis à cet oncle et le sera très bientôt à mon médecin traitant qui me l’a recommandé. A eux de décider si la faute est assez grave pour qu’une plainte soit déposée…

D’ici là, je bénis ma pharmacienne qui m’est toujours d’excellent conseil !

 

Et toi ? Ca t’es déjà arrivé un truc pareil ? T’en penses quoi ? Je devrais faire quoi selon toi ?

Suis-je en train de devenir une blogueuse/maman ?

Parfois, je me pose la question. Surtout quand je me rends compte que les 6 derniers billets concernent Petit pois.

Je reste pourtant moi, avec mes peurs, mes failles, ma bonne humeur, ma joie de vivre, mes humeurs, mes envies, mes anecdotes de ronde, tout ça.

Mais, il est vrai que ce petit pois, du haut de son petit kilo, prend une place d’envergure dans ma vie. Il ne se passe plus un instant sans que je ne pense à lui.

Je me sens devenir autre.

La même femme mais avec des priorités de maman.

La même ronde avec des considérations de maman.

La même râleuse avec des remarques de maman.

La même angoissée avec des peurs de maman.

La même blogueuse avec des intérêts de maman.

Bref, la même mais un peu différente.

Mon blog suit, naturellement, cette tendance.

Désormais, quand je prends le métro, je protège mon ventre. Quand je prends froid, je me soigne. Quand me lève, je prends garde à ne pas aller trop vite. Quand je m’assieds, je vérifie qu’il y aura de la place pour mon ventre. Quand je me couche, je suis aux aguets des mouvements de petits pois. Quand je rédige un long document, je fais des poses pour que Petit pois ne soit pas trop écrasé contre la table (la joie d’avoir de mauvais yeux). Quand je mange, je réfléchis à ce qui pourrait faire du bien au Petit pois. Quand je fais pipi, je bénis de ne plus sentir les petons de Petit pois sur ma vessie. Quand je lis, je suis rassurée par les petits coups de Petit pois. Quand je bois de l’eau, j’imagine Petit pois se rafraîchir. Quand je me douche, je prends un soin particulier à laver mon ventre et ma zone intime (faudrait pas que des vilains microbes partent à son assaut). Quand je regarde un film, j’imagine la future vie de Petit pois.

Il ne se passe pas un instant sans que je ne pense à lui, donc.

Je ne sais pas si c’est un bien ou un mal. Les choses se passent comme ça. Je n’ai pas vu le changement venir mais, je me sens bien comme ça. Alors, pourquoi vouloir autre chose ?

Bien sûr, parfois, j’ai peur de me perdre. J’ai peur de ne plus exister qu’à travers lui. C’est pour ça que je me réserve des billets rien qu’à moi, sans lui. C’est pour ça aussi que son papa sera là : il m’aidera à prendre le relais. C’est pour ça également que je continue à avoir des projets personnels, indépendemment de lui. Mais, je sais que ma vie chage. Certaines mamans disent que cela a commencé le jour de la naissance du bébé. Je ne peux encore rien affirmer : je n’y suis pas passée. Mais, le changement s’est déjà bel et bien amorcé !

Je ne me lave pas tous les jours

« Whatt !? La Ronde, elle se lave pas tous les jours ??? Oh, la te-hon ! La dégueu, quoi ! Beurk ! »

J’entends d’ici les remarques plus ou moins désobligeantes fuser.

Tant pis, j’assume : non, je ne me lave pas tous les jours. Du moins, pas systématiquement.

Evidemment, je lave mes mains plusieurs fois par jour. Surtout après avoir été aux toilettes (à chaque fois!) (tu remarqueras que parmi ceux qui pousseront des cris d’orfraies, certains ne se lavent pas systématiquement les mains en sortant des toilettes, ce que je trouve passablement dégueulasse, pour ma part) et avant de toucher de la nourriture. Evidemment, je me lave les dents aussi.

Mais, le reste du corps ne passe pas à la douche tous les jours.

