La ronde se sent un peu trop ronde

Certains jours, je me regarde dans le miroir et je ne vois que mon ventre dépassant allègrement de mon jean’s. Que ma graisse qui pendouille lamentablement de partout. Que mes seins qui ne ressemblent pas à grand chose. Que mon double menton qui casse ma silhouette.

Bien sûr, il y a aussi les jours où je ne vois que mes hanches qui saillent avec féminité. Que mes formes qui me rendent plus féminine. Que ma poitrine assez généreuse pour attirer les garçons. Que mon visage dont le regard et le sourire attirent la sympathie.

Mais, ces jours-là sont rares.

Tous les autres, je ne suis que la grosse qui est trop grosse.

Je ne suis que celle qui n’a tellement pas eu de volonté qu’elle pèse désormais entre 118 et 122 kilos (d’un jour à l’autre mon poids peut varier énormément, sans grand lien avec mon tour de taille, d’ailleurs)(un peu de rétention d’eau, mes règles, une constipation passagère et ma balance peut grimper de 4 kilos en 24 heures).

Des régimes, j’en ai fait plein, pourtant. Je crois que j’ai d’ailleurs bien perdu plus de 120 kilos, en tout, si on additionne les kilos perdus au fil de tous mes régimes (commencés à l’âge de quelques mois à peine). Mais, invariablement, je les ai tous repris, avec quelques-uns en plus, au cas où.

Aujourd’hui, je ne crois plus que la solution se trouve dans les régimes.

Pas pour moi, en tout cas.

Je crois sincèrement que mon poids n’est que le symptôme de quelque chose de plus profond, comme je le disais en début de semaine. Et tant que je n’aurai pas soigné le mal, les symptômes réapparaîtront, tôt ou tard. Et souvent bien trop tôt, d’ailleurs.

Pourtant, il y a des jours où un régime c’est vachement tentant quand même. Parce que peser 20 kilos de moins, cela ferait une énorme différence. Parce que le corps qui est le mien aujourd’hui ne correspond pas à l’image que j’ai de moi. Parce que j’aimerais vivre longtemps en bonne santé.

Mais, faire régime implique tellement de souffrance : d’abord, la souffrance pendant le régime : la souffrance de m’interdire de manger, de sentir la faim, de manger des aliments que je n’aime pas, de manquer (comme j’ai pu manquer dans mon enfance), de peut-être échouer, de craquer quand même.

Puis, la souffrance d’après-régime : la souffrance de maintenir ce poids tant désiré, de continuer à me restreindre, de m’interdire de manger.

Puis la souffrance de l’échec : la souffrance de voir l’aiguille de la balance remonter inexorablement vers le poids détesté, de me maudire de ne pas y être arrivée (c’était pourtant si simple…), de voir dans le regard des autres la compassion/la pitié de ton échec.

Tant de souffrances, pour quoi, au final ?

Je ne suis pas capable de souffrir jusqu’à la fin de mes jours à faire régime. Il parait qu’on s’habitue et qu’après, on ne se rend même plus compte qu’on fait régime. Une fois, j’ai fait régime une année d’affilée (le fameux régime Weight Watchers). J’ai souffert tout au long  de ce régime, sans trêve.

Alors, je ne sais pas où se situe la solution…

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10 réflexions sur “La ronde se sent un peu trop ronde

  1. Bonjour,
    ton blog m’interpelle, car je me reconnais dans ce que tu écris!!
    je me pose aussi ces questions, et je pense être sur un chemin, un bon chemin…
    je t’explique, moi aussi j’ai fais des tas de régimes, sauf qu’ils n’ont jamais marché!! j’ai eu perdu au plus 10kg, que j’ai ensuite repris derrière…
    maintenant, je m’écoute…
    j’écoute mon corps, ma faim, ma satiété,…
    et je sais que comme ca j’y arriverai…
    bon courage….

