Journal de grossesse #6 – choisir la marraine de son enfant

Cher petit pois,

Depuis bien avant ta naissance, et même bien avant ta conception, ton père et moi (qui n’étions donc alors que de simples amoureux) nous posons la question de celles et ceux que nous te choisirons comme marraine et parrain. C’est que le choix est difficile.

Pour te donner une idée, on arrivait tellement pas à choisir nos témoins, pour notre mariage, que nous en avons pris cinq. Chacun. Oui, oui, tu comptes bien, cela fait dix témoins en tout. (Dis donc, mais c’est que tu comptes bien, déjà pour ton âge, en fait !).

Première question : qui choisit ?

Bon, tu penses bien qu’il me paraissait évident que c’était à moi de choisir. Mais, bizarrement, cela ne paraissait pas aussi évident à ton père. Il pensait que ce choix se ferait à deux. Penses-tu ! Bon, comme je l’aime très fort et que, par principe, je suis féministe (dans le sens égalité homme-femme et non supériorité de la femme sur l’homme)(je te préviens que c’est un sujet dont tu entendras encore beaucoup parler, petit pois, hein!), j’ai accepté sa requête. Nous avons donc choisi de décider à deux.

J’ai envisagé aussi l’option je choisis la marraine, et ton père, le parrain, mais alors, cela impliquait que je n’aurais aucun impact sur le choix du parrain et cela, je n’aimais pas trop. Tu commences à me connaître, petit pois, j’aime bien garder le contrôle.

Deuxième question : ami ou famille ?

Pour moi, la réponse était simple : ami. Pour ton père la réponse était simple : famille.

Merde.

Enfin, je veux dire, saperlipopette (Hellocoton a le hoquet) !!

J’ai expliqué mes raisons à ton père : je ne voyais pas qui choisir sans vexer l’un ou l’autre. Je veux dire, de mon côté de la famille, tu vas avoir 4 tatas et 6 tontons. Une centaine de cousins. Une dizaine de grand-oncle et grande-tante. Sans oublier que du côté arabe de ma famille, le principe de parrain/marraine, ça n’existe pas mais que le principe « les cousins de tes cousins sont tes cousins », lui, est bien d’actualité.  Alors, franchement, aucun choix ne me paraissait possible.

De son côté, ton père m’a expliqué qu’il avait pensé, un peu naïvement, peut-être, que sa moitié (moi, donc, si tu suis un peu, petit pois) aurait aussi un frère, (pour faire deux enfants une fille/un garçon). Et que ce serait sa soeur la marraine et mon frère le parrain. Ahah ! Il n’avait pas envisagé la possibilité que sa douce et tendre ait dix frères et soeurs (en même temps, on lui pardonnera, parce que bon, c’est quand même peu courant, je le lui accorde).

On a donc décidé à deux (croit-il) que de mon côté, ce serait ami et non famille.

De son côté, par contre, on a vaguement envisagé que ce soit aussi ami qui l’emporte, mais rien n’est moins sûr.  Pour le moment, la question du parrain est donc en suspend. Parce que si on dit « ami » de mon côté, tu comprends bien que j’ai plus d’amies filles que garçons. Dès lors, on s’est arrêté, dans un premier temps, sur le choix de la marraine.

Troisième question : les valeurs ?

Pour moi, il était évident que le parrain et la marraine devraient incarner certaines valeurs qui, je l’espère, te seront transmises.

Pour ton père, il était évident que le parrain et la marraine devraient incarner certaines valeurs qui, il l’espère, te seront transmises.

Ouf ! On a donc un point commun. (Comme quoi, ça valait vraiment la peine de te concevoir, quand même ! :D)

Mais, quelles valeurs ?

Nous nous sommes longtemps posé la question : voulait-on qu’ils aient exactement les mêmes valeurs que nous ? (Auquel cas, ils n’apporteraient pas grand chose, peut-être). Ou qu’ils partagent certaines de nos valeurs ? Ou qu’ils les partagent d’une manière particulière ?

Je ne suis pas certaine qu’on ait répondu à ces questions de manière théorique. Mais, on a réfléchi à un certain nombre de personne et on s’est posé la question.

Parmi mes amies, trois ont été retenues. Comme une évidence.

Elles partagent un point commun, sans doute : celui de la valeur commune du respect. Le reste, finalement, n’est qu’accessoire. Pour autant que cette valeur ne soit pas qu’un vain mot et qu’elle soit effectivement mise en pratique.

Avec aucune de ces trois amies, je ne partage l’avis à 100 %. Heureusement, parce que nos soirées filles seraient d’un ennui mortel. (Et tu penses bien qu’il n’y a rien de plus sacré que nos soirées filles).