Les raisons en sont multiples. Je pourrais me justifier avec mille arguments. Mais, je me contenterai de dire, tout simplement, que c’est mon dermatologue qui me l’a conseillé. Ni plus ni moins.

D’abord, parce que je suis légèrement allergique au savon. Légèrement, dans le sens où je ne fais pas des méga gros oedèmes et que je ne risque pas de mourir en touchant du savon. Mais, allergique quand même, ce qui implique qu’il faut que je rince très longtemps le savon, et que malgré cela, ma peau se couvre de petits boutons inesthétiques, surtout au niveau des bras. Les boutons, j’en ai fait mon deuil. Je n’aurai jamais les jolis bras bronzés et lisses de mes copines. Tant pis.  Mais, faut pas pousser le bouchon : je n’ai pas envie de les voir recouvrir tout mon corps. Mes bras, c’est déjà bien suffisant !

Ensuite, parce que l’eau est super agressante pour la peau. Or, la peau se régénère toute seule (la nature est bien faite) et se protège toute seule aussi, pour autant qu’on la laisse faire son travail. Mon dermato m’a donc conseillé une douche un jour sur deux, pour laisser à ma peau le temps de produire les substances dont elle a besoin, et avec un savon doux qui n’enlève pas tout le filtre que ma peau produit consciencieusement. L’idée, c’est que la peau s’activera de toute manière, mais qu’elle se fatiguera plus vite si elle doit tout recommencer du début chaque jour.

Evidemment, lorsque je transpire fort, je n’attends pas deux jours pour passer à la douche. Evidemment, parfois, je ne me sens pas très fraîche alors que j’ai pris une douche la veille, et je file sous la douche, sans utiliser de savon, juste pour me rincer. Mais, de la même manière, je peux aussi passer trois ou quatre jours sans me doucher, juste parce que je suis seule chez moi, et que personne n’aura à me sentir (et qu’au fond, sa propre odeur, on ne la sent pas beaucoup). Evidemment, en été, même sans me doucher nécessairement tous les jours, je me débarbouille au moins les zones sensibles (aisselles, pubis, pieds…).

Plusieurs de mes proches savent que je ne me douche pas tous les jours. Régulièrement, je demande si je sens. Et mes amis savent qu’ils peuvent me le dire, au cas où. Surtout mes soeurs, qui ne se gêneraient absoument pas pour me faire la moindre allusion ! Pourtant, jusqu’à présent, je n’ai jamais eu de remarques.

Après tout, l’excès nuit en tout : même quand il s’agit d’hygiène. Car, les études le montrent à profusion : il n’ y a jamais eu autant de maladies de le peau que depuis que les gens se lavent tous les jours. Loin de moi l’idée de prôner la non-hygiène et de faire croire que celle-ci n’a pas fait progresser furieusement la médecine et notre espérance de vie. Simplement, je crois qu’il faut remettre les choses à leur juste place et ne pas « en faire trop ».

Je terminerai ce billet en précisant que je me douche comme je me sens, en respectant mes envies et mes besoins. Je ne me permets donc pas de juger celles et ceux qui, au contraire de moi, se douchent tous les jours. C’est une question de sensibilité, de vécu…

 

flying drops

Brèves de bavarde

*** Mon nouveau travail est vraiment sympa. Les matières que je traite m’intéressent beaucoup. Par contre, niveau matos, on n’est pas servis. Du coup, je m’amuse à faire des recherches juridiques via Google… Les juristes comprendront mon désarroi ! 😀

 

*** Bébé bouge. Tout le temps. Sauf que les autres ne le sentent presque pas. Et quelque part, je m’en fiche. Je partage cette intimité avec mon enfant. Je ne suis pas certaine d’avoir envie de la partager avec d’autres, aussi proches soient-ils. Sauf mon chéri. Quand il interagit avec le petit pois, les larmes me montent immédiatement aux yeux…

 

*** Depuis quelques semaines, je fais des insomnies. Je ne sais pas si c’est dû au bébé ou pas. Je sais que je le sens bouger la nuit, mais je n’ai pas l’impression que ça me réveille. Par contre, je fais beaucoup de cauchemars, ou, à tout le moins, beaucoup de rêves peu agréables. Je me retourne sans cesse. Aucune position n’est assez confortable. Et j’entends le moindre ronflement de mon mari chéri, qui dort paisiblement, à mes côtés.

