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Mon Papa à moi est un gangster !

J’adorais cette chanson quand j’étais petite !

« Mon papa à moi est un gangster. Mon papa à moi est un gangster. Il fait partie du Ministère Amer. ».

Mon papa à moi, il a fait de la prison. Pour rien de grave. Des états d’ivresse sur la voie publique. Mais, j’aimais croire que c’était un gangster. Un gangster moderne du style « Robin des bois ». Un de ces gangster qui volent aux pauvres pour donner aux riches.

Mon papa à moi, il croyait en moi. Il me disait belle et intelligente. Dans ses yeux, je me voyais policière, prof, médecin, la reine du monde.

Il disait à qui voulait l’entendre (et même à ceux qui n’en avaient rien à fiche) à quel point j’étais la meilleure.

Dans notre famille, au pays, il m’a décrite comme la première de classe. Certes, en primaire, j’étais première. Mais, très vite, j’ai cédé cette place à d’autres. Sauf aux yeux de mon père.

Lorsque je suis entrée à l’Université et que j’ai réussi ma première année (avec une moyenne juste bonne pour passer), il a raconté à tout le monde que j’avais fini avec les meilleures mentions. Un petit mensonge, pour ces gens qui vivent loin de nous (et qui, pour la plupart, ne me connaissent pas). Mais, la preuve de la fierté de mon père à mon égard.

Mon papa à moi, c’est celui qui s’est battu toute sa vie pour me sortir de la misère dans laquelle je vivais avec ma mère. C’est celui qui s’est battu malgré le système si peu favorable aux pères et qui l’a relégué au rang d’emmerdeur, lui qui avait pourtant raison. Lorsque le système lui a interdit de me voir, il n’a pas baissé les bras. Il s’est battu malgré tout. Pour moi. Par amour.

Lorsque j’ai repris contact avec lui, je ne savais pas tout ça. Ma mère l’avait décrit comme le méchant, le vilain. Alors, je ne l’aimais pas. Une partie de moi avait oublié ces jeux que nous partagions dans mon enfance. Une partie de moi croyait que c’était lui dont je devais me méfier.

Alors, les deux années durant lesquelles j’ai vécu chez lui ont été sous le signe du conflit. J’étais une adolescente en crise. Une adolescente de 20 ans, certes. Mais, une adolescence un peu tardive.

Mon père m’a laissée être cette adolescente avec lui. Il m’a aimé malgré les crises. Il m’a aimé malgré les critiques, si injustes que je lui assénais. Il voulait, je crois, me laisser le temps de comprendre par moi-même le rôle qui avait été le sien. Il se refusait à entrer dans le jeu de ma mère et à la critiquer. Alors, il a accepté sans broncher tout ce que je lui ai dit. Il attendait, sans doute, que je sois assez grande et assez forte pour entendre que ma mère n’était pas celle que je croyais.

Malheureusement, la vie ne lui a pas laissé le temps de me voir grandir. Il n’a pas pu être présent lorsque la vérité sur ma mère m’est apparue. Il n’a pas pu me prendre dans ses bras pour me dire à quel point il était désolé pour moi. Et à quel point il m’aimait.

Une erreur médicale l’a emporté, trop tôt, il y a déjà 6 ans.

A sa mort, j’ai rencontré sa famille. Ma famille. Et j’ai découvert un homme que je ne connaissais pas. J’ai vu tout l’amour qu’il avait pour moi.

J’ai longtemps regretté de n’avoir pas compris plus tôt.

Aujourd’hui, je suis maman. Je sais que j’aimerais faire le même choix que lui, si c’était nécessaire. Et que je n’en voudrai pas à Petite poite. Il m’a laissée être moi. Il m’a laissée être une adolescente lorsque c’était ce dont j’avais besoin. Il m’a laissée être une enfant. Son enfant.

Combien de parents sont près à renoncer à la reconnaissance de leur enfant pour le laisser grandir à son rythme ?

J’ai eu le meilleur papa du monde et je ne m’en suis pas rendue compte.

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Alors, avec quelques années de retard, et à travers l’autre monde, Papa, je tiens à te dire que je t’aime…

La ronde a adopté un chien

Je te le disais, lundi, en coup de vent : j’ai adopté un chien. Un chiot, plus exactement. Une jeune demoiselle toute noire, toute mignonne, avec des yeux à tomber d’amour.

Après deux semaines de cohabitation, je te le dis comme je le pense : un chiot, c’est un bon test avant d’avoir un bébé, pour un couple.

Tu crois qu’il y a plein de choses qui sont acquises. Tu crois être sur la même longueur d’onde et au moindre incident : patatras ! Ton chéri et toi agissez exactement à l’opposé l’un de l’autre. Parfois même en sachant que l’autre a raison mais en étant incapable d’agir autrement, parce qu’on est à bout, fatigué, énervé, de mauvaise foi.

C’est l’occasion de tester la cohérence du couple et des décisions de couple. C’est l’occasion de tester ce que l’on peut attendre de l’autre, mais aussi ses limites. Sans oublier que cela te permet de tester tes propres limites.

Un chiot, c’est une montagne d’amour inconditionnel avec la montagne d’emmerdements qui vont avec.

Maintenant qu’elle est là, pour rien au monde je voudrais m’en séparer. Pourtant, certains jours, je suis (déjà) à bout et je me demande si j’arriverai à lui donner tout l’amour et l’éducation dont elle a besoin. Et cela me renvoie, inévitablement, à mon désir d’enfant.

Bien sûr, l’Ogre (mon mari-chéri) me rappelle qu’un bébé n’est pas un chiot et inversement. Je sais cela. Loin de moi l’idée, d’ailleurs, de traiter le chien comme un humain.

Mais, si j’arrive à être à bout après deux semaines de chiot, qu’en sera-t-il après 9 mois de grossesse ? Si j’arrive à me faire déborder par mon chiot, qu’en sera-t-il de mon enfant ? Si je n’arrive pas à apprendre les bases de l’éducation à un chiot, qu’en sera-t-il de l’éducation de mon enfant ?

 

Je veux dire, un bébé n’est pas un chiot. C’est encore plus de responsabilités et de difficultés. Serais-je capable de gérer ça ?