Ma peur des piqûres

Lundi dernier, je publiais ce billet.

J’y relatais, entre autres, mes peurs.

En l’écrivant, j’ai pris conscience de toutes ces peurs qui m’envahissaient mais qui n’avaient, heureusement, plus de fondement. Et tout d’un coup, j’ai compris.

J’ai compris que toutes ces peurs, qui étaient si justifiées, n’avaient plus de raison d’être. Leur source avait disparu de ma vie. Et qu’elles s’étaient toutes focalisées sur un objet insignifiant qui faisait figure de symbole : l’aiguille.

Rationnellement, je sais depuis longtemps qu’une aiguille, ce n’est rien. Que cette peur est irraisonnée autant qu’irrationnelle. Et surtout, disproportionnée. Certes, une piqûre, ce n’est jamais agréable. Mais, de là à avoir l’impression d’être tuée, il y a de la marge.

Alors, j’ai parlé à celle qui, au creux de moi, a encore peur de cet homme qui lui/m’a fait tant de mal.

Et je lui ai dit qu’elle ne risquait plus rien.

J’ai visualisé une aiguille et j’ai visualisé son visage. Son visage à lui. Je me suis rendue compte que ces deux image éveillaient la même terreur. Et j’ai fait l’exercice de dissocier ces deux images durant près d’une heure.

Jeudi matin, je faisais ma première prise de sang depuis cette prise de conscience.

Est-ce que ça allait marcher ? Est-ce que j’allais avoir moins peur ? Est-ce que la piqûre allait mieux se passer ?

Jeudi matin, je me suis allongée, j’ai donné ma main, et j’ai fait, consciencieusement mes exercices de yoga pour tenter tant bien que mal de tenir la peur la plus éloignée possible.

Comme toujours, quand l’aiguille a traversé ma peau, ces exercices ont été impuissants à l’empêcher de m’envahir. Mais, une colère sourde est montée en moi, en même temps. Et j’ai revu son visage. Et, dans ma tête, je lui ai parlé.

« Cette fois-ci, tu ne gagneras pas. Je suis plus forte que tout ce que tu as pu m’infliger. Tu ne gagneras pas. Je ferai ma prise de sang et je n’aurai pas peur. Je n’aurai plus peur. Plus jamais peur de toi.  »

Des vestiges de peur ont certes secoué mon corps de tremblement (mon ventre et mes cuisses), mais je n’ai pas pleuré. Je n’ai pas été secouée de sanglots de terreur.

Jeudi, c’est moi qui ai gagné. Jeudi, j’ai eu peur de la bonne personne et pas du mauvais objet. Jeudi, on a su prendre du sang dans le creux de mon bras, ce qu’on était plus arrivé à faire depuis mes 18 ans (j’en ai 28, quand même).

Ma phobie n’est pas encore guérie. Elle avait pris trop de place pour partir en un coup. Mais, je sens que je suis sur la voie de la guérison.

Pour la première fois depuis bien longtemps, je peux me permettre de rêver donner un jour mon sang.

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4 réflexions sur “Ma peur des piqûres

  1. Waah 36 000 bravo pour ce que tu as réussi à faire !! Et c’est formidable que tu es réussie en prenant du recul en écrivant. Je suis super contente pour toi, ça me réjouie un peu mon lundi matin d’avoir une aussi bonne nouvelle!!

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