 

*** Les nuits de mon chéri se jalonnent aussi, de plus en plus, de réveils intempestifs. Le stress de la parentalité nous gagne-t-il ?

 

*** Mes journées sont donc pleines de fatigue. Combiner un nouveau job (avec un nouvel horaire) et ces insomnies, ben, c’est pas tout-à-fait un cocktail gagnant. J’espère trouver rapidement une solution, parce que je ne tiendrai pas les trois prochains mois à ce rythme…

 

*** Je couve une sinusite. (Sans doute à cause de ma fatigue). Je sens mes gencives douloureuses, jusque dans mes oreilles et le long de mon nez. Des symptômes classiques, quoi. Enjoy !

 

*** C’est moi où y a de plus en plus de gens qui fument ? Non, mais franchement, certains jour, c’est presque une personne sur deux que je croise avec une clope au bec ! Mon petit doigt me dit que les campagnes anti-tabac ne sont pas une franche réussite…

 

*** Je travaille à mon projet de naissance. J’en parlerai avec ma gynéco demain. Je redoute un peu sa réaction. En même temps, j’ai choisi son hôpital pour leur projet de naissance sans violence, donc, j’imagine ne pas être la première à débarquer avec un projet de naissance…

 

*** En faisant des recherches sur les projets de naissance, j’ai appris quelques petits trucs sympas (sic). Le rasage intégral du pubis, la pose d’une sonde urinaire, le lavage de l’utérus et autres joyeusetés que je n’avais pas tout-à-fait anticipé… Cela me conforte encore plus dans l’idée de poser mon projet de naissance, parce que certains actes, sauf nécessité médicale, ne sont, tout simplement, pas de l’ordre du négociable !

 

*** J’aime pas la neige ! Enfin, si, de chez moi, ce dimanche, bien emmitouflée dans ma couette, c’était joli. Mais, aujourd’hui, mal emmitouflée dans des chaussures qui prennent l’eau (mais qui sont les seules à ne pas glisser sur la glace), ben, j’aime moins. Bizarrement.

 

*** Dans trois mois, jour pour jour, on nous annonce l’arrivée d’un petit pois qui changera irrémédiablement nos vies…

 

*** Je me suis achetée du tissu pour me faire un pantalon. Comme ma belle-maman est adorable, elle s’est proposée (a insité) pour les faire elle-même. Ce n’est donc pas demain que je vais apprendre à coudre. Mais, d’ici peu, je devrais avoir le plaisir de porter à nouveau un pantalon !

 

Et toi ? Des choses à raconter ?

Trop de plein ou trop de vide ?

Je sais, ce titre n’est pas français. Pourtant, c’est la question que je me pose : Suis-je remplie de trop de plein ou de trop de vide ?

Une discussion avec une amie proche, qui rencontre les mêmes soucis que moi niveau poids, m’a amenée à prendre conscience que le vide que je ressentais était au moins aussi proportionnel que le plein.

Depuis des années, elle ne comprend pas quand je lui dis que je mange pour combler un vide. Et moi, je ne comprends pas ce qui se passe en elle non plus, du coup.

Puis, hier, j’ai compris. Enfin, je crois.

Elle me disait qu’elle se sentait trop pleine d’émotions et autres. Et je le ressens aussi.

Mais, pour ma part, ce qui l’emporte, c’est l’impression d’être trop pleine de vide : l’absence de gestion de toutes ces émotions autrement qu’en mangeant. L’impression que tout le monde sait comment faire face, a reçu les outils pour faire face et moi pas. Je ne sais absolument pas comment gérer mes émotions, si ce n’est en mangeant. Encore et encore. Je me sens vide de l’amour maternel dont j’aurais tellement eu besoin. Je me sens vide de ressources pour m’être suffisante.

