La Ronde ne râle pas, elle constate # 3

Depuis toujours, je prends les transports en communs.

Depuis toujours, je râlouille contre celles et ceux qui prennent leur temps alors que tout va vite. Celles et ceux qui ralentissent un flux pourtant régulier. Celles et ceux qui s’arrêtent en plein milieu d’une masse de gens qui avancent, sans raison apparente (ou du moins sans raison prévisible).

N’empêche, jamais je n’ai fait de remarque. Jamais, je n’ai bousculé une telle personne ou alors, sans le faire exprès et en prenant le temps de m’en excuser.

Jamais, donc, je n’ai fait de remarques désobligeantes. Du reste, jamais, je n’ai entendu quelqu’un faire des remarques désobligeantes à ce genre de personnes.

Pourtant, en deux semaines, je m’en suis prise deux dans la tronche, coup sur coup, à la même station pour un motif plus ou moins identique.

 

Le topo est assez simple. A Bruxelles, il y a une station qui fait le lien entre deux lignes importantes de métro (quatre, m’enfin, simplifions). C’est la station Arts-Lois. Un flux important de passagers descendent du métro à cette station pour entrer dans le métro de l’autre ligne et ce, dans les deux sens.

Évidemment, le flux de gens qui sortent est vraiment important. Évidemment, ce flux est chiant, parce que les gens avancent chacun, emprisonnés par la masse qui l’entoure, dans une seule et même direction. Et comme la masse n’a pas de « pouvoir organisateur », ben, elle avance comme elle peut en prenant toute la place disponible. Du coup, il est très difficile de parcourir ce flux en sens inverse pour entrer dans le métro quasi vidé (mais aussi vite rempli).

Pour ma part, j’essaie de protéger mon ventre. Je sais, c’est bête, le bébé ne risque rien, m’enfin, voilà, c’est comme ça. Alors, je me faufile soit sur la droite ligne de l’escalator (tu sais, en sortant par la porte du métro qui donne directement sur lui), soit je laisse passer les gens et je suis la masse (après tout, si je suis pressée, je n’ai qu’à prendre le métro d’avant, ce que je fais).

Et puis, faut avouer que quand je marche trop vite mon dos se rappelle à mon bon souvenir, suivi très vite de mon ventre (avec des crampes et des tiraillements). Et si je ne ralentis pas le rythme, je me retrouve rapidement avec des pertes de sang, certes minimes, mais non moins inquiétantes puisque répétées.

Alors, bon, ce n’est pas deux minutes en plus ou en moins qui changeront quoi que soit à ma vie, par contre, à celle de mon bébé, c’est moins certain.

A cela s’ajoute le fait que j’ai une mauvaise vue. Je vois assez flou. Il me faut un temps avant que l’image se fixe, un peu comme un appareil photo qui fait le point, tu vois ? Alors, quand les choses bougent, ben, j’ai un peu de mal à percevoir rapidement les choses. Je ne vois que des ombres et elles se multiplient vite dans le métro.

Tu comprends donc que je fais désormais partie de celles et ceux qui ne vont pas très vite. Mais, je suis aussi de ceux qui prennent alors soin d’être derrière le flux, histoire de ne pas être dans les pieds des gens pressés qui suivent la masse.

 

Sauf que ce n’est pas au goût de tous. J’imagine que mon allure est différente et que certains s’imaginent je-ne-sais-quoi qui les autorise à faire des remarques vraiment désobligeantes articulés autour d’un « mais bouge, hein » et d’un « connasse »… Toujours est-il que j’apprécie moyennement, vois-tu… D’autant que, la plupart du temps, vois-tu, ces remarques sont injustifiées puisque le gars a déjà raté son métro ou presque, qu’il y a des portes plus proches de lui que celles qu’il envisage (et qui se trouve derrière moi) et que je fais justement attention de ne pas être dans le chemin !

 

Et toi ? Tu as déjà essuyé de telles remarques ?

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6 commentaires sur “La Ronde ne râle pas, elle constate # 3

  1. Je n’ai pas eu de commentaires dans le metro car j’habite en province (je deteste le metro d’ailleurs) mais j’ai eu ce genre de reflexions en voiture car je suis contre la vitesse et j’ai tendance à rouler « normalement » et à respecter les limitations de vitesse, donc fenetre ouvertes j’ai entendu des tas de nom d’oiseaux à mon sujet ….

  2. Non, et c’est bien pour ça que je suis heureuse de ne pas habiter dans une grande ville, les rares fois où je vais à Paris ça me rend folle ce troupeau de moutons pressés et stressés qui se poussent et se passent les uns devant les autres, je ne me vois pas du tout vivre cela au quotidien!

  3. non, mais j’ai régulièrement des « bouge ton cul » qui me démangent quand je croise ce genre de personnes (surtout quand il y a un changement de voie pour mon train et que là je suis un peu obligée de me dépêcher).

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