Mais, nous acceptons la différence de l’autre sans en faire un obstacle. Nous acceptons les cultures qui nous sont étrangères. Nous sommes ouvertes à la compréhension de l’autre et de son univers.

Ton père et moi avons mis ces trois personnes sur la liste. Chacun de notre côté, sans nous consulter. Sans savoir vraiment précisément pourquoi. Mais, avec cette certitude que c’étaient les bonnes personnes.

Quatrième question : combien?

Ben, oui, petit pois. Après avoir choisi dix témoins, on s’est demandé combien on choisirait de parrain et marraine.

Mais, on a décidé de rester traditionnels. D’abord, parce qu’on envisage quand même sérieusement que tu aies un petit frère ou une petite soeur (ou peut-être deux). Et que ce serait bête d’être en panne de marraine.

Et puis, parce que, au-delà du symbole, ces trois personnes te seront proches, qu’elles soient tes marraines ou pas, puisque ton père et moi les aimons beaucoup et que nous avons envie de passer du temps auprès d’elles.

Cinquième question : comment choisir ?

Parmi ces trois « lauréates », notre coeur a balancé très fort, petit pois. On a pensé à toi, et on s’est dit que, vraiment, chacune conviendrait parfaitement à ce rôle. Alors, j’ai opté pour un critère simple et efficace : l’une d’elle partage ma vie depuis 23 longues années. C’est la première avec qui j’ai partagé mes souffrance, quand j’étais haute comme trois pommes. Malgré la distance, (et l’absence de WEB 2.0), nous avons continué à nous écrire. Et c’était pas chose aisée, vu que je déménageais plus ou moins tous les 10 mois. Elle m’envoyait les paroles de mes chansons préférées et je lui renvoyais l’ascenseur. On s’écrivait des lettres pleines de couleurs, de mots qui font chaud au coeur et auxquels je me suis raccrochée aux moments les plus sombres de mon histoire.

Tu sais, je n’ai aucun doute sur le fait que si je connaissais les deux autres à cette époque, elles auraient fait pareil. Je dois même te dire que je le sais d’autant plus que, depuis que je les connais, elles ont toujours été là quand j’en avais besoin.

Simplement, la vie a fait que celle qui deviendra donc ta marraine partage ma vie depuis un brin plus d’années…

 

Voilà donc comment nous avons choisi ta marraine, petit pois.

J’espère que tu en seras satisfait (en même temps, tu remarqueras qu’on ne te demande pas ton avis…).

 

Bon, sinon, je t’aime beaucoup beaucoup, mais, petit pois, arrête de chambouler mon estomac, s’il te plait. Vraiment. Merci.

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6 réflexions sur “Journal de grossesse #6 – choisir la marraine de son enfant

  1. Mon parrain et ma marraine ont été des gens de la famille de mes parents, oncle et tante. Ils ont rarement été présents pour moi, voir inexistant d’où je ne pense pas en choisir pour mes enfants, surtout qu’ils ne seront pas baptisés ! Si jamais les oncles et tantes assurent comme ils assurent déjà dans sa famille à lui, ce sera suffisant.

    • C’est fou le nombre de gens qui n’ont pas eu de lien privilégié avec leur parrain/marraine !
      Je ne pensais pas du tout lancer le débat en écrivant ce post !
      Sinon, mes enfants non plus ne seront pas baptisés. Mais, c’est surtout pour la symbolique. 🙂

  2. Et mon avis de non-marraine (et tant mieux !), c’est que ça porte la poisse, ces histoires de parrains / marraines. Autour de moi, je ne connais personne qui soit à l’âge adulte encore en relation avec son parrain et sa marraine… Alors pourvu qu’aucune des personnes que j’apprécie n’ait l’idée saugrenue de me choisir !

    • Oh ben dis donc !
      Pour ma part, j’ai eu une relation hyper privilégiée avec ma marraine. Elle était la personne la plus importante au monde, pour moi.
      Je crois que, quelque part, j’espère que mes enfants auront cette relation privilégiée comme je l’ai eu. 🙂

  3. voici mon avis de marraine: j’aurais préféré rester tata. tata c’est chouette! en même temps, quelle idée elle a eue ma soeur de me choisir pour marraine moi qui n’aime pas les gosses (mais bon à 17 ans j’étais moins catégorique que maintenant, si elle avait su).
    le géant a failli être parrain une fois. une amie était enceinte et il a demandé « et qui sera le parrain? » ce à quoi le couple a répondu « comme on ne sait pas se décider on s’est dit que le premier qui posait la question serait le parrain ». heureusement ils ont changé d’avis 😉

    • AHAH ! Excellent la façon de choisir son parrain ! J’ai ri ! (Sans doute les hormones, hein… :p)
      Bon, je ne prendrai pas le truc, quand même… (t’imagine, c’est mon patron qui me pose la question ? :D)

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