Ces derniers mois (années), grâce à Zermati, j’arrive enfin à trouver des pistes. Et je l’avoue : je me sens moins vide qu’avant. Et, par voie de conséquences, je remplis moins ce vide par de la nourriture. N’empêche, ce vide est encore là, à me remplir de rien. Et à m’inciter à manger trop quand les choses ne tournent pas comme je l’aimerais.

Ce qui fait la différence entre mon amie et moi, c’est qu’elle ressent ce vide à l’extérieur d’elle-même quand moi, je le ressens dans mes entrailles. Mais, au fond, la problématique est la même : comment combler un manque ? Comment apprendre, seule, à gérer les douleurs, les frustrations, les émotions sans s’aider de cette nourriture si réconfortante ?

Malgré ces questions qui restent encore sans réponse, je me sens évoluer, grâce à ces petites discussions et réflexions. Je sens que je grandis. Chqaue étape me rapproche de ce que j’aimerais être : une adulte épnaouie et heureuse. Car, enfin, je ne rêve plus de redevenir une enfant. J’ai fait le deuil de cette étape de ma vie. Je fais le rêve de devenir une adulte, avec une âme d’enfant pour continuer à m’amuser et à m’émerveiller d’un rien, une adulte prête à offrir à mon bébé une enfance normale, pleine de bonheurs, de frustrations, d’émotions, de souvenirs joyeux et moins joyeux. Bref, une enfance qui lui donnera les outils pour affronter une vie de grands sans trop de heurts…

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Journal de grossesse – écho de fin de deuxième trimestre

Cher petit pois,

Ce mercredi, papa et moi avons eu le plaisir de te contempler une nouvelle fois sur l’écran (de mauvaise qualité) de l’échographe.

Tu nous as fait quelques petits signes de la main. C’était tout choupinou !

Le médecin nous a dit que tu grandissais parfaitement bien. Que tout était en ordre.

Tu te tiens actuellement en siège, mais, cela ne signifie pas grand-chose, nous a-t-il affirmé. D’ailleurs, il ne comptait même pas le noter sur le rapport, car avant 7 mois et demi, cela n’a aucun intérêt, a-t-il ajouté.

En sortant de là, j’ai quand même jeté un coup d’oeil sur le compte-rendu qu’il a rédigé à l’attention de notre gynécologue.

Et là, c’est le drame. En gras, en bleu, dans la case « remarque particulière », il est inscrit : foetus eutrophique.

Qu’est-ce que c’est que ça ? Il nous a caché un truc ?

Il est resté fort longtemps à observer ton petit coeur. J’imagine déjà le problème : tu as une malformation du coeur, il  n’a rien voulu nous dire, mais il faudra t’opérer… Ou pire : c’est inopérable !

Arrivée à la maison, je me suis jetée sur mon PC portable. Les Dieux étaient avec nous parce que, pour une fois, il avait plein de batterie. J’ai ouvert une page internet, j’ai tapé « foetus eut » dans la barre de recherche Google, qui m’a aussitôt proposé le bon mot : « eutrophique ». Fébrilement, j’ai cliqué.

Et j’ai lu qu’un foetus eutrophique est un foetus qui se développe de manière normale, harmonieuse.

Ouf !

Tu es donc un bébé en pleine croissance, qui fait tout comme il faut ! Que demander de plus ?

J’ai renoncé à te demander de taper moins fort sur mon ventre la nuit. J’ai bien compris que tu étais, du haut de ton kilo, un petit être très contestataire : tu aimes faire l’inverse de ce qu’on te demande. Par exemple, quand Tatie veut te sentir, tu arrêtes de bouger. Idem, parfois, le soir, quand c’est papa qui veut te toucher.

Mais dès qu’il s’agit de se calmer, pour que je puisse dormir, tu t’en donnes à coeur joie ! Petit chenapan !

Au fond, tu sais, sans doute, que je ne suis pas vraiment fâchée, et que ça me rassure de te sentir…

Allez, petit pois, continue sur ta lancée.

Papa et moi sommes fiers de toi.

Plein de bisous

Une matinée en métro

Tu es enceinte. Tu dois te rendre sur ton lieu de travail. Tu prends le métro.