  2. C’est dur de faire des régimes, qu’on est 30 kilos de plus, 10 ou 5 !
    Il faut prendre de bonnes habitudes alimentaires. Mais pour moi c’est du blabla…
    c’est vrai, on peut avoir de la volonté, être à mort motivé. Mais il y a toujours un jour (bon ok plusieurs jours) où tu vas craquer… et pas le bout de pain avec du beurre hein? Mais le paquet de m&m’s entier qui va te faire culpabiliser, te faire sentir comme une moins que rien. Pis t’abandonne le régime.
    Pour moins recommencer plus tard !

    J’ai manger des conneries ce midi (genre un brownie au chocolat), je culpabilise…
    Du coup là je me remet au régime, sans le dire à personne, j’ai pas voulu attendre demain, parce que je remet toujours à demain, et au final je le commence pas. J’ai fait mes courses ce soir après le boulot. j’ai acheté des trucs que j’aime et pas gras, ça existe si!!! je raffole des crevettes ! au rayon surgelé c’est pas si cher !

    Bref voilà mon commentaire qui sert à rien, avec un peu d’espoir. On a beau vouloir s’accepter tel que l’on est, ben c’est encore plus dur !

    • Tu résumes parfaitement la ronde de la culpabilité qui te fait manger et souffrir en même temps, la garce !

      Si ton commentaire sert. Il sert à montrer que l’on n’est pas seul face à ces problèmes de poids. Face à la nourriture. Face à ces diktats de la minceur qui, paradoxalement, nous font manger trop.

      Continue donc à venir partager ton expérience. C’est l’objectif de ce blog, après tout ! 😉

      Merci de ta visite.

  3. Pour me battre depuis de nombreuses années contre l’obésité (car il faut parfois appeler un chat un chat pour mieux le mouiller), je sais qu’une partie de la solution passe forcèment par un changement drastique d’habitude alimentaire, plus ue par n’importe quel régime, qui sera forcèment restrictif, privatif, frustratif et au final contre-productif.

    En revanche, ce changement d’habitude alimentaire doit s’accompagner d’un changement psychologique sans lequel rien ne sera jamais possible…

    • Oui, je suis assez d’accord avec toi.
      Ces changements doivent s’accompagner de changements psychologiques. Mais, parfois, j’ai l’impression, peut-être à tort, qu’ils seront surtout la conséquences de changements psychologiques… Non ?
      J’en sais rien, remarque. Je me débats encore dans tout ce mic-mac d’idées parfois contradictoires…

      Merci de ta visite qui m’a permis de découvrir un très chouette blog ! 😀

  4. « ce corps qui n’est pas le mien », je ne suis pas ronde mais je connais ce sentiment. par procuration avec ma mère qui est devenue grosse alors qu’elle était maigre quand elle était jeune.

  5. Je n’ai malheureusement pas de solution miracle à t’apporter. Mais je sais que souvent, le poids est aussi une question psychologique. Quand j’ai rencontré mon Chéri, et que j’ai quitté mon ex avec qui ça n’allait vraiment plus, j’ai perdu 13kg en 2 mois, sans rien faire, limite en allant au McDo 2 fois par semaine. Juste parce que je me suis sentie libérée.
    Tu disais plus bas que tu voulais un enfant, et tu as l’air heureuse en amour. Peut-être que quand tu attendras un heureux évènement, tu auras ce déclic qui te permettras de perdre le poids que tu veux.
    Quoi qu’il en soit, je te souhaite bon courage. J’ai passé beaucoup de temps à détester mon corps et je ne souhaite ça à personne.

    • Oui, j’ai l’impression aussi des fois qu’avec un bébé dans mon ventre, les choses ne seraient pas pareilles et que je pourrais pendre de nouvelles (bonnes) habitudes !

      Je comprends ce que tu as du ressentir quand tu parles de te sentir libérée ! 🙂

      Merci de ta visite…

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