Ton petit (sic) ventre pointe le bout de son nez et se remarque, même à travers ton épais manteau d’hiver que tu arrives tout juste à fermer parce que tu as perdu quelques kilos en début de grossesse.

La station est pleine de gens. Normal. Il est 8 heures du matin. Les travailleurs, comme toi, vont travailler, le visage encore fatigué des efforts de la veille ou déjà fatigué à l’idée de la journée qui les attend.

Le métro arrive. Tu entres dans le volumineux serpent. Tu as de la « chance » : sur ta ligne, c’est le nouveau métro qui passe. Le bénéfice d’habiter dans un quartier de bourges.

Dans le nouveau métro, il y a plein de places. Debout. le nombre de places assises a été drastiquement réduit. Les sièges sont collés le long des fenêtres laissant un espace appréciable au milieu de la rame. Pour se tenir, point de barres, ou si peu. Non, non. Des poignées en cuir accrochés à des barres horizontales tellement hautes que tu ne les atteints pas (les barres, s’entend). Les poignées sont très jolies. Très design. Mais, elles bougent. Quand tu t’y accroches, ton corps balance. Et tes muscles doivent contrebalancer, bien plus fort qu’avec une barre ferme, les mouvements de balanciers qu’implique le métro. Tu ne l’as remarqué que récemment. Depuis que tes musles abdominaux sotn aussi ceux que tu sens lors de contractions.

A chaque mouvement du métro, ton corps se tend pour te retenir et tu sens les contractions monter dans ton ventre. A cela s’ajoute les douleurs lombaires, parce que le dos, qui doit gérer une masse de poids non négligeable et nouvelle, n’apprécie que très moyennement les contractions musculaires intenses.

Et puis, il faut bien admettre que ces poignées, tu ne les utilises que lorsque les barres verticales sont inaccessibles. C’est-à-dire lorsque le métro est bondé de gens. Tu te contorsionnes donc, accrochée à cette poignée, et te prends, dans le même temps, les coups des autres utilisateurs logés à la même enseigne que toi. Tu kiffes.

Une annonce t’explique pourquoi le métro est aussi rempli, ce matin : un problème technique. (En même temps, c’est presque tous les jours qu’il y a un problème technique). Tu supposes que le contenu de deux métros a été déversé dans un seul ! Youpie.

Tu râles.

Tu poses la main sur ton ventre, parce que la dame devant toi, elle te file régulièrement des petits coups de coude dans le ventre (elle a accès à la barre verticale, elle, et son coude arrive tout pile au milieu de ton ventre).

Après un enième coup qu’elle aurait pu éviter, et qui te fait monter les larmes aux yeux, tu lâches un « pu…rée » (le « tain » est rattrapé in extremis).

Elle se retourne vers toi l’air très hautain. Tu la fixes droit dans les yeux, la main sur le ventre, les larmes qui montent et qui deviennent visibles. Son regard passe alternativement de ton ventre à tes yeux. Et son air hautain fait place à une mine contrite. Elle vient de comprendre que depuis 6 stations, elle tape sur le ventre d’une femme enceinte. Ses regrets s’arrêtent là. Elle ne va pas s’excuser non plus. Faut pas abuser.

Durant toute la scène, quatre hommes, assis devant vous, vous observent. Ils ont bien compris, eux, que tu étais enceinte et que cette vilaine n’avait pas fait attention. Il ne leur viendrait pas à l’esprit qu’eux aussi, auraient pu faire attention. Te céder leur place assise, par exemple. Au lieu de quoi, il regarde la dame avec un air de mépris bien affiché montrant clairement qu’ils n’aiment pas son comportement.

Ta station arrive enfin. Tu as mal. Au ventre, au dos. Les gens se pressent pour sortir. Tu suis la cadence, et te replies vite fait dans un coin.

Tu te jures qu’un jour, tu oseras demander une place. En attendant, tu pries en silence que les contractions s’arrêtent et ne soient pas un signe de début de travail, pendant que la masse de gens file à toute allure vers sa destination…